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Projet D’Inclusion des Jeunes (ProDIJ): L’innovation sociale made in Benin

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Le Bénin connaît depuis 2021 une expérience sociale inédite. Celle-ci met en branle la trilogie fonctionnelle Formation-Emploi et Insertion. Il s’agit du Projet D’Inclusion des Jeunes (ProDIJ).

Par   ProDIJ / Azôli, le 15 mai 2026 à 01h12 Durée 3 min.
#made in Benin

Ce projet est financé par le gouvernement du Bénin avec l’appui de la Banque mondiale. Il assure aux jeunes vulnérables de l’ensemble des 77 communes un avenir professionnel débouchant sur une assurance sociale. Sa cible: les jeunes Peu ou Pas Instruits (PPI) de 15 à 30 ans ayant au plus le Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC) et étant en chômage ou sous-emploi. Ce sont des milliers de jeunes que le projet s’emploie à capaciter dans des métiers de leur choix et à insérer dans les entreprises partenaires. C’est le volet emploi salarié. A la Glo-Djigbé Industrial Zone (GDIZ), ils sont plus de 18 000 jeunes, la plupart sans qualification initiale, que le programme Azôli (composante 1 du ProDIJ) mis en œuvre par l’Agence nationale pour l’Emploi (AnpE) a capacité notamment dans les entreprises textiles. Et à la GDIZ, écosystème multi industriel de pointe, nous avons rencontré Léonie, 28 ans, mère d’un enfant et amputée du pied droit suite à un accident de la circulation. Autrefois objet de stigmatisation, elle a trouvé à la GDIZ, l’asile d’une insertion professionnelle sûre. Six mois après son stage, elle a été intégrée dans la chaîne de production d’une société textile en l’occurrence la GTC. Léonie fait partie des 52 000 bénéficiaires du programme Azôli, qui a sorti de la précarité des jeunes socialement vulnérables que tout prédestinait à la misère.

Au nombre de ces 52 000 jeunes bénéficiaires, 22 000 ont choisi l’auto-emploi. Une fois formés aux compétences de vie et entrepreneuriales, ceux-ci bénéficient d’une subvention non remboursable pour leur installation, soit à titre individuel, soit avec l’appui d’un agrégateur. Ces ressources leur permettent une insertion sociale inespérée.

L’inclusion

L’inclusion est ici le leitmotiv : 3 000 jeunes handicapés sont en cours d’insertion dans les métiers de la cordonnerie ou dans des activités maraichères à l’entière charge du programme Azôli. Un autre pan de cette innovation sociale est porté par la composante 2 du ProDIJ mise en œuvre par le Fonds de Développement de la Formation Continue et de l’Apprentissage (FODEFCA). Une première innovation à forte connotation sociale : 600 jeunes filles de familles extrêmes pauvres ont été sélectionnées sur l’ensemble du territoire national et mises en apprentissage auprès des maîtres artisans. Elles perçoivent chacune pendant la durée d’apprentissage une allocation mensuelle de 30 000 FCFA. C’est une lueur d’espoir pour elles lorsqu’on sait qu’elles étaient vouées à la déperdition sociale. A celles-ci s’ajoutent 3 345 jeunes formés et ayant obtenu le Certificat de Qualification Professionnelle dans 17 métiers porteurs. Pour rendre ceci possible sans exclure les filles mères, il a été nécessaire de mettre en place des Espaces Communautaires d’Accueil des Enfants (ECAE). Ce mécanisme est venu comme la marque ProDIJ pour l’insertion des filles mères préalablement privées des opportunités de formation professionnelle ou d’emploi en raison des difficultés d’accès aux services de garde d’enfants. Ces espaces installés dans les entreprises et dans les centres de formation partenaires, et animés par les mères communautaires formées par le ProDIJ, accueillent les enfants pendant que leurs mères acquièrent, en toute quiétude, des compétences techniques en entreprise ou dans un centre technique. Toutes ces facilités accordées aux bénéficiaires traduisent la volonté ferme du gouvernement du Bénin d’adresser une cible (les Peu ou Pas Instruits) qui vivait en marge de la société. Nous sommes de plain-pied dans ce qu’il convient d’appeler une innovation sociale. C’est la première fois qu’un programme gouvernemental adresse des cibles socialement vulnérables comme les jeunes peu ou pas instruits, dont les parents n’avaient aucune possibilité de leur offrir une qualification professionnelle, à trouver le « chemin de l’emploi».

Adhésion massive

L’adhésion massive de ces jeunes vulnérables révèle un fort besoin social comblé par le ProDIJ et notamment le programme Azôli.

Mais l’innovation ne s’arrête pas là. Elle se trouve également dans la chaine de mise en œuvre du projet. A la base et donc au niveau communal, se retrouvent les 81 Responsables des Unités Locales de Promotion de l’Emploi (R/ULPE). Ils sont la porte d’entrée des jeunes Demandeurs d’Emploi au niveau de chaque commune. Ils travaillent en symbiose avec les Facilitateurs en Emploi (FE) qui sont les consultants du ProDIJ surtout sur le volet auto emploi. Ces FE et R/ULPE sont coordonnés par les chefs des 14 antennes départementales de l’Agence nationale pour l’Emploi où les Conseillers en Emploi (CE) sont aussi des contacts directs avec les jeunes Demandeurs d’Emploi. Au regard des jeunes ouvriers en stage ou contractuels à la GDIZ, l'on comprend que dans cet espace industriel se joue le futur social du Bénin ; le futur de jeunes en quête de compétences techniques et d’une élévation sociale retrouvée. Asséli, jeune fille effilée de grande taille et d’environ 23 ans, originaire de la commune de Kouandé à plus de 520 km au nord de Cotonou en est un exemple élogieux. Elle qui était exposée au mariage précoce après sa déscolarisation, fait aujourd’hui partie de ces nombreux ouvriers textiles insérés dans les industries textiles à la GDIZ. Cas patent d’une révolution sociale, Asséli survient à ses besoins, vient en aide à sa mère restée au village et épargne. La main secourable du ProDIJ et surtout d’Azôli a changé le cap social à Asséli et à de milliers de jeunes qui ont retrouvé le sourire grâce à une sécurité sociale garantie. Le Projet D’Inclusion des Jeunes reste et demeure donc le couloir d’espoir et du bien-être de ces PPI qui sont devenus d’importants acteurs économiques à la base, parce que désormais financièrement autonomes.

Source: ProDIJ / Azôli