La Nation Bénin...
En visite au Bénin dans le
cadre de l’investiture du président Romuald Wadagni, la ministre déléguée
française chargée des Français de l’étranger, Éléonore Caroit, a animé, samedi
23 mai, une conférence de presse à l’Institut français du Bénin. Elle a longuement
abordé l’état des relations entre la France et le continent africain, rejetant
l’idée d’un rejet généralisé de la présence française en Afrique.
Répondant à une question
relative au sentiment anti-français dans certains pays africains, notamment
ceux de l’Alliance des États du Sahel (AES), Éléonore Caroit a tenu à
relativiser la portée de cette perception. Pour elle, les faits démontrent au
contraire une volonté de nombreux pays africains de renforcer leurs relations
avec Paris. « Lorsque vous avez au Sommet de Nairobi 49 délégations présentes
sur 54 pays du continent africain pour un sommet entre la France et l’Afrique,
cela nous envoie un message très clair », a-t-elle déclaré. « Ces pays veulent
être là, veulent participer et souhaitent renforcer leurs relations avec la
France », a insisté la ministre déléguée.
Reconnaissant que les
relations entre Paris et certains pays de l’Alliance des Etats du Sahel (Aes)
traversent des tensions, elle a néanmoins estimé que cette situation demeure «
minoritaire » à l’échelle du continent. Selon elle, la dynamique actuelle est
plutôt marquée par un approfondissement des partenariats économiques, culturels
et diplomatiques entre la France et plusieurs États africains. La ministre
française a notamment évoqué l’augmentation des investissements français sur le
continent ainsi que l’émergence de nouveaux partenariats dans des secteurs où
la France était jusque-là peu présente. Elle a mis en avant l’évolution du
regard porté par la France sur son histoire commune avec l’Afrique. « Il y a un
travail mémoriel qui est fait de manière lucide, avec une politique de
restitution des biens culturels », a-t-elle rappelé, faisant référence aux
initiatives françaises en matière de retour d’œuvres d’art africaines et à
l’adoption récente d’une loi-cadre à l’Assemblée nationale française.
Pour Éléonore Caroit, la
relation entre la France et les pays africains doit désormais reposer sur des
bases nouvelles, fondées sur le respect mutuel et le partenariat équilibré. «
Il faut favoriser des partenariats d’égal à égal, parce que c’est la seule
façon d’avoir une relation respectueuse et sincère », a-t-elle affirmé. La
ministre déléguée a aussi souligné l’importance du dialogue avec les sociétés
civiles africaines, estimant que les relations diplomatiques ne sauraient se
limiter aux seuls échanges avec les responsables politiques. « Ce n’est pas
tout de parler avec les dirigeants ; il faut aussi parler avec les populations
et les sociétés civiles », a-t-elle expliqué, rappelant que cette approche
guide chacun de ses déplacements sur le continent.
Évoquant enfin les discours
hostiles à la France observés dans certaines régions, Éléonore Caroit a reconnu
qu’un sentiment anti-français pouvait parfois exister, tout en estimant qu’il
est également « alimenté par des ingérences étrangères ». Face à cette
situation, elle a plaidé pour davantage de présence, de coopération et de
dialogue. La visite de la ministre française au Bénin intervient dans un
contexte marqué par une redéfinition progressive des relations entre la France
et plusieurs pays africains. À travers sa participation à l’investiture du
nouveau président béninois, Paris entend visiblement réaffirmer sa volonté de
maintenir des liens étroits avec le Bénin, considéré comme un partenaire
stratégique en Afrique de l’Ouest.
Éléonore Caroit défend une relation « d’égal à égal »