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Porté par une ambition collective, le Festival international des arts du Bénin revient pour une quatrième édition plus festive, plus colorée et plus ouverte sur le monde. Pendant dix jours, Cotonou se transformera en scène géante de la création africaine contemporaine, du 20 février au 1ᵉʳ mars 2026.
Cotonou s’apprête à devenir la capitale africaine des arts et des industries créatives à l’occasion du Festival international des arts du Bénin (Finab). Du 20 février au 1ᵉʳ mars 2026, la capitale économique béninoise vibrera au rythme de la quatrième édition du Finab. Placée sous le signe des industries culturelles et créatives comme levier de coopération, de diversité culturelle et de paix, cette édition s’annonce plus festive, plus innovante et plus internationale, avec un accent particulier sur la mode. Jeudi 6 février à Cotonou, à l’occasion de la conférence de presse de lancement, les organisateurs ont dévoilé les grandes lignes d’une quatrième édition ambitieuse. Porté par Empire Événementiel, filiale du groupe Empire, avec l’appui du gouvernement du Bénin et de partenaires nationaux et internationaux, le Finab entend confirmer sa place de rendez-vous culturel majeur en Afrique de l’Ouest, en transformant Cotonou en un carrefour incontournable de la création contemporaine.
L’initiateur du festival, Ulrich Adjovi, est revenu sur la genèse du projet, né d’un sentiment de manque lors d’une rencontre d’acteurs culturels de la sous-région où chaque pays présentait son grand festival, sauf le Bénin. « Nous n’avions pas de mots, nous n’avions pas de festival. C’est de cette frustration qu’est né le Finab », a-t-il rappelé, soulignant qu’en neuf mois seulement, le projet a vu le jour avant d’être pleinement adopté par les artistes et le public. «Aujourd’hui, le Finab est une opportunité que le Bénin nous donne de mettre en lumière ses artistes », a-t-il insisté, se félicitant de l’appropriation collective de l’événement.
Sous le signe de la coopération
Placée sous le thème « Les industries culturelles et créatives: levier de diversité culturelle, de coopération et de paix », l’édition 2026 se veut résolument ouverte sur le monde. Ulrich Adjovi a annoncé une programmation marquée par la célébration de la coopération internationale, avec des journées dédiées à plusieurs pays partenaires, notamment les Nigeria Day, Togo Day, Liban Day et Maroc Day. Autant de séquences pensées pour mettre en avant la proximité culturelle, l’inventivité artistique et le dialogue entre les peuples.
« Cette année, nous voulons un Finab plus coloré, plus festif », a expliqué le promoteur, évoquant une édition conçue comme un espace de célébration de la vie, de la paix et de la créativité. Parmi les innovations annoncées figure une chasse aux trésors, avec trente masques officiels dissimulés dans la ville de Cotonou. Chaque masque découvert permettra à son détenteur de remporter jusqu’à un million de francs Cfa, certains ayant déjà été retrouvés à la veille du festival.
Le Finab, c’est aussi une exigence artistique et une réflexion scientifique assumées. Pour son directeur artistique, Aristide Agondanou, la singularité du festival réside dans sa capacité à proposer une lecture contemporaine de l’art béninois, ancré dans les valeurs locales tout en restant ouvert sur le monde. Il compare cette approche au marché Dantokpa, « qui donne de loin l’impression d’un fourre-tout, mais qui est en réalité très organisé à l’intérieur ». Selon lui, le festival se veut avant tout une vitrine internationale de la créativité béninoise et africaine, mettant en lumière les artistes mais aussi l’ensemble des animateurs de l’écosystème culturel. Insistant sur l’exigence de qualité, il a souligné que la dimension scientifique constitue l’un des piliers du festival. Panels, rencontres professionnelles et réflexions autour des industries culturelles et créatives (Icc) permettront d’identifier les freins à l’émergence des artistes et de proposer des thématiques en cohérence avec la politique culturelle du gouvernement. « Nous voulons construire un environnement culturel fort. Le Bénin doit étonner et surpasser», a-t-il affirmé, justifiant une programmation volontairement sobre mais très exigeante, alignée sur les standards internationaux.
Un festival soutenu pour sa vision et sa durabilité
Au nom des créateurs béninois, Félicien Casterman a salué le choix de la mode comme thématique centrale de cette quatrième édition. Selon lui, ce secteur constitue un puissant levier d’expression identitaire et de structuration économique. «La mode commence avant tout et finit après tout », a-t-il déclaré, assurant que les acteurs du secteur sont mobilisés pour offrir le meilleur d’eux-mêmes à l’occasion du festival. Aux côtés de la mode, la musique occupera également une place de choix, avec des concerts, des performances hybrides et des collaborations inédites, illustrant la vitalité des filières créatives africaines et leur potentiel de rayonnement international.
Intervenant au nom des institutions partenaires, William Codjo, directeur de l’Agence de développement des arts et de la culture (Adac), a justifié le soutien du Fonds de développement des arts et de la culture (Fdac) par la convergence de leurs idéaux. « Le Finab s’efforce d’apporter des solutions à des problèmes identifiés dans son environnement », a-t-il expliqué, évoquant notamment la nécessité de doter les initiatives culturelles de modèles économiques viables pour assurer leur durabilité. Qualifiant le festival de « bébé né avec les dents », William Codjo a estimé qu’il est déjà entré dans une phase de performance, tout en appelant à maintenir un haut niveau de professionnalisme et d’exigence pour accompagner sa croissance vers la maturité. « De l’initiative d’une personne, nous tirons le monde entier vers nous», a-t-il résumé.
À travers cette quatrième édition, le Finab ambitionne de consolider la place du Bénin comme terre de culture, de créativité et de dialogue interculturel. Le temps des dix jours, Cotonou se veut ainsi un pont entre l’Afrique et le reste du monde, une plateforme où les arts deviennent à la fois vecteurs d’identité, de coopération et de paix.
La 4e édition du Finab s’annonce plus festive, plus innovante et plus internationale, avec un accent particulier sur la mode