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Autonomisation féminine: Un ouvrage révélateur de la force silencieuse des femmes béninoises

Société
Aucune Nation ne peut prétendre au progrès durable  sans la pleine participation de ses femmes Aucune Nation ne peut prétendre au progrès durable sans la pleine participation de ses femmes

Des marchés aux universités, des administrations aux exploitations agricoles, les femmes béninoises occupent désormais toutes les sphères. Un nouvel ouvrage leur rend hommage tout en appelant à poursuivre les réformes en faveur de leur autonomisation. Le lancement officiel de « Femmes, autonomisation et santé au Bénin : Des révélations au pluriel » a réuni, jeudi 23 avril, autorités, partenaires et citoyennes engagées. 

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 27 avr. 2026 à 06h45 Durée 3 min.
#autonomisation des femmes

Il y a des livres qui racontent une époque. D’autres qui la questionnent. Celui lancé à Cotonou, jeudi 23 avril, se veut un outil de mémoire, de plaidoyer et d’espérance. « Femmes, Autonomisation et Santé au Bénin : Des révélations au pluriel» met en lumière les trajectoires de 160 femmes béninoises venues d’horizons divers, souvent discrètes, mais déterminantes dans le développement national.

La cérémonie a réuni plusieurs personnalités gouvernementales, diplomatiques, institutionnelles ainsi que des dizaines de femmes venues de toutes les régions du pays. Toutes ont salué une initiative qui remet au centre du débat public la place réelle de la femme béninoise dans la société contemporaine.

« Aujourd’hui, nous ne lançons pas seulement un ouvrage. Nous faisons écho à une voix. La voix de celles que l’on entend trop peu. La voix de celles qui, pourtant, portent chaque jour ce pays. La voix de ces femmes béninoises qui, dans l’ombre, construisent la lumière », indique le représentant résident du Fonds des Nations Unies pour la Population (Unfpa), Dr Richmond Tiemoko. Donner voix à celles qui bâtissent le pays, tel est le message fort livré à l’occasion.

À travers ces mots, c’est toute la philosophie de l’ouvrage qui se dessine, faire émerger des visages, des combats et des réussites souvent ignorés, alors même qu’ils structurent la vie nationale. Le Bénin, a-t-il rappelé, est un pays dont plus de la moitié de la population est féminine. Pourtant, cette réalité démographique n’a pas toujours trouvé sa traduction en pouvoir réel, en autonomie effective ou en justice sociale. Mais les lignes bougent. Les chiffres évoqués à l’occasion du lancement en témoignent.

Des portraits qui parlent au pays

78 % des Béninois estiment qu’une femme doit pouvoir décider elle-même du moment de son mariage, 60 % pensent qu’elle doit choisir le nombre d’enfants qu’elle souhaite avoir ; 83 % soutiennent qu’une fille enceinte doit poursuivre ses études, 78 % se disent favorables à l’éducation sexuelle à l’école. L’un des mérites majeurs de l’ouvrage réside dans sa galerie de portraits. Il ne s’agit pas seulement de figures connues, mais de femmes de terrain, de mérite, de courage et de persévérance. On y retrouve entre autres, Lucienne Kikissagbé, championne internationale de basket, de para badminton et de tennis de table pour personnes handicapées, Antoinette Nadia Aïssi, jeune éleveuse de Houéyogbé, Nanyé Kpodjito Noutchéwê, reine mère de Danxomè, Eunice Agué, frigoriste à Abomey- Calavi, Ghislaine Bocovo, commissaire divisionnaire de police et directrice départementale de la Police républicaine de l’Atlantique. S’y ajoutent Déré Lydie Martine Chabi Nah, préfète de l’Atacora, Pascaline Rebecca Adjafogue Oluwatobi, capitaine au long cours au Port autonome de Cotonou, Armelle Prodjinotho, sage-femme d’État à Banikoara, Eléonore Yayi Ladekan, première femme chimiste docteur du Bénin et professeure titulaire, Josiane Angéline Tonato épouse Bagnan, professeure titulaire de gynécologie obstétrique ou encore Odile Mabou, transformatrice d’arachides en galettes. Des noms qui disent tout simplement que la femme béninoise excelle partout, dans les laboratoires, les marchés, les hôpitaux, les champs, les ports, les universités, les administrations et les sphères de commandement.

La coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies au Bénin, Aminatou Sar, a estimé que ce livre a permis de «mettre des mots et des visages sur des histoires singulières de femmes ». Selon elle, l’ouvrage appelle à l’action et oblige à maintenir l’espoir. Même tonalité chez la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, professeure Véronique Tognifodé, pour qui cette cérémonie dépasse largement le cadre éditorial. « Aucune Nation ne peut prétendre au progrès durable sans la pleine participation de ses femmes », a-t-elle martelé. Elle a rappelé que sous l’impulsion du président Patrice Talon, le gouvernement béninois a fait de la promotion de la femme, de la protection sociale, de l’accès à la santé et de l’autonomisation économique des femmes et des filles, des priorités stratégiques.

Pour la ministre, les avancées enregistrées procèdent d’une volonté politique assumée, mais également de l’engagement des femmes elles-mêmes. La présidente de l’Institut national de la Femme, Huguette Bokpè Gnacadja, ainsi que Laurence Monteiro, sage-femme à la retraite et ancienne syndicaliste, exhorteront, pour leur part, les femmes et les jeunes filles à défendre leurs droits, à faire entendre leurs voix et à refuser toute résignation.