La Nation Bénin...
Le Bénin figure à la troisième place du
premier Africa AI Governance Index. Derrière cette performance se cache un
autre enjeu : faire de cette avance dans la gouvernance une réalité pour les
citoyens, les entreprises et les institutions.
Le Bénin ne manque pas d’ambition dans le domaine de l’intelligence artificielle. Sa troisième place dans le premier Africa AI Governance Index en apporte une nouvelle illustration. Mais au-delà de ce classement, l’enjeu est désormais de savoir si les cadres mis en place permettront de produire des effets concrets pour les citoyens, les entreprises et les institutions.
Publié par l’Africa AI Policy Lab, une
initiative de Lawyers Hub, le rapport évalue les 54 pays africains sur huit
domaines. Il examine notamment les politiques publiques, les règles, les
infrastructures, les compétences, l’éthique et la capacité des États à mettre
leurs décisions en pratique. Avec 2,58 points sur 4, le Bénin arrive derrière
le Rwanda (3,25) et le Nigeria (2,81).
Une avance à consolider
Le résultat béninois tient en grande partie à la place accordée à la stratégie et à la vision. Le pays obtient la note maximale de 4 sur 4 dans ce domaine, selon le rapport. Cette performance traduit l’existence d’un cadre qui donne une direction aux politiques publiques sur l’IA.
Mais une stratégie ne suffit pas. C’est
même l’un des principaux enseignements de l’étude. À l’échelle du continent,
les pays obtiennent leurs meilleurs résultats sur la stratégie et la vision. En
revanche, la mise en œuvre et l’impact restent le maillon faible. Aucun des
grands ensembles régionaux africains n’atteint la moyenne de 2 sur 4.
Le vrai test commence maintenant
Pour le Bénin, la question est donc simple : comment transformer cette avance sur le papier en progrès visibles dans la vie quotidienne ?
Cela passe par la formation de spécialistes, le soutien à la recherche et aux entreprises locales, la protection des données personnelles et des mécanismes capables de contrôler les usages de l’IA. Le pays devra aussi veiller à ce que cette technologie ne creuse pas davantage les inégalités entre ceux qui maîtrisent les outils numériques et ceux qui en restent éloignés.
Le classement offre ainsi une
reconnaissance au Bénin. Il constitue surtout une invitation à aller plus loin.
Car une bonne gouvernance de l’IA ne se mesure pas seulement à la qualité des
textes adoptés. Elle se juge aussi à la capacité d’un pays à protéger ses
citoyens, soutenir l’innovation et faire profiter le plus grand nombre des
possibilités offertes par cette technologie.
Publié par l’Africa AI Policy Lab, une initiative de Lawyers Hub, le rapport évalue les 54 pays africains sur huit domaines