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Energie électrique: Exit le délestage

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Sous Patrice Talon, le délestage est un vieux souvenir Sous Patrice Talon, le délestage est un vieux souvenir

Production énergétique renforcée, coupures fortement réduites, développement du solaire, réformes structurelles et extension du réseau électrique: en dix ans de gouvernance, le président Patrice Talon a engagé une profonde transformation du secteur de l’électricité au Bénin. D’un pays fortement dépendant des importations énergétiques en 2016, le Bénin affiche aujourd’hui des ambitions d’autonomie énergétique à l’horizon 2030.

Par   Joël C. TOKPONOU, le 22 mai 2026 à 07h08 Durée 3 min.
#Production énergétique

En 2016, les délestages rythmaient le quotidien des ménages et des entreprises au Bénin. L’électricité demeurait instable, l’offre insuffisante et plusieurs localités restaient faiblement couvertes par le réseau électrique. Dix ans plus tard, le paysage énergétique béninois a profondément évolué. Sous l’impulsion du président Patrice Talon, le gouvernement a engagé une série de réformes et d’investissements destinés à renforcer durablement la production, le transport et la distribution de l’énergie électrique.

L’un des principaux tournants de cette décennie réside dans l’augmentation de la capacité nationale de production. Alors que le pays ne disposait pratiquement d’aucune capacité propre de production énergétique à l’arrivée du régime en 2016, plusieurs infrastructures ont été développées afin de renforcer l’autonomie énergétique nationale. Le site de Maria-Gléta s’est progressivement imposé comme le cœur de cette stratégie énergétique avec plus de 127 Mw de capacité de production sur un total de 182 Mw disponibles dans le pays.

La mise en service de la centrale thermique de Maria-Gléta 2 en août 2019 a constitué une étape majeure dans cette dynamique. D’autres projets énergétiques ont suivi afin de consolider la disponibilité de l’électricité et de réduire les risques de pénurie. À travers ces investissements, le gouvernement entendait mettre un terme aux coupures intempestives qui affectaient aussi bien les ménages que les activités économiques. Aujourd’hui, les délestages autrefois fréquents sont devenus beaucoup plus rares, traduisant les effets des réformes engagées dans le secteur.

Au-delà des infrastructures, le gouvernement a également procédé à une réorganisation institutionnelle du secteur énergétique. Les fonctions de production, de transport et de distribution ont été séparées afin de rendre le système plus performant et plus moderne. La Société béninoise de production d’électricité a ainsi été créée pour assurer la production et l’achat de l’énergie électrique, tandis que la Société béninoise d’énergie électrique s’est recentrée sur sa mission de distribution aux populations. La Communauté électrique du Bénin conserve, pour sa part, les fonctions liées au transport de l’énergie.

Cette réforme vise à professionnaliser davantage la gestion du secteur énergétique. La Société béninoise de production d’électricité assure désormais l’exploitation des actifs de production de l’État, l’achat de l’énergie produite par les opérateurs privés ainsi que le développement des énergies renouvelables. Ce nouveau schéma permet également au Bénin de mieux gérer l’équilibre entre l’offre et la demande énergétique tout en sécurisant l’approvisionnement national.

Le développement du solaire constitue d’ailleurs l’un des axes majeurs de la politique énergétique menée en dix ans. À Illoulofin, dans la commune de Pobè, plusieurs centrales solaires photovoltaïques ont été construites afin d’accroître la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national. Deux centrales d’une capacité totale de 50 Mwc sont déjà opérationnelles sur le site, contribuant à renforcer l’approvisionnement du pays en électricité et à limiter les effacements provenant du Nigeria.

Le projet Forsun, lancé sur ce même site, vient renforcer cette dynamique avec une centrale solaire supplémentaire de 25 Mwc. D’un coût estimé à 16 milliards F Cfa et cofinancé par l’Agence française de développement et l’Union européenne, ce projet vise non seulement à réduire le déficit énergétique mais aussi à diminuer le coût de l’électricité et les émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 23 000 tonnes de CO2 par an sur une durée de 25 ans.

Parallèlement à l’augmentation de la production, les autorités ont engagé plusieurs programmes destinés à améliorer l’accès des populations à l’électricité. Le taux de couverture électrique, qui était estimé à environ 6 % en 2016, dépasse désormais les 30 %. Dans plusieurs localités urbaines et rurales, les réseaux de distribution ont été étendus afin de connecter davantage de ménages.

Le gouvernement a également revu les conditions de raccordement au réseau électrique. Les coûts autrefois jugés élevés ont été progressivement réduits avec l’ambition affichée de rendre le raccordement largement accessible aux populations. Le branchement qui coûtait environ 85 000 F Cfa a connu une réduction progressive. Dans une première phase, le coût total a été ramené à 20 000 F Cfa pour les ménages, soit 10 000 F Cfa de frais forfaitaires de raccordement et 10 000 F Cfa pour le contrôle des installations intérieures.

Les autorités ont ensuite annoncé la gratuité progressive du raccordement électrique entre 2025 et 2026, les frais de contrôle restant toutefois à la charge des usagers. Cette politique devrait permettre d’alimenter près de deux millions d’abonnés supplémentaires à l’horizon 2026 pour un coût global estimé à 107 milliards F Cfa pour l’État béninois.

Cette politique d’accès à l’électricité s’est accompagnée du projet « Lumière du Bénin », destiné à équiper les 77 communes du pays en lampadaires solaires photovoltaïques. Plus de 1 600 kilomètres de voiries sont concernés par ce programme qui vise à renforcer la sécurité et à améliorer le cadre de vie des populations.

Energie pour tous

L’ambition énergétique du gouvernement dépasse toutefois la simple couverture nationale. Les autorités travaillent également à renforcer l’alimentation électrique des grands projets économiques du pays. Dans la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé, une centrale de 100 Mw est annoncée afin d’assurer l’autonomie énergétique de cette plateforme industrielle stratégique. D’autres projets privés totalisant 75 Mw sont également envisagés dans plusieurs localités du pays, sans oublier le projet de barrage hydroélectrique de 128 Mw annoncé dans les perspectives énergétiques nationales.

Le secteur électrique a par ailleurs bénéficié d’un encadrement réglementaire renforcé à travers l’action de l'Autorité de régulation de l’électricité. Cette institution veille à la régulation du secteur, à la qualité du service public ainsi qu’au respect des normes par les différents acteurs intervenant dans la production, le transport et la distribution de l’énergie électrique.