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En prélude à la prochaine édition du festival Segan: Des experts culturels élucident les conditions de participation et de distinction

Culture
Par   Josué F. MEHOUENOU, le 08 juin 2015 à 05h44

Les candidates aux phases départementales et nationales de la sixième édition du festival national des danses traditionnelles du Bénin (Segan) savent désormais à quoi s’en tenir. L’ensemble des critères de participation, de prestation et de distinction au cours de ce festival ont été revus, renforcés et améliorés à la faveur d’un atelier organisé il y a quelques jours au centre culturel «Le centre».

Les acteurs et experts culturels conviés à l’atelier de réflexion et de restitution sur les conditions de participations au festival Segan et sur le processus de distinction de ses lauréats ont travaillé sur trois thématiques essentielles. La première et sans doute la plus importante portait sur les rythmes en compétition. A ce niveau, un double travail a été fait. D’une part, il était question d’identifier pour chaque département binôme, deux rythmes sur lesquels les candidats aux phases préliminaires (départementales) seront évalués. Cet exercice n’aura pas été des plus aisés, si l’on s’en tient à la restitution faite en plénière par le rapporteur de la commission qui s’en est chargée, Jean Pierre Hounti Kiki. Selon les explications de ce dernier, il a fallu à un moment faire entorse à la règle tacite qui a prévalu depuis cinq éditions. Laquelle voulait que pour chaque département, il y ait au moins un rythme en compétition. Au niveau du Zou et des Collines par exemple, les membres de cette commission ont dû choisir deux rythmes venant du seul département du Zou. Jean Pierre Hounti Kiki justifie cette option par l’esprit du festival. Lequel consiste à faire la promotion des rythmes peu connus ou en disparition. Dès lors, a-t-il soutenu avec force et vigueur, il n’était pas nécessaire de s’accrocher à choisir un rythme par département, alors qu’il y a la possibilité de mettre au devant de la scène des rythmes en agonie.

Pour ce qui concerne la phase nationale, les membres de sa commission et lui ont poursuivi leur réflexion et ont pu dégager comme il est de coutume sur le festival Segan, les six rythmes en compétition. Il s’agit de : Gbon pour l’Atlantique et le Littoral, Djêgbé pour l’Ouémé et le Plateau, Dogba pour le Zou et les Collines, Adja Zinli pour le Mono et le Couffo, Kaao pour le Borgou et l’Alibori et le Waar pour l’Atacora et la Donga. En plus de ces choix, il a été proposé aux organisateurs de délivrer des attestations à tous les finalistes et d’évaluer les candidats sur les mêmes critères. La seconde commission qui a statué sur les conditions relatives aux humoristes en compétition n’a pas eu du grain à moudre. Elle a tout simplement formulé quelques recommandations allant dans le sens de l’allègement des conditions de participation des candidats dans cette catégorie.
Il s’agit donc de travail bien fait qui balise le terrain pour une participation sans anicroche au festival, dira pour sa part le représentant du ministre en charge de la Culture à la séance de restitution. Pour Marcel Zounon, cet atelier permettra de mieux recadrer le festival Segan qui se veut une plate-forme de promotion des danses nationales, surtout en disparition. Il s’agit donc d’une aubaine pour promouvoir davantage les danses béninoises qui constituent aujourd’hui l’un des éléments majeurs d’appréciation de la culture béninoise au-delà des frontières nationales, se réjouit-il. Prosper Bohoun, le promoteur du festival, ayant pris acte des propositions faites par les deux commissions demandera alors aux acteurs culturels de prendre rendez-vous avec lui sur le village du festival Segan à compter du 23 novembre prochain pour vivre la sixième édition qui se veut entièrement relookée.