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« Fleur d’automne »: De la poésie pour soutenir les femmes souffrant d’endométriose

Culture

« Fleur d’automne » est un ouvrage poétique de l’auteur béninois Carmen Edison Adjovi, paru aux éditions Savanes du continent et dévoilé au public, le 28 mars 2024 en marge de la Journée internationale de lutte contre l’endométriose. L’objectif de cette parution, au-delà de l’alchimie du verbe, est de soutenir les femmes souffrant d’endométriose.

 

Par   Lhys DEGLA, le 09 juil. 2024 à 14h21 Durée 3 min.
#littérature

« Postulons que nous jouxterons la géographie des intimes, que la circonférence du néant est la juste mesure du prochain sourire de l’enfant ! Si nous gardons la foi chevillée au vœu que, du Père-Lachaise au Panthéon, un ‘‘assin’’ n’est chez lui que chez lui, nous sommes peut-être Edison Adjovi, c’est-à-dire un poète vivant ». C’est par cette prosodie de Jasmin Ahossin-Guezo que s’érige la dernière de couverture de l’œuvre littéraire « Fleur d’automne ». Une fort belle façon d’inciter le lecteur à pénétrer l’univers masculin mais délicat de l’auteur, au travers de sa plume poétique.

« Fleur d’automne » est en effet un recueil de 32 poèmes étendus sur 157 pages. La une de couverture illustrée par Sènami Donoumassou laisse s’épanouir une rose mature, perchée sur sa tige verte et parée de ses épines. L’on peut voir poindre doucement à son ombre, juchée sur une branche de la tige qui la soutient, un petit bouton de rose sur le point d’éclore comme pour signifier un nouvel espoir pour ces femmes portant le fardeau de l’endométriose, seules et dans le silence. 

L’auteur Carmen Edison Adjovi, analyste financier résidant en France, parle de son expérience avec l’endométriose : « J’avais une amie qui disparaissait sur plusieurs jours sans donner de nouvelles et qui réapparaissait plus tard. J’ai cherché à comprendre ce qui en était la cause. Elle a fini par m’avouer, non sans réticence, qu’elle souffrait en réalité de l’endométriose, une maladie due au déplacement de la muqueuse utérine qui crée d’énormes douleurs et qui l’avait conduite à changer de régime alimentaire et subir plusieurs opérations ». Il poursuit : « Mon amie souffrait beaucoup. Elle n’arrivait plus à avoir une vie professionnelle et sociable stable. Cette pathologie la faisait dépenser énormément et le drame est qu’il n’y a pas de remède connu pour en guérir». Son exposition impuissante à la douleur de son amie, l’a profondément interpellé. Edison Adjovi se lance donc dans une aventure : celle de contribuer à sensibiliser les femmes à l’endométriose y en reversant 70 % net des revenus issus de la vente de son ouvrage. « Cette collecte ira à l’endroit des associations EndoEspoir du Bénin et EndoAction de la France. Nous avons la chance d’avoir acquis à cette cause plusieurs partenaires en Europe et au Bénin. Nous ferons une tournée de sensibilisation dans trois régions au Bénin pour démystifier ce mal. » précise Edison Adjovi. Pour lui, les hommes, autant que les femmes, doivent se sentir concernés par cette maladie chronique encore tabou au Bénin, mais qui touche leurs mères, leurs filles et leurs épouses. Pour cette initiative noble, l’auteur a reçu une reconnaissance du Rotary club Paris à travers le prix ‘‘Servir’’.

Selon Endomaitrise, 176 millions de femmes sont atteintes de l’endométriose dans le monde. Le délai de diagnostic moyen de la maladie est de 6 à 10 ans■