La Nation Bénin...
Le Conseil des ministres du mercredi 22 avril a autorisé l’élaboration d’une stratégie nationale visant à moderniser l’adressage des voies et des portes au Bénin. Une réforme structurante qui ambitionne de renforcer la planification urbaine, la gestion des données territoriales et l’accès aux services essentiels dans les zones en forte croissance.
C’est une réforme discrète dans sa formulation, mais majeure dans ses implications. Le Conseil des ministres du mercredi 22 avril a autorisé l’élaboration d’une stratégie nationale pour la normalisation et l’encadrement de l’adressage des voies et des portes au Bénin.
Derrière cette décision technique se dessine l’ambition de moderniser la gestion du territoire national à travers un système d’identification fiable, structuré et adapté aux réalités urbaines contemporaines. Dans un contexte d’urbanisation rapide, notamment dans les zones côtières, l’État entend mieux organiser l’espace et améliorer la qualité de la planification publique.
Selon le relevé du Conseil, la mise en œuvre des actions concertées des pouvoirs publics en matière d’infrastructures de base et de logements nécessite une connaissance fine du territoire. Cette exigence est d’autant plus importante que certaines communes connaissent une forte pression démographique et une expansion rapide des zones de construction. Pour répondre à ces défis, il devient indispensable de disposer de bases de données territoriales et sectorielles fiables, capables de soutenir les politiques publiques en matière de développement urbain et d’accès aux services essentiels comme l’eau, l’électricité, la santé ou encore la sécurité.
Face à ces enjeux, le gouvernement estime qu’une stratégie nationale de gestion et d’encadrement de l’adressage des voies et des lieux de vie s’impose comme une priorité. L’objectif est de mettre en place un système cohérent, harmonisé et durable, permettant d’identifier clairement chaque rue, chaque parcelle et chaque habitation. Ce dispositif vise également à réduire les difficultés liées à la localisation des domiciles et des entreprises, un problème encore fréquent dans plusieurs localités du pays, freinant parfois les interventions des services publics et privés.
Le projet va plus loin en intégrant une dimension technologique et participative. Il prévoit la mise en place d’un système d’adressage innovant, numérique et géolocalisé dans les communes. Cette approche moderne devrait permettre une meilleure cartographie du territoire et une gestion plus efficace des données urbaines. Elle s’inscrit également dans la dynamique de transformation numérique de l’administration publique, en facilitant l’interconnexion entre les différentes bases de données sectorielles.
Pour assurer la concrétisation de cette ambition, le Conseil des ministres a autorisé une mission spécifique confiée à un cabinet spécialisé. Cette expertise externe aura pour tâche d’accompagner l’État dans la conception et l’implémentation du dispositif. Dans un premier temps, le projet sera déployé dans les grandes zones urbaines du pays, notamment dans les communes du Grand-Nokoué que sont Abomey-Calavi, Cotonou, Ouidah, Porto-Novo et Sèmè-Podji, ainsi qu’à Parakou, considérée comme la principale métropole du nord.
Cette phase pilote permettra d’évaluer la faisabilité du système, d’ajuster les outils techniques et de préparer une extension progressive à l’ensemble du territoire national. À terme, cette réforme devrait contribuer à une meilleure organisation de l’espace urbain, à une amélioration des services publics et à une plus grande efficacité des politiques de développement. Une étape supplémentaire dans la modernisation de la gouvernance territoriale au Bénin.
Il sera désormais plus facile de se retrouver dans les rues des villes ciblées