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Lancement et revue d'étape du Fadec VI: Progrès réalisés et difficultés rencontrées passés à la loupe

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Avec le Fic, le Fadec change de dimension pour l’efficacité  des investissements locaux Avec le Fic, le Fadec change de dimension pour l’efficacité des investissements locaux

Le Programme d’appui au développement communal et à la cohésion sociale (Fadec VI) entend renforcer le financement des infrastructures de base dans les 77 communes du Bénin et consolider la résilience des communautés du nord. Les parties prenantes au Fadec VI sont réunies depuis, hier mardi 27 octobre à Cotonou, pour procéder au lancement officiel et à la revue d’étape du Programme à la faveur d’un atelier de deux jours.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 28 oct. 2026 à 07h25 Durée 2 min.
#FADeC

Inscrit dans la continuité des efforts engagés par le Bénin depuis des décennies, pour renforcer le financement du développement communal, le Programme d’appui au développement communal et à la cohésion sociale, sixième phase, (Fadec VI) a été lancé, hier mardi, à l’occasion d’un atelier de revue d’étape.

Il ambitionne d’améliorer l’accès équitable des populations à des infrastructures socio-économiques de base de qualité. Il contribue également à la prévention des influences liées au radicalisme dans les zones septentrionales frontalières du Sahel. Le programme s’articule autour de deux composantes. La première concerne le financement des investissements dans les 77 communes du pays à travers le guichet Fadec non affecté. La seconde porte sur la résilience et la cohésion sociale, par l’intermédiaire du guichet Sahel, étendu aux 27 communes du Nord-Bénin confrontées à une fragilité sécuritaire accrue.

La phase opérationnelle du Programme a été actée le 20 avril 2026 pour une durée de 30 mois. Elle met l’accent sur la finalisation du plan opérationnel 2026-2028, les audits du Fadec gestion 2025, le suivi des mesures guichet Sahel, la participation citoyenne et la mise en œuvre du Cadre de gestion environnementale et sociale (Cges).

Au cours des travaux en atelier, les 27 et 28 octobre, les participants, venus de divers horizons, examineront les progrès réalisés, les difficultés rencontrées et les ajustements nécessaires. Ils se pencheront également sur les règles de gestion et d’utilisation du Fonds de disposition du programme.

Au-delà de la continuité du soutien aux collectivités territoriales, cette phase du Fadec intervient dans un contexte institutionnel marqué par l’opérationnalisation du Fonds d’investissement communal (Fic). Ce mécanisme succède au dispositif de financement qui était porté par la Commission nationale des finances locales (Conafil). Le Fic est chargé d’apporter aux communes un appui financier et technique pour la réalisation d’infrastructures socio-économiques de base et de projets structurants, à l’échelle communale comme intercommunale.

Pour Réginal Koumagbeafide, directeur général du Fic, il est important de consolider les capacités d’investissement des collectivités. « Notre ambition est de faire du Fic un partenaire de référence des communes, en mesure de leur apporter non seulement des ressources financières mais aussi un accompagnement technique adapté à leurs besoins afin de les aider à diversifier leurs sources de financement et à consolider durablement leurs capacités d’investissement », a-t-il déclaré.

Coopération allemande toujours au rendez-vous

Partenaire historique du mécanisme, l’Allemagne maintient son appui au financement communal. Depuis 2008, la coopération allemande a contribué à hauteur de plus de 98 millions d’euros au Fadec, selon Rike Sohn, cheffe de la coopération à l’ambassade d’Allemagne au Bénin. Ces ressources ont notamment servi à financer des infrastructures sociales de base, à soutenir les communes pendant la pandémie de Covid-19 et à renforcer la cohésion sociale dans le nord.

« À travers cette sixième phase, l’Allemagne réaffirme son engagement à soutenir le processus de décentralisation au Bénin et à accompagner le gouvernement béninois dans son ambition d’offrir de nouvelles perspectives aux communes à travers la création du Fonds d’investissement communal », a-t-elle souligné.

Stéphanie Kürsten-Camara, directrice de la banque allemande de développement (Kfw), a également insisté sur la continuité de ce partenariat. La Kfw attend toutefois des résultats mesurables de cet accompagnement. « Premièrement, la qualité de la dépense publique locale et la redevabilité à travers l’amélioration de la chaîne des dépenses locales et des audits annuels pour que chaque investissement serve réellement aux populations. Deuxièmement, la participation citoyenne et la prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux afin de garantir l’appropriation et la durabilité de nos actions. Troisièmement, la coordination entre les partenaires portés par le Fic afin d’identifier les synergies possibles, renforcer l’efficacité des interventions et éviter les doublons », a précisé Stéphanie Kürsten-Camara.

Capacité de financement renforcée

Les premiers résultats enregistrés témoignent de la mise en place progressive du programme. Au cours de ses premiers mois de mise en œuvre anticipée, 14 nouvelles communes du nord-Bénin ont intégré le dispositif du guichet Sahel, en complément des 13 premières communes bénéficiaires dont les mesures font l’objet d’un suivi. Le programme a également contribué à l’actualisation des outils de gestion, à la conduite des audits communaux et à l’élaboration du cadre de gestion environnementale et sociale.

Pour le gouvernement béninois, représenté par Christiane Kuadjo du ministère du Budget et de la Fonction publique, la réussite de cette nouvelle phase ne dépendra cependant pas uniquement du volume des ressources transférées. La représentante du ministre a appelé les communes à améliorer la préparation technique de leurs projets, à respecter les délais d’exécution des marchés et à renforcer la mobilisation de leurs ressources propres.

Cette sixième phase du Fadec place les communes devant une double exigence qui est de répondre aux besoins immédiats des populations tout en améliorant leur capacité à concevoir, financer et gérer durablement leurs projets de développement. L’efficacité du dispositif se mesurera, à terme, à la qualité des infrastructures réalisées et aux améliorations concrètes apportées aux conditions de vie des populations.