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Face aux risques radiologiques et nucléaires: L'élan de l'Aiea pour une meilleure préparation du Bénin

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Cette mission a pour objectif d’évaluer l’opérationnalisation du Plan national de gestion des urgences nucléaires et radiologiques Cette mission a pour objectif d’évaluer l’opérationnalisation du Plan national de gestion des urgences nucléaires et radiologiques

A l’issue d’une mission consultative de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) à Cotonou, les experts ont salué les efforts du Bénin tout en pointant des insuffisances importantes en matière de coordination et de mise en œuvre du plan national de gestion des urgences nucléaires et radiologiques.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 22 juin 2026 à 00h29 Durée 2 min.
#Nucléaire

Le Bénin a abrité une mission consultative de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) consacrée à la préparation et à la réponse aux urgences nucléaires et radiologiques, du 15 au 19 juin à Cotonou. Organisée sur invitation de l’Autorité nationale de sûreté radiologique et de radioprotection (Ansr), cette mission avait pour objectif d’évaluer l’opérationnalisation du décret 2023-279 du 24 mai 2023 portant approbation du Plan national de gestion des urgences nucléaires et radiologiques (Pnur). Ainsi, durant cinq jours, experts internationaux et acteurs nationaux ont passé en revue le dispositif institutionnel, les mécanismes de coordination et les capacités opérationnelles du Bénin face à d’éventuelles situations d’urgence impliquant des matières radioactives. Au terme de la mission, les experts de l’Aiea ont salué la démarche du Bénin qui a accepté de se soumettre à cet exercice d’évaluation et d’amélioration de son dispositif de sécurité. Ils ont toutefois insisté sur un point central, la faiblesse de la coordination entre les différentes institutions impliquées. Selon eux, les questions liées à la radiation, à la sûreté et à la gestion des urgences doivent être davantage traitées de manière interinstitutionnelle. Ils ont appelé à multiplier les échanges entre les acteurs concernés afin de garantir une réponse efficace en cas de crise. Les experts ont également encouragé le Bénin à renforcer ses demandes d’assistance technique pour améliorer ses dispositifs existants et combler les insuffisances relevées.

Un dispositif national jugé perfectible

Dressant un bilan détaillé des cinq jours d’échanges, Kuassi Marcellin Amoussou, Secrétaire permanent de l’Ansr, a indiqué que le cadre national de préparation et de réponse aux urgences radiologiques est « à peu près correct », avec un niveau d’avancement estimé entre 60 et 70 %. Toutefois, il a reconnu de nombreuses insuffisances structurelles et opérationnelles. « Nous avons réalisé qu’il y a encore beaucoup à faire, notamment en termes de coordination », a-t-il déclaré, rappelant que l’existence du plan national ne suffit pas sans une mise en œuvre effective et harmonisée des actions prévues. Il a également relevé que plusieurs évolutions institutionnelles intervenues depuis l’adoption du plan n’ont pas encore été intégrées dans le dispositif actuel, appelant à une révision actualisée du document stratégique. Par ailleurs, il a relevé des lacunes dans la répartition des rôles et responsabilités entre les différentes structures impliquées, notamment l’Agence béninoise de protection civile, les services de santé, les forces de défense et de sécurité, ainsi que les collectivités territoriales. « Les rôles et responsabilités ne sont pas bien attribués », a-t-il insisté, évoquant la nécessité d’impliquer davantage les communes et les préfectures dans le dispositif de gestion des urgences. Les conclusions des assises mettent également en lumière la nécessité d’un renforcement des capacités nationales, notamment en matière de surveillance radiologique, de gestion des déchets radioactifs et de prise en charge médicale des personnes exposées.

Sur ce dernier point, les experts ont rappelé que la priorité en situation d’urgence reste la sauvegarde des vies humaines à travers des dispositifs de traitement adaptés. La mission a aussi insisté sur la communication de crise, jugée encore insuffisamment structurée. Une mauvaise information du public pourrait, selon les experts, aggraver les risques en situation d’urgence. A juste titre, les participants ont recommandé l’élaboration d’une matrice de formation destinée aux différents acteurs concernés, ainsi que la mise en place de plans d’urgence spécifiques pour les installations utilisant des matières radioactives. Au terme de cette mission, le Bénin et les experts de l’Aiea ont convenu de poursuivre leur collaboration afin de renforcer progressivement le dispositif national et améliorer la préparation du pays face aux risques radiologiques et nucléaires.