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Journée internationale des droits des femmes: Une célébration sous le signe des droits et de la justice

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La promotion des droits des femmes ne se limite pas à un principe abstrait, mais se traduit par des actions... La promotion des droits des femmes ne se limite pas à un principe abstrait, mais se traduit par des actions...

Véronique Tognifodé, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, a lancé, vendredi 6 mars, les manifestations officielles de la Journée internationale des droits des femmes sur l’esplanade de la Place de l’Amazone à Cotonou.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 09 mars 2026 à 00h24 Durée 3 min.
#droits des femmes #Justice

Sous le thème « Droits, justice et action pour toutes les femmes et les filles », l’édition 2026 a été l’occasion de faire le point sur les avancées enregistrées au Bénin, tout en soulignant les efforts à poursuivre pour garantir l’égalité et la protection des femmes et des filles.

« Le Bénin célèbre bien plus qu’une journée. Il célèbre une marche collective vers la dignité, vers la justice et vers l’épanouissement des femmes et des filles de notre nation », a rappelé la ministre Véronique Tognifodé. Elle a insisté sur le fait que la promotion des droits des femmes ne se limite pas à un principe abstrait, mais se traduit par des actions concrètes dans les villages, les marchés, les écoles, les institutions et les entreprises.

Cette célébration s’inscrit également dans la dynamique nationale « Dix ans pour elle », qui rend hommage à la décennie de réformes en faveur des femmes. Sous l’impulsion du président Patrice Talon, plusieurs mesures ont été adoptées pour renforcer la protection juridique des femmes, promouvoir leur autonomisation économique et encourager leur participation aux instances de décision. Selon la ministre, ces initiatives ont permis à de nombreuses femmes béninoises d’entreprendre, d’innover et de prendre pleinement leur place dans différents secteurs.

La présence de la vice-présidente de la République, première femme à occuper cette fonction dans l’histoire du Bénin, a été présentée comme un symbole fort de cette transformation. La cérémonie a également été marquée par la projection du documentaire Dix ans pour elle, retraçant les progrès réalisés au cours de la dernière décennie. Pour Mariam Djaouga Sacca, ministre conseillère aux Affaires sociales, ces images constituent à la fois un bilan et un rappel des défis qui subsistent. « Les droits ne sont que des mots s’ils ne sont pas protégés par une justice durable et équitable. Et la justice demeure une promesse lointaine sans une action concrète et immédiate », a-t-elle affirmé.

Avancées juridiques et défis persistants

Me Claire-Lise Harry Henry, présidente de l’Association des femmes avocates du Bénin, a abordé la situation des droits des femmes sous l’angle juridique. Selon elle, le thème 2026 invite les États à renforcer leurs dispositifs pour garantir une égalité réelle. Au Bénin, des progrès notables ont été accomplis depuis la Constitution de 1990, qui proclame l’égalité entre hommes et femmes. Parmi les avancées récentes, elle a cité la criminalisation du harcèlement sexuel, la qualification en crime du mariage précoce et du mariage forcé, ainsi que des mesures facilitant l’accès des femmes à la justice, telles que la création de commissariats d’arrondissement, la mise en place de lignes vertes pour dénoncer les violences et le renforcement du rôle de l’Institut national de la femme.

Aminatou Sar, coordonnatrice résidente du Système des Nations unies au Bénin, a salué ces progrès tout en appelant à poursuivre les efforts. « Les droits existent sur le papier, mais ils s’arrêtent parfois à la porte du foyer ou sur le lieu de travail », a-t-elle observé, insistant sur la nécessité de transformer les mentalités et de lutter contre les stéréotypes persistants.

La voix des jeunes filles a également trouvé un écho lors de la commémoration. Loane Kpatinvoh, 12 ans, représentante des filles et des femmes, a exprimé son rêve d’un monde où être une fille ne constitue ni une limite ni une faiblesse. Tout en reconnaissant les progrès en matière d’éducation et de protection des droits, elle a rappelé les défis qui subsistent, notamment les violences, les mariages précoces et la déscolarisation dans certaines localités. « Nous ne demandons pas un privilège. Tout ce que nous voulons, c’est avoir notre place », a-t-elle affirmé.

Cette 31ᵉ édition de la Journée internationale des droits des femmes au Bénin rappelle que, malgré les avancées, la marche vers l’égalité et la justice pour toutes les femmes et les filles demeure un chantier permanent, nécessitant l’engagement continu des institutions, des partenaires et de l’ensemble de la société.