La Nation Bénin...
L'Agence des systèmes d'information et du numérique (Asin) a organisé, un atelier de consultation sectorielle consacré aux projets de Politique d'architecture des systèmes d'information de l'État (Pasi) et de Politique de développement et d'intégration des applications de l'État (Pdaie), ce mardi 30 juin à Cotonou.
Les multiples plateformes numériques développées ces dernières années par les administrations publiques ont considérablement modernisé les services rendus aux usagers. Mais cette dynamique s'est souvent construite de manière sectorielle, chaque institution, collectivité locale ou ministère, développant ses propres applications selon ses besoins, sans toujours tenir compte d'une vision globale de l'architecture numérique de l'État. C'est pour corriger cet état de choses que l'Agence des systèmes d'information et du numérique (Asin) a engagé l'élaboration de deux politiques structurantes destinées à harmoniser les pratiques et à renforcer l'interopérabilité des systèmes d'information publics. A l’ouverture des travaux, Marc-André Loko, directeur général de l'Asin, a rappelé l'importance de cette démarche participative avant la finalisation des deux référentiels stratégiques. L'objectif est de doter l'administration béninoise d'un cadre cohérent permettant d'assurer une meilleure gouvernance des projets numériques et d'éviter la multiplication de solutions isolées. Cette consultation sectorielle poursuit trois objectifs majeurs à savoir présenter les projets de Politique d'architecture des systèmes d'information de l'État (Pasi) et de Politique de développement et d'intégration des applications de l'État (Pdaie) aux parties prenantes, recueillir les observations et retours d'expérience des Directions des systèmes d'information (Dsi) des différents ministères et structures publiques, puis identifier les derniers arbitrages avant la production des versions définitives des documents.
Procesus inclusif
Au cours des échanges, Babatoundé Aloa Adjassa, expert en politique publique numérique, a expliqué la philosophie qui sous-tend ces deux politiques. A l’en croire, la transformation numérique engagée par le Bénin a permis l'émergence de nombreuses plateformes développées aussi bien par les ministères que par les agences publiques ou les collectivités territoriales. Cette diversité constitue une richesse, mais elle soulève également des défis de cohérence, de compatibilité et d'intégration. Pour illustrer cette réalité, l'expert a comparé le développement actuel des applications publiques à la construction d'un village où chaque habitant bâtirait sa maison sans plan d'aménagement préalable. « Si chacun construit librement sans organisation, il n'y aura plus d'espaces communs, plus de voies de circulation ni d'aménagement harmonieux», relève-t-il, soulignant que le même risque existe dans l'univers numérique lorsque les systèmes d'information évoluent sans cadre partagé. L'ambition de la Pasi est précisément d'« urbaniser » le système d'information de l'État.
Il s'agit de définir les principes d'organisation, les règles techniques, les standards et les orientations qui permettront aux différentes administrations de développer leurs solutions numériques dans un environnement cohérent, sécurisé et évolutif. A cette architecture vient s'ajouter la Politique de développement et d'intégration des applications de l'État (Pdaie), appelée à encadrer les modalités de conception, d'acquisition, de développement et d'intégration des applications informatiques utilisées par les services publics. Au-delà des aspects techniques, les deux politiques devraient permettre d'améliorer l'interopérabilité entre les applications administratives, de limiter les duplications de solutions, de rationaliser les investissements informatiques et de renforcer la qualité des services numériques proposés aux usagers. Les experts de l'Asin ont insisté sur le caractère inclusif du processus d'élaboration des deux politiques. Avant cette consultation sectorielle, plusieurs séances de travail ont été organisées avec les directions des systèmes d'information des différentes administrations afin de recueillir leurs attentes et expériences. Les équipes chargées de la rédaction se sont également appuyées sur les bonnes pratiques observées dans plusieurs pays ayant déjà engagé l'urbanisation de leurs systèmes d'information. Les textes juridiques en vigueur au Bénin ont par ailleurs été analysés afin de garantir la conformité des futurs référentiels au cadre réglementaire national.
L'atelier de Cotonou constitue ainsi une étape décisive de validation participative avant la transmission des versions finales au ministère du Numérique et de la Digitalisation. Pour l'Asin, cette harmonisation constitue une étape essentielle vers un État numérique plus performant, où les applications publiques pourront communiquer entre elles, évoluer dans un cadre sécurisé et offrir aux citoyens des services toujours plus efficaces.
Cette rencontre, qui a réuni les principaux responsables des systèmes d'information des ministères, institutions, agences et collectivités territoriales, marque donc une nouvelle étape dans la volonté du gouvernement de doter l'administration publique d'un cadre de référence commun pour le développement des solutions numériques.
L'Asin engage l'élaboration de deux politiques pour renforcer l'interopérabilité des systèmes d'information