La Nation Bénin...
Plus d’une centaine de représentants de la société civile francophone sont réunis à Cotonou pour la XVIe Assemblée plénière de la Conférence des organisations internationales non gouvernementales (Oing) accréditées auprès de la Francophonie. Ouverte ce lundi 28 septembre, la rencontre entend faire émerger des recommandations concrètes sur la paix, la résilience des territoires et la prospérité partagée, en prélude au XXe Sommet de la Francophonie prévu en novembre à Phnom Penh.
La paix ne se décrète pas, elle se construit au plus près des populations. C’est autour de cette conviction que la société civile francophone s’est réunie à Cotonou, où s’est ouverte la XVIe Assemblée plénière des organisations internationales non gouvernementales accréditées auprès de la Francophonie. Les travaux, placés sous le thème « Réinvestir dans la paix, mobiliser la société civile francophone pour une prospérité partagée, des territoires résilients et une stabilité durable », réunissent plus d’une centaine de participants venus de différents espaces de la Francophonie. Cette rencontre constitue un rendez-vous important avant chaque Sommet de la Francophonie. Elle permet aux organisations de la société civile de se concerter et de formuler des contributions et recommandations en lien avec les grandes orientations du Sommet. Les conclusions issues des travaux de Cotonou seront notamment portées à l’attention des chefs d’État et de gouvernement lors du XXe Sommet de la Francophonie prévu en novembre prochain à Phnom Penh, au Cambodge. Pendant deux jours, les participants vont également procéder au renouvellement de leur gouvernance, définir la feuille de route pour la période 2026-2028 et adopter une déclaration destinée au prochain Sommet.
À l’ouverture des travaux, le président de la Conférence des Oing de la Francophonie, Claude Musavyi, a souligné la portée de cette rencontre. Il a relevé qu’elle intervient à quelques semaines du rendez-vous des chefs d’État et de gouvernement et doit permettre à la société civile francophone de porter une parole utile, responsable et collective. Pour lui, la paix ne doit pas rester un idéal régulièrement invoqué, mais devenir une œuvre construite au quotidien dans les communautés, les territoires et les institutions. «Cette assemblée est d’abord la vôtre », a-t-il déclaré à l’endroit des délégués et représentants des organisations de la société civile. Il a insisté sur la nécessité de transformer les expériences de terrain en propositions et les engagements des organisations en actions concrètes.
Représentant la secrétaire générale de la Francophonie, l’ambassadeur Désiré Nyaruhirira, conseiller spécial, a pour sa part, insisté sur le rôle de la société civile dans l’action francophone. Selon lui, depuis plus de deux décennies, la Conférence des Oing constitue un espace privilégié de dialogue entre la Francophonie et les organisations de la société civile. Il a rappelé que ces organisations sont au contact direct des populations, portent des initiatives, alertent sur les difficultés rencontrées sur le terrain et proposent des réponses. Cette proximité, estime-t-il, doit permettre à la société civile de contribuer davantage à la recherche de solutions concrètes aux défis auxquels sont confrontés les pays de l’espace francophone.
Espace de dialogue
Désiré Nyaruhirira a également évoqué le renforcement du cadre institutionnel de la Conférence des Oing, notamment à travers la révision des directives régissant les relations entre la Francophonie et les organisations non gouvernementales ainsi que celle du règlement intérieur. Le renouvellement du comité de suivi pour la période 2026-2028 devra, selon lui, ouvrir une nouvelle étape placée sous le signe de la collégialité, de la responsabilité et d’une ambition partagée. Le thème de la rencontre prend, à ses yeux, une importance particulière dans un contexte marqué par les crises, les fractures sociales et les difficultés auxquelles fait face le multilatéralisme. La paix, a-t-il soutenu, ne peut relever de la seule responsabilité des États et des institutions. Elle se construit également dans les territoires, au sein des communautés et à travers le dialogue et l’engagement citoyen.
Franck Armel Afoukou, représentant la ministre des Affaires étrangères, a souligné l’honneur que représente pour le Bénin l’accueil de cette XVIe Assemblée plénière et réaffirmé l’attachement du pays aux valeurs de la Francophonie, notamment le dialogue, la solidarité, la coopération, le respect de la diversité et l’engagement citoyen. Dans son intervention, il a relevé que les organisations de la société civile jouent un rôle essentiel dans la cohésion sociale, la défense des droits fondamentaux et la prévention des tensions. Leur proximité avec les populations leur permet, selon lui, de faire remonter les préoccupations et les attentes des citoyens et de contribuer à la recherche de réponses adaptées aux réalités locales. Le représentant de la ministre des Affaires étrangères a également rappelé certaines réformes engagées au Bénin concernant le cadre juridique des associations et fondations, avec l’adoption de la loi 2025-19 du 22 juillet 2025 et du décret 2025-575 du 24 septembre 2025. Il a également évoqué la réforme territoriale engagée récemment avec la création de six pôles de développement destinés à valoriser les potentialités locales et à renforcer l’attractivité des territoires. Les échanges de Cotonou devront ainsi déboucher sur des recommandations destinées au prochain Sommet de la Francophonie. Une attention particulière est attendue sur la paix, la résilience des territoires, la prospérité partagée, ainsi que sur la place des jeunes et des femmes dans les dynamiques de développement. En ouvrant officiellement les travaux, le représentant de la ministre des Affaires étrangères a appelé les participants à faire de cette rencontre un espace de dialogue, de réflexion et d’engagement en faveur d’une Francophonie davantage tournée vers l’action et la solidarité.
La rencontre entend faire émerger des recommandations concrètes sur la paix, la résilience des territoires et la prospérité partagée