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Editorial de Paul AMOUSSOU: Conférence présidentielle

Chroniques
Editorial de Paul AMOUSSOU Editorial de Paul AMOUSSOU

Opération de séduction ou occasion voulue pour opérer des déminages avisés? Dans tous les cas, le temps d’une conférence de presse animée par Patrice Talon reste du pain bénit. Les brûlots au plan international et au plan national rendent l’exercice d’autant plus intéressant que Patrice Talon, tout à son aise, a abordé les sujets sans langue de bois, de façon décomplexée. C’en est même quelque peu étonnant, qu’il se lâche à propos des questions sensibles telles les secousses sismiques auxquelles l’instance ouest-africaine d’intégration, la Cedeao, est confrontée.

De la révision de la Constitution projetée dont il jure ne pas vouloir, de la correction du code électoral indiquée par le juge constitutionnel à propos de laquelle il se fait circonspect, des tumultes au sein de la Cedeao qui le peinent avoue-t-il...Patrice Talon ne s’est pas dérobé aux questions des journalistes hier à la présidence de la République. Et sans fioritures, il a éclairé la lanterne de ses vis-à-vis, avec la minutie qui le caractérise, si bien qu’il faut se demander pourquoi il s’est fait préjudice jusque-là en ne se livrant pas à cet exercice bien souvent. Cela aurait eu le mérite d’éclairer l’opinion qui se laisse aller à de folles spéculations et aux manipulations sur certaines des options de sa gouvernance.

En huit ans, pour avoir voulu laisser les faits et actes parler pour elle, la gouvernance de Talon a beaucoup souffert d’incompréhensions faisant le lit des interprétations erronées et de la désinformation. Les soudures opérées par le porte-parole du gouvernement, quoique très pédagogiques et bien que ce dernier tient ses arguments de source, n’ont pas vocation à avoir  le même poids ni la même portée que la parole du chef. C’est bien pour cela que les locataires de la Maison-Blanche, de l’Elysée ou du 10 Downing street ponctuent leurs actions par des prises de parole régulières, afin de déminer ce qui doit l’être par leur leadership.

Hier, d’avoir répondu sur une préoccupation qui fait polémique, et portant sur la mise à la retraite d’office qui nourrit les chroniques, s’est avéré plus que pédagogique et vient lever les équivoques les plus troublantes! Il en est de même de la nomination de ministres conseillers et des sanctions infligées par la Cedeao et rigoureusement observées par le Bénin. D’expliquer le cadre dans lequel s’inscrit la rigueur imprimée contre les putschistes, aura permis de savoir qu’elle ne répondait à aucune insensibilité assumée. Mais à quelle fin il en serait ainsi, s’est du reste interrogé Patrice Talon qui confie à ce propos sa conscience du malheur qui frappe, ce faisant, les peuples frères, notamment le peuple  du Niger et qu’il n’est “pas maso” et qu’il aspire à être aussi aimé et adulé. Mais de devoir mettre à la retraite d’office des compatriotes exerçant dans la fonction publique ou de prendre des sanctions contre des Etats en marge des normes communautaires, ne sont pas des décisions prises par plaisir ou légèreté, soutient-il. Dont acte. On ne gouverne pas d’ailleurs en regardant la rue, soutenait le Général de Gaulle, c’est-à-dire en s’appropriant les opinions populaires, mais en faisant le ‘’sale job’’, celui d’éboueur de la République si nécessaire !

Par   Paul AMOUSSOU, le 09 févr. 2024 à 16h12 Durée 3 min.
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