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Entre la France et les pays africains : Éléonore Caroit défend une relation « d’égal à égal »

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Éléonore Caroit défend une relation « d’égal à égal » Éléonore Caroit défend une relation « d’égal à égal »

En visite au Bénin dans le cadre de l’investiture du président Romuald Wadagni, la ministre déléguée française chargée des Français de l’étranger, Éléonore Caroit, a animé, samedi 23 mai, une conférence de presse à l’Institut français du Bénin. Elle a longuement abordé l’état des relations entre la France et le continent africain, rejetant l’idée d’un rejet généralisé de la présence française en Afrique.

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 25 mai 2026 à 11h49 Durée 3 min.
#Éléonore Caroit défend une relation « d’égal à égal »

Répondant à une question relative au sentiment anti-français dans certains pays africains, notamment ceux de l’Alliance des États du Sahel (AES), Éléonore Caroit a tenu à relativiser la portée de cette perception. Pour elle, les faits démontrent au contraire une volonté de nombreux pays africains de renforcer leurs relations avec Paris. « Lorsque vous avez au Sommet de Nairobi 49 délégations présentes sur 54 pays du continent africain pour un sommet entre la France et l’Afrique, cela nous envoie un message très clair », a-t-elle déclaré. « Ces pays veulent être là, veulent participer et souhaitent renforcer leurs relations avec la France », a insisté la ministre déléguée.

Reconnaissant que les relations entre Paris et certains pays de l’Alliance des Etats du Sahel (Aes) traversent des tensions, elle a néanmoins estimé que cette situation demeure « minoritaire » à l’échelle du continent. Selon elle, la dynamique actuelle est plutôt marquée par un approfondissement des partenariats économiques, culturels et diplomatiques entre la France et plusieurs États africains. La ministre française a notamment évoqué l’augmentation des investissements français sur le continent ainsi que l’émergence de nouveaux partenariats dans des secteurs où la France était jusque-là peu présente. Elle a mis en avant l’évolution du regard porté par la France sur son histoire commune avec l’Afrique. « Il y a un travail mémoriel qui est fait de manière lucide, avec une politique de restitution des biens culturels », a-t-elle rappelé, faisant référence aux initiatives françaises en matière de retour d’œuvres d’art africaines et à l’adoption récente d’une loi-cadre à l’Assemblée nationale française.

Pour Éléonore Caroit, la relation entre la France et les pays africains doit désormais reposer sur des bases nouvelles, fondées sur le respect mutuel et le partenariat équilibré. « Il faut favoriser des partenariats d’égal à égal, parce que c’est la seule façon d’avoir une relation respectueuse et sincère », a-t-elle affirmé. La ministre déléguée a aussi souligné l’importance du dialogue avec les sociétés civiles africaines, estimant que les relations diplomatiques ne sauraient se limiter aux seuls échanges avec les responsables politiques. « Ce n’est pas tout de parler avec les dirigeants ; il faut aussi parler avec les populations et les sociétés civiles », a-t-elle expliqué, rappelant que cette approche guide chacun de ses déplacements sur le continent.

Évoquant enfin les discours hostiles à la France observés dans certaines régions, Éléonore Caroit a reconnu qu’un sentiment anti-français pouvait parfois exister, tout en estimant qu’il est également « alimenté par des ingérences étrangères ». Face à cette situation, elle a plaidé pour davantage de présence, de coopération et de dialogue. La visite de la ministre française au Bénin intervient dans un contexte marqué par une redéfinition progressive des relations entre la France et plusieurs pays africains. À travers sa participation à l’investiture du nouveau président béninois, Paris entend visiblement réaffirmer sa volonté de maintenir des liens étroits avec le Bénin, considéré comme un partenaire stratégique en Afrique de l’Ouest.