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Excision : du buzz numérique à l’urgence de la loi au Mali

Numérique
L’actualité rappelle l’ampleur du phénomène. L’actualité rappelle l’ampleur du phénomène.

Depuis la mi-août, l’excision s’est imposée dans les conversations numériques ouest-africaines. Au départ centrée sur une campagne intitulée « Oui à l’excision », la polémique s’est déplacée vers la désinformation, la religion, la culture et surtout le vide juridique malien. Une évolution qui dépasse largement les réseaux sociaux.

Par   Dossi Wêsinka Nonfon (Coll.), le 03 sept. 2026 à 11h04 Durée 4 min.
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Tout est parti des réseaux sociaux. Au Mali, des affiches et publications favorables à l’excision ont commencé à circuler à la mi-août, avec des slogans comme « Oui à l’excision » et « Nous voulons la protéger ». Plusieurs comptes, dont celui d’un internaute se présentant comme prêcheur installé en Espagne, ont relayé des arguments religieux en faveur de la pratique.

La riposte féministe ne s’est pas fait attendre. Une journée de mobilisation contre l’excision a été organisée le 22 août, tandis que les contenus favorables à la pratique continuaient de circuler. Mais depuis, le débat a changé de nature.

Du viral au juridique

 

Une affirmation largement relayée sur TikTok annonçait qu’une nouvelle loi malienne interdisait désormais l’excision et la punissait de dix ans de prison. Une vérification publiée fin août a établi que cette information était trompeuse : le Code pénal promulgué en décembre 2024 ne mentionne pas explicitement les mutilations génitales féminines, même si certaines dispositions peuvent permettre des poursuites.

 

Le 26 août, la Commission nationale des droits de l’Homme du Mali a justement demandé l’adoption d’une loi spécifique criminalisant les mutilations génitales féminines, estimant que le vide juridique constitue un frein majeur à leur éradication.

Au Bénin, la situation juridique est différente. La loi de 2003 interdit toutes les formes de mutilations génitales féminines et prévoit des sanctions renforcées lorsque la victime est mineure. La loi de 2021 les classe également parmi les infractions à raison du sexe.

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Une pratique loin d’être résolue

 

L’actualité rappelle l’ampleur du phénomène. L’UNICEF estime que 89 % des Maliennes de 15 à 49 ans ont subi une mutilation génitale féminine. Au niveau mondial, plus de 230 millions de filles et de femmes vivent avec ses conséquences et 4,5 millions de filles étaient encore exposées au risque en 2026.

Au Bénin, la dernière enquête nationale quantitative disponible, datant de 2014, estimait la prévalence à 9,2 % chez les femmes de 15 à 49 ans.

La polémique numérique s’est donc essoufflée, mais elle a laissé une question de fond : à l’heure où les réseaux peuvent banaliser une pratique en quelques clics, les États disposent-ils des outils juridiques et numériques nécessaires pour empêcher son retour dans l’espace public ?