La Nation Bénin...

AFRIQUE — CRÉATION DE CONTENU: Ils façonnent l’opinion en ligne, mais qui protège les créateurs africains ?

Numérique

Ils divertissent, sensibilisent, commentent l’actualité et influencent les choix du public. Mais derrière leur visibilité, les créateurs de contenu évoluent dans un environnement encore fragile. Une étude de l’UNESCO publiée le 1er septembre 2026 en Afrique du Sud met en évidence ce paradoxe : leur rôle dans l’écosystème de l’information grandit plus vite que les dispositifs destinés à les accompagner.

Par   Dossi Wêsinka NONFON (Coll.), le 03 sept. 2026 à 12h22 Durée 4 min.
#création de contenu #création de contenus

Menée auprès de 48 créateurs, avec 11 entretiens approfondis, l’étude révèle des lacunes en formation, en éducation aux médias et à l’information et en connaissance des règles applicables au numérique. Seulement 10,4 % des répondants avaient bénéficié d’une formation en éducation aux médias. Près des deux tiers connaissaient peu ou pas les standards internationaux relatifs à la liberté d’expression. Et 36 % ne vérifiaient pas systématiquement les informations avant de les partager.

Le problème dépasse cependant les compétences. Algorithmes, modération, partenariats commerciaux, monétisation et attentes des audiences influencent ce qui est produit, diffusé et rendu visible. L’UNESCO relève aussi l’exposition importante des créateurs aux violences numériques et recommande des formations pratiques, des réseaux d’entraide et un meilleur accès aux cadres juridiques.

Zone publicitaire

Et au Bénin ?

 

Le pays n’est pas sans réponse. Les créateurs sont déjà concernés par le Code du numérique, le droit d’auteur et les règles encadrant les médias en ligne. La HAAC forme également les promoteurs de médias numériques à leurs responsabilités, notamment face à la désinformation et aux discours de haine.

Surtout, le débat sur une reconnaissance professionnelle est désormais posé. En août 2025, un projet présenté à la HAAC proposait de reconnaître officiellement les « influenceurs et créateurs de contenus digitaux », notamment à travers des formations et des certifications sur le cadre légal, l’éthique et la déontologie.

En 2026, une autre étape est apparue avec le lancement de l’UNICC, l’Union Nationale des Influenceurs, Créateurs & Acteurs des Industries Culturelles et Créatives du Bénin. L’organisation affirme vouloir structurer, valoriser et protéger cette communauté et a notamment adopté une charte d’influence responsable.

Le chantier n’est donc plus de savoir si les créateurs doivent être considérés comme des acteurs professionnels. Ils le sont déjà dans les faits. La question est désormais de savoir comment transformer cette influence en activité mieux encadrée : contrats, revenus, fiscalité, propriété intellectuelle, formation, protection contre les violences numériques et responsabilité éditoriale.

Le Bénin a commencé à poser les briques. Reste à construire l’édifice.