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Haute cour de Justice: La professeure Dandi Gnamou plébiscitée présidente

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Professeure Dandi Gnamou, nouvelle présidente  de la Haute cour de Justice Professeure Dandi Gnamou, nouvelle présidente de la Haute cour de Justice

La professeure Dandi Gnamou est désormais la présidente de la Haute cour de Justice. A l’unanimité de ses collègues-juges, elle a été plébiscitée, vendredi 1er mars dernier, pour succéder à Cécile Marie José de Dravo Zinzindohoué dont le mandat est arrivé à terme. 

Par   Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau, le 03 mars 2024 à 22h45 Durée 3 min.
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Changement à la tête de la Haute cour de Justice. La professeure Dandi Gnamou préside désormais aux destinées de l’institution. A l’unanimité de ses douze collègues-juges, elle a été plébiscitée, vendredi 1er mars dernier, pour succéder à Cécile Marie José de Dravo Zinzindohoué dont le mandat est arrivé à terme. L’élection s’est déroulée dans l’enceinte de la haute juridiction à Porto-Novo, conformément aux dispositions des articles 7 alinéa 2 de la loi organique sur la Haute cour de Justice ; 6 et 7 du Règlement intérieur de l’institution.

Seul candidat en lice, Dandi Gnamou n’a pas caché sa joie après l’élection qui la consacre présidente. « C’est d’abord un sentiment de joie mêlée de fierté qui m’anime. Mais aussi un sentiment de gratitude par rapport à tous ceux qui m’ont aidée, toutes ces personnes extraordinaires qui m’ont permis aujourd’hui d’être élue en tant que présidente de la Haute cour de Justice », a fait savoir la professeure Dandi Gnamou. Elle remercie les conseillers de la Cour constitutionnelle qui étaient avec elle et ont toujours été d’une grande attention, d’une grande délicatesse à son égard. Ensuite, tous les députés-juges de l’Assemblée nationale qui lui ont donné leur vote de façon aussi franche. Dandi Gnamou n’oublie pas le président de la Cour suprême avec qui elle avait déjà eu l’occasion de travailler par le passé. « Cet ensemble de personnes m’ont vraiment honorée en m’offrant leur vote et leurs voix pour présider aux destinées de la haute juridiction. Mais si tout ceci a été possible, c’est parce que j’ai été aussi proposée au sein de la Cour constitutionnelle. Donc il est de bon ton de remercier ceux qui ont eu confiance en moi en me proposant à la Cour constitutionnelle », a ajouté la présidente Dandi Gnamou. Elle pense au bureau de l’Assemblée nationale mais aussi au président de la République. Les deux, dit-elle, lui ont permis d'être membre de la Cour constitutionnelle en sa qualité de professeure des Universités donc juriste de haut niveau. Enfin, Dandi Gnamou rend grâce à Dieu pour ses bienfaits. 

Très imprégnée déjà des défis qui l’attendent à la tête de la Haute cour de Justice, la présidente Dandi Gnamou place son mandat sous le signe de l’espérance. Espérance parce que, à l’en croire, jusque-là, la Haute cour de Justice n’a pas semblé donner les garanties d’être une juridiction à même d’assurer la lutte contre l’impunité des membres de l’Exécutif. Cette situation n’est pas du fait des juges des mandatures précédentes, elle est due au mécanisme qui est prévu dans la Constitution et dans la loi organique de l’institution. « Ce mécanisme fait que la prise en compte de la place du Politique dans le processus de mise en jeu de la responsabilité des membres de l’Exécutif est bien souvent altérée », a diagnostiqué Dandi Gnamou. Elle garde l’espoir que les lignes vont enfin bouger pour que l’institution soit juridictionnellement fonctionnelle. « Espérance parce que avec ce mandat, la plupart des Béninois se rendront compte que l’impunité dont nous avons commencé à faire un droit de non cité avec la présence de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) aura aussi ce droit de non cité grâce à la Haute cour de Justice », promet Dandi Gnamou. Cela passe par des réformes au niveau de cette haute juridiction et aussi un engagement politique fort, note-t-elle. « L’engagement politique, ce n’est pas de l’apanage du juge. Mais les propositions de réforme, la sensibilisation à la nécessité de la réforme, la solidarité et la collégialité induites par une telle haute juridiction permettront effectivement de voir dans la Haute cour de Justice, cet espoir d’une réelle responsabilité et politique et pénale des dirigeants des différents ministères », poursuit la présidente de la Haute cour de Justice. La démocratie implique la redevabilité qui passe par la mise en œuvre de sa responsabilité, a conclu la professeure Dandi Gnamou.