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Peinture sous verre: Leonel Zadji éveille la créativité des enfants

Culture
Peinture sous verre Peinture sous verre

À l’Espace culturel Le Centre à Lobozounkpa dans la commune d’Abomey- Calavi, des dizaines d’enfants ont découvert, samedi 2 mai, la peinture sous verre aux côtés de l’artiste visuel Leonel Zadji. Une immersion artistique originale qui a mêlé curiosité, apprentissage et émerveillement.

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 09 mai 2026 à 12h30 Durée 2 min.
#Peinture sous verre

Des enfants à l’école d’un art peu connu. Pinceaux en main et imagination en éveil, des enfants de 6 à 15 ans ont exploré une technique artistique singulière, samedi 2 mai à l’Espace culturel Le Centre à Lobozounkpa dans la commune d’Abomey-Calavi. Sous la conduite de Leonel Zadji, ils ont expérimenté la peinture sous verre, une pratique aussi exigeante que captivante. Dans une ambiance à la fois studieuse et joyeuse, des dizaines d’enfants ont pris part à un atelier de création artistique animé par l’artiste visuel béninois Leonel Zadji. Une immersion originale dans l’univers singulier de la peinture sous verre, technique exigeante mais fascinante, encore peu connue du grand public. Dès les premiers instants de l’atelier, pinceaux en main, les enfants ont découvert une approche artistique peu conventionnelle. Exit la toile classique. Ici, c’est sur du plexiglas que les jeunes participants ont laissé libre cours à leur imagination. Une alternative ingénieuse qui a permis de reproduire fidèlement les principes de la peinture sous verre, tout en garantissant une manipulation sans risque.



Lauréat du prix Best Visual Artist aux Open Conscience Awards 2023, Leonel Zadji n’a pas simplement initié ces jeunes à une technique. Il les a conviés à un véritable renversement de perspective. « La peinture sous verre, c’est peindre à l’envers », explique-t-il. « On commence par les détails pour finir par le fond, contrairement à la peinture classique. Cela demande beaucoup de concentration et de rigueur ». Une gymnastique intellectuelle et artistique qui a intrigué les enfants, mais qu’ils ont su apprivoiser avec enthousiasme. Au fil des minutes, la curiosité a laissé place à l’émerveillement. Concentrés, appliqués, les jeunes artistes en herbe ont progressivement donné forme à leurs œuvres. Et lorsque, à la fin de l’exercice, ils ont retourné leur support pour découvrir le rendu final, les visages se sont illuminés. La magie opérant, les couleurs, les formes, les détails apparaissaient avec netteté, révélant des créations uniques, parfois inattendues, mais toujours empreintes de personnalité.


Transmission et pérennisation

 

« Quand on voit le résultat, on comprend que cette technique peut être accessible aux enfants, à condition de bien les accompagner », confie Leonel Zadji. Pour lui, cet atelier dépasse la simple initiation. Il s’inscrit dans une volonté de transmission et de pérennisation d’un savoir-faire artistique. « Ces enfants peuvent développer cela chez eux, aller plus loin, voire inventer d’autres formes d’expression à partir de cette base », ajoute-t-il. Actuellement en résidence de recherche et de création à l’Espace culturel Le Centre, l’artiste béninois travaille depuis plusieurs semaines sur des thématiques liées aux valeurs culturelles en mutation. Son projet artistique s’intéresse notamment à la scarification, une pratique autrefois répandue, aujourd’hui en perte de vitesse. « On observe e plus en plus de visages lisses.

Cette évolution interroge notre rapport à l’identité et à la mémoire culturelle », souligne-t-il. Une dizaine d’œuvres ont déjà été produites dans ce cadre, en prélude à une exposition prévue à la fin de sa résidence. Le directeur général de l’Espace culturel Le Centre, Berthold Hinkati, insiste sur l’importance de ce type d’initiatives. « Lorsque nous accueillons des artistes en résidence, nous organisons systématiquement des ateliers pour le jeune public. C’est une manière de créer un lien direct entre les créateurs et les enfants », explique-t-il. Pour cette session, deux artistes, un Nigérian et un Béninois, sont en résidence pour une durée de six semaines, avec un programme incluant des temps de partage et de transmission. Selon lui, l’atelier animé par Leonel Zadji s’est distingué par la découverte d’une technique rare. « La peinture Elle demande de la concentration et suscite beaucoup de curiosité. Les enfants étaient captivés du début à la fin », témoigne-t-il. Le moment le plus marquant reste, à ses yeux, la révélation finale des œuvres. « Ils étaient impatients de voir le résultat. Et quand ils l’ont découvert, leur joie était palpable ». 



Admiration

 

A l’instar des parents et accompagnateurs présents, Melinda Fourn-Houngbo, une autre artiste qui était dans le même exercice quelques semaines plus tôt, n’a pas caché son admiration. « J’ai été impressionnée de voir des enfants de différents âges produire des œuvres aussi variées et singulières », confie-t-elle. Pour elle, cette initiative met en lumière le potentiel créatif des plus jeunes. « On a souvent l’habitude de voir des adultes pratiquer cette technique. Mais là, chaque enfant a pu s’approprier l’exercice à son niveau ». Au-delà de l’instant, elle souligne l’enjeu éducatif. « Plus tôt un enfant est exposé à une discipline, que ce soit l’art, les langues ou même la cuisine, plus il a de chances de développer une passion durable», estime-t-elle. Une conviction partagée par les organisateurs qui voient dans ces ateliers un levier pour susciter des vocations, mais aussi pour renforcer la confiance et l’expression personnelle des enfants. À l’issue de l’atelier, chacun est reparti avec son œuvre, précieusement tenue entre les mains, sous le regard admiratif des parents. Des sourires, de la fierté et peut-être pour certains, les prémices d’une vocation artistique.