La Nation Bénin...
Les élections législatives du 11 janvier 2026 ont rendu leur verdict, et les enseignements qui leur sont concomitants.
Premier enseignement qui saute aux yeux, le couplage des élections législatives et communales est loin d’être une gageure : le défi est relevé. Est aussi relevé, le challenge des 20 % dont l’obtention était jugée improbable avant le scrutin. De fait, deux partis, Bloc républicain et Union progressiste le Renouveau ont démontré leur assise nationale en décrochant les 10 % puis les 20 %, ce dernier seuil leur étant garanti par l’accord de législature auquel ils avaient consenti dans la perspective de mutualiser les forces comme prévu par la loi.
Et c’est justement pour n’avoir pas souscrit à un accord de coalition parlementaire que le parti Les Démocrates a miné ses chances d’avoir quelques députés au terme de ce scrutin, si l’on prend en considération les résultats du parti Les Démocrates dans certaines circonscriptions. Encore, qu’il est noté un net recul du parti d’opposition sur l’échiquier politique national, relativement à ses percées en 2023, aux précédentes législatives. Il en est ainsi dans la première, deuxième et troisième circonscriptions élections où il vient de connaitre un revers retentissant dans des landerneaux qu’on lui croyait acquis! Deux principaux facteurs expliquent ce recul.
Mirage politique
D’abord le vote d’émotion exprimé en 2023 a fait place à un vote de raison, sans doute au regard des postures adoptées par l’opposition qui s’est illustrée au dernier parlement en votant contre des dispositions au profit de leurs mandants, notamment la loi de finances y compris après intégration de leurs amendements. Un paradoxe demeuré inexplicable mais démontrant combien la posture de parti de gouvernement aura fait défaut à ces opposants. L'épreuve du temps aura raison d'une prétention faisant valoir les Ld comme '' alternative crédible'', au delà de la seule contestation.
Ensuite, l’effondrement des forces de l’opposition marqué par le départ de six élus, qui ont retrouvé là leurs sièges grâce aux deux grandes formations qui les ont recueillis pour leur permettre de continuer leur cheminement politique autrement que sous le sceau de frustrations. Des frustrations telles que dénoncées en son temps par eux pour signifier leur départ du parti Les Démocrates. Et pas des moindres, il s’agit d’éminents militants dont certains sont des fondateurs du parti, qui se sont dévoués à sa cause avant de se trouver en butte à des considérations qui les ont amenés à quitter le navire LD. Ont été mises en relief, l'absence de démocratie interne, les dérives régionalistes, la gestion clivante du parti: autant de facteurs ayant favorisé l'auto-affaiblissement du parti avant la débâcle dans l'urne. Constatée là maintenant.
« Parti du peuple ? »
Résultat de la course, découlant de cette saignée, autres contre-productions et choix hasardeux. Le parti Les Démocrates n’a pu atteindre le seuil de 20% dans 13 circonscriptions électorales ! Avec seulement 16 % des suffrages exprimés au plan national, il s’avère que beaucoup de militants et électeurs ont tourné dos au parti de l’opposition radicale et qu’il est plus que jamais minoritaire sur la scène politique nationale. Une considération qui relativise, et très largement, la formulation de « parlement monocolore», relative à la composition de l’Assemblée nationale par le seul camp de la mouvance. Il est fatal de noter que la mise en minorité, voire l’atomisation d’un camp politique n’est pas antinomique au jeu démocratique qui, par essence, suppose une minorité et une majorité.
Aussi, grands gagnants du scrutin, confortant leur assise nationale, le Bloc républicain et l’Union progressiste le Renouveau ont également diversifié leurs composantes, avec certes des tauliers mais également de jeunes recrues. Ce qui préfigure une vivification du débat parlementaire.