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Deuil dans la presse béninoise: Jérôme Carlos s’en est allé

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Feu Jérôme Carlos Feu Jérôme Carlos

L’éminent journaliste et écrivain Jérôme Carlos est mort ce lundi 15 janvier. C’est l’émoi dans le rang des professionnels des médias qui peinent à accepter l’évidence tant l’homme a marqué son temps. 

Par   Kokouvi EKLOU, le 16 janv. 2024 à 05h17 Durée 3 min.
#Deuil dans la presse béninoise #Jérôme Carlos

Témoin privilégié de son temps et des grands faits de son pays, Jérôme Carlos, célèbre journaliste-chroniqueur dont la plume suscite l’admiration de ses contemporains, a tôt tracé sa voie vers l’excellence, marquant à jamais l’ancienne et la jeune génération de professionnels des médias. Ses lecteurs et auditeurs n’en étaient aucunement indifférents, vu la dimension et la densité de l’homme. La nouvelle de sa disparition, ce lundi 15 janvier, laisse le public coi même s’il le savait un peu moins fringant depuis la maladie qui l’a un peu éloigné des feux de la rampe. A 79 ans, celui qui passe pour un monument de la presse béninoise laisse à la corporation qui l’a de tout temps adulé et admiré le souvenir d’un grand professionnel, un homme de lettres dont les écrits auront longtemps édifié l’opinion publique. 

Le mentor

Conciliant et pas le moins polémiste, il s’est démarqué du landerneau médiatique par son intégrité et son professionnalisme, affichant sa volonté de voir la presse jouer convenablement son rôle.

Elégant et à l’allure de gentleman, Jérôme Carlos s’est distingué par ses chroniques publiées dans les journaux et diffusées sur les ondes de la radio Capp Fm dont il a été jusqu’à sa mort le directeur général. Des faits de société aux intrigues politiques en passant par les questions de développement, ses productions se sont imposées au public par leur sens analytique et l’audace dont il fait preuve en distribuant aussi bien les bons que les mauvais points aux acteurs clés des différents domaines de la vie de son pays. Le Bénin qu’il a été contraint de quitter sous la révolution dans sa posture de directeur général d’organe de presse de service public. Face à l’idéologie marxiste-léniniste, il a préféré voguer vers d’autres horizons pour faire valoir ses mérites. Aux abords de la lagune Ebrié en Côte d’Ivoire, le révolté prend ses marques et retrouve toute  sa verve et le chic de ses écrits. Des postes de responsabilité lui tendent les bras et relèvent toute l’étoffe qu’il a. C’est l’ère d’une renaissance à l’exil. Jamais un Béninois reconnu tel n’aura impacté la presse ivoirienne. Sa réputation est toute faite mais l’appel à un retour au bercail s’est fait plus fort. Il n’y résiste pas et retrouve, une fois rentré, le manteau de mentor pour les plus jeunes du métier. Le parfait coach sur lequel compteront les associations pour tracer les sillons d’une professionnalisation des acteurs des médias en butte à divers maux et déviances. Pendant longtemps il écumera, aux côtés d’anciens de sa génération non moins brillants, les rédactions des différents organes du pays et dispensera ses préceptes pour forger l’image de la presse béninoise. L’antidote a-t-il marché ? L’évidence reste son engagement pour la cause et sa farouche détermination à tirer cette presse vers le haut. Un sacerdoce qui n’aura nullement fait un flop vu l’engouement des professionnels des médias à s’abreuver à sa source pour avancer dans le métier. Avec un mental de gagneur qu’il se réclame être, il n’est point prêt à abdiquer face à l’adversité. Une qualité qu’il doit sans doute à l’Adn de champion d’athlétisme qu’il a été dans sa plus tendre jeunesse. Un baobab est tombé, hommage à sa mémoire et à sa grande œuvre.