La Nation Bénin...
L’effectif des éducateurs chargés d’encadrer les enfants en situation difficile se renforce. Vendredi 17 avril dernier, au cours d’une cérémonie de sortie, les élèves éducateurs de la deuxième promotion ont reçu leur diplôme à l’Ecole de formation des professions judiciaires (Efpj), sise à Abomey-Calavi.
La prise en charge des enfants en situation difficile sera mieux assurée avec la sortie de la deuxième promotion des diplômés en éducation surveillée. Après 12 mois de formation faite d’enseignements théoriques et de stage pratique, cette promotion constituée de 12 éducateurs a reçu son diplôme consacrant la fin de la formation.
A l’occasion, Bernadette Codjovi, directrice de l’Ecole de formation des professions judiciaires (Efpj), salue l’abnégation dont ont fait preuve les récipiendaires durant la formation. Selon elle, ils ont su transformer les défis du programme de formation en une belle opportunité d’acquérir le savoir, le savoir-faire et le savoir-être. Toutes choses leur conférant les compétences requises pour l’exercice de leur profession. « Avec eux, l’émulation était à son comble et leurs moyennes qui varient entre 16,16 et 14, 92 sur 20 en sont une parfaite illustration », a-t-elle apprécié en guise d’admiration pour cette promotion d’élèves éducateurs. Son admiration est davantage grande quant à la noblesse de l’éducation surveillée qu’ils vont embrasser. Un métier qui, a-t-elle précisé, les projettera au cœur de la prise en charge éducative des enfants en situation difficile, délinquants ou en danger moral et jeunes faisant l’objet d’une mesure de protection judiciaire. « Quoi de plus noble que d’être l’artisan au quotidien d’actions concernant la protection, l’accompagnement, la réhabilitation et la réinsertion des enfants en difficulté ! », s’est-elle exclamée.
Abordant le contenu de la formation, Bernadette Codjovi a indiqué qu’elle s’est déroulée en deux phases. D’une part, elle a cité la phase théorique de six mois sur le site de l’Efpj avec une vingtaine de matières. D’autre part, elle a fait mention de la phase pratique constituée d’un stage au niveau de la direction de la Protection juridique et judiciaire de l’enfance et des centres d’accueil de l’enfant et de l’adolescent en conflit avec la loi. Profitant de l’occasion, elle a exprimé sa gratitude aux enseignants et encadreurs qui leur ont transmis les connaissances techniques au cours de la formation sans oublier le personnel administratif.
Elle a exhorté les récipiendaires à se rendre disponibles pour la formation continue dans l’exercice de leur métier.
Métier noble
Pour sa part, Dalil Bankolé Arèmou Idohou, porte-parole des récipiendaires, a ressorti le sens que revêt ce métier pour eux. Ce n’est pas seulement une profession, mais c’est un engagement envers l’avenir de la jeunesse du pays et la société tout entière. Mieux encore, il a insisté sur le rôle d’un éducateur. « Le rôle d’un éducateur n’est jamais de juger mais toujours d’accompagner, d’écouter et de guider », a-t-il nuancé évoquant les réalités poignantes des enfants lors du stage. Conscients que les défis seront nombreux et le chemin difficile, les récipiendaires à travers leur porte-parole, se sont engagés à faire de leur métier un vecteur de justice, de dignité et de transformation au profit des enfants en difficulté.
Selon Florentin Gbodou, directeur de cabinet du ministre de la Justice et de la Législation, la formation du corps des éducateurs de l’éducation surveillée s’inscrit dans le cadre du processus de modernisation de la justice avec un accent sur la protection de l’enfance. Se référant aux résultats obtenus, il en a déduit que « ceux à qui sera confié le sort des enfants sont bien dans leurs têtes ». Mieux, a-t-il poursuivi, ils sont conscients de la noblesse et de la complexité de leur mission. « Ils sont à la fois les yeux, les oreilles et la tête du juge», montrant qu’ils ne sont pas faits pour le bureau. Hommes de terrain, ils sont appelés à se rendre dans les familles, les centres d’accueil, de formation et d’éducation. « Vous avez ce devoir noble de donner une éducation personnalisée à chaque enfant », a-t-il indiqué ajoutant que l’Etat compte sur eux pour l’avènement d’un citoyen de type nouveau à travers la politique de zéro enfant dans les prisons.
Après la phase protocolaire, les récipiendaires ont reçu leur diplôme, attendant désormais d’être informés sur leur lieu d’affectation.
La sortie de la deuxième promotion permettra d’améliorer la prise en charge des enfants en situation difficile