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Deuil dans le monde musical: Gustave Bentho Titiou de Poly Rythmo baisse sa basse

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Le talentueux bassiste et compositeur Gustave Bentho (ici dans la fleur de l’âge, en 1974) a fait danser plus d’un Le talentueux bassiste et compositeur Gustave Bentho (ici dans la fleur de l’âge, en 1974) a fait danser plus d’un

Ils ne sont plus que deux désormais à garder la flamme du groove allumée par le légendaire orchestre Poly Rythmo. Et pour cause, le bassiste Gustave Bentho Titiou dit Junior a quitté la scène, lundi 19 février dernier.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 21 févr. 2024 à 02h21 Durée 3 min.
#Deuil dans le monde musical #Gustave Bentho Titiou #Poly Rythmo

Gustave Bentho Titiou dit Junior n’est plus. Le bassiste et compositeur de talent du célèbre groupe Tout Puissant Poly Rythmo s’est éteint à l’âge de 73 ans, lundi 19 février dernier, des suites d’une maladie. Il laisse inconsolables ses compères Vincent Ahéhéhinnou et Pierre Loko qui sont désormais les deux membres historiques du groupe originel encore en vie, et de nombreux mélomanes de plusieurs générations.

Après ses débuts avec le groupe Super Star de Ouidah, Gustave Bentho Titiou a rejoint en 1969 le légendaire orchestre T.P. Poly Rythmo, créé par le regretté accordéoniste, saxophoniste et surtout compositeur hors pair Clément Mèlomè dit Aka Mélo ou Meloclem disparu le 17 décembre 2012. Son doigté et ses envolées lyriques à la guitare basse sont remarquables sur les chansons du groupe qui totalise à son actif environ 550 disques et plus de 1000 titres faits de mélodies immortelles d’afrobeat, high-life, salsa, afro-cubain, soukous, reggae, jerk, funk, folk, soul et autres rythmes « vodoun» modernisés.

Poly Rythmo lui doit notamment « Le disque d’or » sorti en 1978, un des meilleurs albums et surtout à succès de l’orchestre. Le vinyle sorti sous le label Libert international records (Lir) comporte notamment les savoureux titres : Souviens-toi de ta promesse, Gbê sou vê gnin (La vie semble facile Mais...), So kê mi (Pardonne-moi) et Agnon djidjo (Tu as bon caractère).

Lors de la randonnée ivoirienne du groupe au milieu des années 80, le bassiste Gustave Bentho a signé les morceaux Alissa wê djê ha gbê (folklore, fon) et Kossi dagbé houétro (highlife, mina) du disque du groupe sorti sous le label Badmos (numéro BB 118). Il est aussi l’auteur des morceaux Nou tché non vè yé hou, Miséricorde, Iya mè dji ki bi ni, Adondjin na gnin, Honton kando gomè, des chansons qui étaient privilégiées dans les playlists de la Radio nationale et dans les cérémonies à l’époque.

Lui et les autres membres du groupe ont accompagné de grands noms de la musique béninoise, africaine et afro-caribéenne dont l’Homme-orchestre Danialou Sagbohan, le Nigérian Fela Anikulapo Kuti, le Camerounais Manu Dibango, la Sud-Africaine Miriam Makeba, la Togolaise Bella Below, les Congolaises Tshala Muana et Mbilia Bel, Bembeya Jazz National et Amazones de Guinée, Tidiani Koné, Rail Band et Nahawa Doumbia du Mali, pour ne citer que ceux-là.

Avec la résurrection du groupe impulsée par la journaliste Elodie Maillot de Radio France dès 2008, Gustave Bentho Titiou est apparu virevoltant avec son instrument de prédilection, malgré le poids de l’âge, lors des prestations et tournées du groupe. La sortie en 2011 de l’album Cotonou Club, enregistré chez Universal Music Jazz (Sound’Ailleurs) vingt ans après le dernier, est en partie son œuvre. L’album Madjafalao enregistré en 2015 et sorti en octobre 2016 sous le label Because Music porte également les empreintes de Bentho Gustave Titiou. Son décès constitue une grosse perte pour la musique béninoise.