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Adhésion du Bénin: à l'Upov 91: Des OSC s'y opposent

Environnement

En prélude à la Journée mondiale de la Biodiversité, le réseau Jinukun a une fois de plus débattu le samedi 20 mai dernier, de l'adhésion du Bénin à l'UPOV 91. Il exprime à ce sujet des inquiétudes. 

Par   Fulbert Adjimehossou, le 23 mai 2023 à 13h52 Durée 2 min.

"Sens, enjeux, risques, conséquences de l'Upov 1991. À qui cela profite-t-il ?", la société civile continue de se poser des questions concernant l'adhésion du Bénin à l'Acte de 1991 de la Convention internationale pour la protection des obtentions végétales (Upov). « Nous parlons de semences qui doivent remplir des critères d'homogénéité, de nouveauté et de stabilité. Les semences doivent ressembler à des organismes vivants identiques. C'est se moquer ainsi de la nature. Lorsque les semences sont homogènes, elles deviennent facilement vulnérables aux attaques", s'insurge Patrice Sagbo, membre du réseau national pour une gestion durable des ressources génétiques (Jinukun). C'est la troisième fois en un mois que la société civile se réunit après l'inscription à l'ordre du jour de la première session ordinaire parlementaire de l'année du projet de loi portant autorisation d’adhésion à l'Acte de 1991 de la Convention internationale pour la protection des obtentions végétales (Upov). Cette fois-ci, une conférence publique a réuni des experts nationaux et internationaux. Face aux risques, le réseau Jinukun, présidé par Pierre Bediyé, prend position.
Selon la déclaration lue, si, comme le montrent les études, le Bénin ne bénéficie pas du régime des droits d'obtenteur de l'Oapi, il est difficile de voir comment une adhésion individuelle à l'Upov pourrait l'aider. « Pire, si le Bénin adhère à l'Upov de son propre chef, cela ouvrira probablement le pays à une pression directe de l'industrie semencière mondiale, qui est contrôlée à 62 % par quatre géants de l'agrochimie. Seulement 10 à 20 % des semences utilisées en Afrique proviennent de l'industrie semencière. L'élargissement de l'Upov changera la donne au détriment de la souveraineté alimentaire de l'Afrique », craint Jinukun.
La société civile demande aux pays africains de soutenir le développement et la protection des systèmes semenciers qui sont «fermement entre les mains des paysans ». En 2019, le parlement avait reporté l'examen du dossier Upov 1991. Aujourd’hui, Jinukun demande «respectueusement » au gouvernement du Bénin de retirer son projet d’adhésion à l’Upov 1991 de la table des députés et de revoir, avec les organisations de la société civile, les meilleures mesures à prendre.