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Editorial de Paul AMOUSSOU: Anachronisme

Chroniques
Editorial de Paul Amoussou Editorial de Paul Amoussou

Ainsi donc, les juntes militaires d’Afrique de l’ouest entendent se retirer de la Cedeao, l’instance sous-régionale d’intégration dont le tort reste l’impression d’une rigueur à faire valoir les normes communautaires. Ils ont les foutaises, pour dire trivialement les choses, afin de bien se faire comprendre de ces régimes militaires qui nous renvoient à nos vieux démons autocratiques.

 Aussi, les arguments avancés, par ces putschistes, décomplexés, transgressifs et outrecuidants à souhait, qui bordelisent notre sous-région, pour justifier leur retrait, sont-ils irrecevables. A bien des égards.

La Cedeao est la résultante de ce que ces Etats en ont fait, y compris ceux qui trouvent opportunément des griefs aujourd’hui à lui opposer. Il y a de bonnes pratiques et de moins bonnes pratiques, à mettre à l’actif ou au passif de la Cedeao. De là à jeter le bébé avec l’eau du bain? Il y a un pas à ne pas franchir avec légèreté. Cela n’est possible sans exécuter l’idée cynique suivant laquelle pour noyer son chien on l’accuse de rage.

C’est, en l’occurence, ce qu’il convient de retenir de la démarche des dirigeants de fait du Mali, du Burkina Faso et du Niger, qui s’illustrent à travers un acte de sabordage d’un bien commun. Certes encore en construction, d’où ces points de fragilité observés, mais auquel il nous faut tenir comme à la prunelle de nos yeux et progresser. Plutôt que de nous inscrire dans une démarche de remise en cause destructrice. Pour du reste des motifs fallacieux.

A l’instar des trois pays dont la motivation de retrait de la Cedeao ne tient qu’à la fuite en avant par laquelle leurs dirigeants s’illustrent ! Celle d’officiers accros du pouvoir, qui manœuvrent, et font à cette fin feu de tout bois pour se soustraire aux normes communautaires. Des normes incompatibles avec l’agenda de ces putschistes qui se montrent réfractaires à l’idée d’un retour à l’ordre démocratique ! Et qui, pour cela, sont prêts à tout, y compris sacrifier les intérêts de leurs pays et des paisibles populations à circuler librement avec leurs biens dans un espace où elles se sentent chez elles.

Alors que partout sont célébrées les vertus de l’intégration régionale, que partout on s’évertue à lever les barrières douanières, c’est pour un modèle archaïque qu’optent ces putschistes qui se targuent pourtant de mener une révolution pour laquelle ils déploient une débauche d’énergie étonnante. Pour des prunes. Non sans laisser plus d’un sceptiques quant à la perspective envisagée de pseudo “libération” qui se confond curieusement à une forme cahotique d’aliénation !

Par   Paul AMOUSSOU, le 02 févr. 2024 à 13h27 Durée 2 min.
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