La Nation Bénin...
Reine Alapini-Gansou, juge béninoise de la
Cour pénale internationale (Cpi), recommande aux États-Unis d'adoucir le ton au
sujet de la Cour. Elle a fait son plaidoyer devant l'Assemblée nationale
française, évoquant des sanctions de Washington à son encontre et à l'encontre
d'autres personnalités de l'institution judiciaire internationale.
A la tribune des Nations Unies mardi, le
président Donald Trump a appelé tous les pays membres à se retirer de la Cour
pénale internationale qu'il juge « hors de contrôle ». Le président américain
est fâché contre la Cpi à cause de mandats d'arrêt qu'elle a lancés contre
Benyamin Netanyahu, Premier ministre israélien, et son ancien ministre de la
Défense, Yoav Gallant. En dehors des États-Unis qui n'ont jamais adhéré à la
Cour, l'institution judiciaire est également sous sanction de la Russie. Moscou
a condamné des membres de la Cour, dont la juge béninoise, par contumace dans
le cadre de poursuites engagées contre des responsables de la Cpi. Ils sont 13
membres à être sous sanctions de part et d'autre depuis 2025.
Face à ce désaveu, la juge internationale béninoise, 2e vice-présidente de la Cour, a saisi la tribune de l'Assemblée nationale française, mercredi 23 septembre, pour alerter sur les menaces qui planent sur cette institution judiciaire. « Voir son nom inscrit sur une liste de hors-la-loi, quand on a consacré sa vie au droit, devrait tout de même choquer », s'indigne Mme Reine Alapini-Gansou, analysant les conséquences de ces sanctions qui la visent depuis 2025. « On ne peut plus utiliser de carte de crédit, voyager [...] Il ne nous reste plus qu'à faire du troc puisque les sanctions interdisent à toute entreprise américaine de fournir des services aux sanctionnés. Depuis ces événements, je fais attention, j'ai peur pour ma personne et surtout pour ma famille ».
Expérience bâtie dans la persévérance
Avant son entrée à la Cpi le 11 mars 2018
pour un mandat de neuf ans, la juge Reine Alapini-Gansou a passé 12 ans à la
Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, qu'elle a présidée
de 2009 à 2012. Elle a été, par ailleurs, membre de plusieurs commissions des
Nations Unies chargées d'enquêter sur des violations des droits de l'homme.
Elle a également présidé le groupe de travail conjoint sur les procédures
spéciales des Nations unies et de la Commission africaine des droits de l'homme
et des peuples.
La juge Reine Alapini-Gansou reste
optimiste face aux diverses sanctions dont elle fait l'objet de la part de
Washington et Moscou. « Ce qui nous arrive n'arrive qu'aux gens épris de
justice », a-t-elle déclaré au cours de son intervention dans la ville parisienne.
Pour finir, elle a invité chaque membre de la Cpi à « rester fidèle à son
serment ».
Reine Alapini-Gansou