La Nation Bénin...
Dans l'Évangile d'aujourd'hui, nous voyons les pharisiens et les scribes réprimander Jésus sous prétexte que ses disciples ne jeûnent pas, alors que ceux de Jean-Baptiste et des pharisiens jeûnent et font des prières. Cette remarque a donné à Jésus l'occasion d'un enseignement profond sur le véritable but des pratiques spirituelles. Le jeûne et les autres disciplines spirituelles n'ont aucune importance en soi sans leur but ultime. Nous jeûnons dans un but précis ; nous faisons l'aumône dans un but précis. Ce but est d'être profondément connectés à notre Créateur, qui est notre Époux, que nous désirons « comme un cerf altéré cherche l'eau vive ». Et tant que l'Époux est avec eux, les invités de la noce n'ont pas besoin de jeûner.
Or, depuis l'Ascension, l'Époux nous a été enlevé, c'est pourquoi nous aspirons à lui à travers le jeûne. Cela signifie jeûner non seulement de nourriture, mais avant tout de faire ce qui est mal devant notre Seigneur. Oui, nous devons nous abstenir d'être nuisibles envers notre prochain, nous devons jeûner de la cupidité, du vol de ce qui appartient au bien commun, et de toute forme de péché. Ce jeûne spirituel est la véritable couronne du jeûne physique, qui ne sert pas à grand chose s'il est déconnecté de son but spirituel. En tant que chrétiens, et en tant que moines ou religieux, nous avons besoin de ce jeûne spirituel pour parfaire nos sacrifices physiques, de peur d'entendre plus tard cette terrible sentence : « C'est cela qu'il fallait pratiquer, sans négliger le reste. »
En vérité, Jésus apporte une nouveauté profonde — un sens nouveau— au jeûne et, en fait, à l'ensemble de la Loi. Il nous a apporté l'esprit de la Loi, car la lettre de la Loi ne signifie rien sans l'Esprit. C'est pourquoi Il dit dans l'Évangile selon saint Jean : « C'est l'Esprit qui fait vivre, la chair n'est d'aucune utilité. » C'est aussi pourquoi il est écrit dans le même Évangile : « La loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.» La grâce et la vérité sont l'esprit même de cette nouveauté, qui doit être conservée dans des outres neuves. Par conséquent, frères et sœurs, ne nous attachons pas seulement à la lettre de la Loi, mais surtout à la nouveauté de l'Esprit, afin que nos vies quotidiennes soient renouvelées et transformées en Jésus-Christ notre Seigneur. Amen !
Frère Clément Sobakin du Monastère Notre-Dame du Kokoubou, Parakou, Bénin.