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LANGUES MATERNELLES: Le fongbé peut-il devenir une langue de l’intelligence artificielle ? La recherche dit oui, mais les données manquent encore

Numérique
Une étude consacrée aux ressources disponibles en haoussa et en fongbé dresse un état des lieux Une étude consacrée aux ressources disponibles en haoussa et en fongbé dresse un état des lieux

À l’heure où l’intelligence artificielle s’impose dans les usages quotidiens, une nouvelle bataille se joue pour les langues africaines : celle de leur présence dans les données numériques. Une étude scientifique publiée en 2026 montre que le fongbé dispose déjà de ressources pour le traitement automatique du langage, notamment vocales, mais que leur diversité et leur volume restent insuffisants. Au Bénin, cette question prend une dimension stratégique.

Par   Dossi Wêsinka Nonfon (Coll.), le 03 sept. 2026 à 14h39 Durée 5 min.
#Une étude consacrée aux ressources disponibles en haoussa et en fongbé dresse un état des lieux #LANGUES MATERNELLES

Pendant que les intelligences artificielles apprennent à traduire, transcrire des conversations, reconnaître des voix ou générer du texte, une question demeure : quelles langues ont suffisamment de données pour être comprises par les machines ?

Une étude consacrée aux ressources disponibles en haoussa et en fongbé dresse un état des lieux. Le haoussa bénéficie d’un écosystème plus développé, notamment sur le plan textuel. Le fongbé dispose, lui, de ressources récentes, particulièrement vocales, mais manque encore de textes diversifiés couvrant suffisamment de domaines. Il reste ainsi une langue « à faibles ressources », avec des données numériques encore limitées.

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Une langue doit devenir une donnée

 

Pour apprendre une langue, une IA a besoin de données : phrases, conversations, récits, articles, contenus éducatifs ou administratifs, mais aussi enregistrements de voix et transcriptions. Un dictionnaire numérique est utile, mais ne suffit pas à entraîner des systèmes capables de comprendre une langue dans toute sa richesse.

Le Bénin commence toutefois à constituer ce patrimoine numérique. En 2025, l’Agence des systèmes d’information et du numérique (Asin) et l’Institute for Inclusive Digital Africa (Iidia) ont lancé « JaimeMaLangue », un projet visant à construire une base de données vocales consacrée aux langues béninoises. La phase pilote s’est appuyée sur le fongbé.

 

L’initiative rejoint d’autres efforts de digitalisation. IamYourClounon a notamment lancé en 2025 un dictionnaire numérique revendiquant plus de 20 000 mots et expressions.

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De la préservation à la souveraineté numérique

 

Ces initiatives changent la manière de penser la préservation linguistique. Une langue doit désormais pouvoir être écrite, recherchée, transcrite, traduite et reconnue par les technologies.

L’enjeu dépasse le fongbé. Les langues africaines peu représentées dans les données risquent de rester en marge des outils numériques qui façonnent l’accès à l’information et aux services.

Pour le fongbé, les premières briques existent. Le prochain défi est de changer d’échelle : produire davantage de textes et de données vocales, diversifier les corpus, les annoter et garantir leur gouvernance.

La bataille pour les langues maternelles se joue donc aussi dans les données. Demain, la capacité d’une langue à être comprise par une machine pourrait compter autant que sa capacité à être transmise par une famille.