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Tabaski 2026: La communauté Ahmadiyya appelle à prioriser le partage à Djèrègbé

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Les fidèles de la communauté Ahmadiyya lors de la prière de la fête de la Tabaski, ce mercredi à Djèrègbé Les fidèles de la communauté Ahmadiyya lors de la prière de la fête de la Tabaski, ce mercredi à Djèrègbé

Réunis, ce mercredi 27 mai à Djèrègbé, dans le département de l’Ouémé, les fidèles de la Jama’At Islamique Ahmadiyya de ce département ont célébré l’Aïd-el-Kébir, communément appelé Tabaski. À travers sermons, prières et messages de paix, les responsables religieux ont insisté sur la dimension spirituelle de cette fête, fondée sur le sacrifice, l’humilité et la solidarité envers les plus démunis.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 28 mai 2026 à 08h16 Durée 2 min.
#Tabaski 2026

Dans une ambiance de ferveur religieuse et de recueillement, les fidèles de la Jama’At Islamique Ahmadiyya de l’Ouémé se sont mobilisés à Djèrègbé, non loin de Porto-Novo, pour la grande prière de la Tabaski. Occasion de célébration majeure dans l’islam, l’Aïd el-Kébir commémore, l’acte de foi du prophète Abraham prêt à sacrifier son fils Ismaël par obéissance à Dieu.

Après la prière proprement dite, Adio Loukman Bisiriou, Amir et président de la communauté islamique Ahmadiyya du Bénin, a rappelé, dans son sermon, la portée spirituelle de cette fête. Selon lui, la Tabaski ne se limite pas à l’immolation d’un animal.

« La chair de l’animal ne va pas vers Dieu, le sang de l’animal ne va pas vers Dieu, mais c’est votre crainte révérencielle d’Allah qui va vers Dieu », a-t-il expliqué, s’appuyant sur les enseignements du Saint Coran. Pour le guide religieux, le véritable sacrifice demandé au croyant est celui de l’égo, du « moi instigateur du mal ». Il a exhorté les fidèles à combattre leurs mauvais penchants afin de vivre en harmonie avec leurs semblables et avec les commandements divins.

Abordant la question du sacrifice du mouton, l’Amir a précisé que l’essentiel ne réside pas dans la quantité de l’animal tué ou du lieu de l’immolation, mais dans l’esprit de partage qui accompagne l’acte. Il a rappelé que la viande doit être répartie en trois et partagé entre la famille, les proches et les personnes vulnérables, sans distinction de religion ou d’origine sociale.

« Lorsque vous immolez le mouton, vous devez nécessairement partager la viande avec les membres de votre famille, les plus démunis et les voisins, quelle que soit leur appartenance religieuse », a-t-il indiqué. Le responsable religieux a également précisé que chaque fidèle ayant les moyens peut accomplir le sacrifice du mouton à domicile ou dans un cadre approprié respectant les normes sanitaires.

Présent à cette célébration, le fidèle musulman Casimir Kpokpohola a, quant à lui, fait un témoignage empreint de spiritualité. Chrétien de naissance, il a rejoint la communauté Ahmadiyya en 1983 et y a occupé plusieurs responsabilités au fil des années. Pour lui, la Tabaski constitue avant tout « un rappel d’un engagement spirituel » fondé sur le sacrifice du prophète Abraham, figure commune aux religions monothéistes.

« Les rituels ne sont que des images. Le contenu est la chose la plus prépondérante », a-t-il déclaré, soulignant que cette fête doit conduire le croyant à une élévation de la foi et à une transformation positive de son comportement au sein de la société. Dans leurs messages aux musulmans du Bénin et du reste monde, Casimir Kpokpohola et les missionnaires Rana Yasar Mahmood et Mirza Farhan Ahmad Baig ont insisté sur la nécessité de cultiver l’amour de l’humanité et de rechercher les faveurs divines à travers des actes de paix, de fraternité et de solidarité.

À Djèrègbé, la célébration de la Tabaski 2026 aura ainsi été marquée par des appels à la purification intérieure, au vivre-ensemble et à l’entraide sociale, des valeurs que la Jama’At Islamique Ahmadiyya promeut au sein de la société béninoise.