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Filière coton : Le Bénin passe devant le Mali, au prix d’une production en recul

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Le Bénin prend la tête du classement cotonnier de la zone CFA. Avec 533 590 tonnes de coton-graine récoltées au cours de la campagne 2025-2026, le pays devance désormais le Mali et devient le premier producteur de la région.

 

Par   Mariama SALIFOU (Coll.), le 17 août 2026 à 19h08 Durée 3 min.
#filière coton

Selon les données du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA), le Bénin a enregistré une baisse de 16,3 % de sa production en une seule campagne. Le pays confirme ainsi une tendance déjà observée lors de la campagne précédente.

Autrement dit, le Bénin prend la première place, mais avec une récolte qui continue de se contracter.

Cette situation s’inscrit dans un contexte régional difficile. Dans les huit pays suivis par le PR-PICA, la production cumulée est passée d’environ 2,31 millions de tonnes en 2024-2025 à 1,98 million de tonnes en 2025-2026, soit un recul de 14,2 %. En deux campagnes, la zone a perdu près du quart de sa production.

Le principal décrochage vient du Mali. Sa récolte s’est effondrée à 397 540 tonnes, en baisse de 39,5 %, notamment sous l’effet des attaques de jassides et des irrégularités pluviométriques.

À l’inverse, le Burkina Faso affiche une progression de 7 %, avec 313 042 tonnes, et occupe la troisième place régionale. Il devance la Côte d’Ivoire, à 310 407 tonnes, et le Cameroun, qui atteint 250 722 tonnes, en recul de 11,9 %.

Les rendements révèlent également d’importantes disparités. Le Cameroun arrive en tête avec 1 268 kg par hectare, devant le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Le Bénin doit donc encore relever le défi de la productivité pour consolider durablement son leadership.

Certains pays tirent toutefois leur épingle du jeu. Le Sénégal affiche une spectaculaire progression de 62,2 %, tandis que le Togo et le Tchad enregistrent chacun une hausse de 30,3 %.

Le Bénin est donc premier, mais cette couronne cotonnière intervient dans une période où la filière régionale est confrontée à de sérieux défis climatiques, phytosanitaires et productifs. Le véritable enjeu sera désormais de transformer cette première place en une performance durable.