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« Le Champ des oubliés » projeté à l’Espace culturel Le Centre: Une claque cinématographique sur les illusions de l’exil

Culture
« Le Champ des oubliés » projeté à l’Espace culturel Le Centre « Le Champ des oubliés » projeté à l’Espace culturel Le Centre

L’Espace Culturel Le Centre d’Abomey Calavi a accueilli, vendredi 8 mai, la projection du long métrage togolais « Le champ des oubliés », suivie d’un riche échange entre le public, le réalisateur, quelques acteurs ainsi qu’une partie de l’équipe de production. Une soirée cinématographique marquée par l’émotion, la réflexion et des regards diversifiés sur les réalités migratoires africaines.

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 09 mai 2026 à 10h54 Durée 3 min.
#« Le Champ des oubliés » projeté à l’Espace culturel Le Centre

Réalisé par Roger Komlan Gbekou et scénarisé par Kossi Avisse, ce drame de fiction de 122 minutes plonge le spectateur au cœur d’un sujet plutôt actuel, le rêve d’Europe qui pousse de nombreux jeunes Africains à quitter leur terre natale, souvent au prix de lourds sacrifices et de douloureuses désillusions. Tourné entre le Togo, le Ghana et l’Allemagne, le film suit le parcours de Mawunyo, un jeune entrepreneur villageois confronté aux réalités de l’émigration clandestine et aux souffrances vécues par ceux qui poursuivent l’illusion d’un eldorado européen. Convaincu que son pays regorge de ressources inexploitées et d’opportunités méconnues, le jeune homme nourrit l’ambition de mobiliser la jeunesse autour du développement local. Mais, malgré ses convictions, il se retrouve lui-même partagé entre son attachement à sa terre et la tentation du départ.

À travers cette histoire profondément humaine, « Le champ des oubliés » interpelle sur les conséquences sociales, psychologiques et économiques de l’exil. Le film questionne surtout la perception d’une Europe idéalisée et invite la jeunesse africaine à croire davantage aux potentialités de son propre continent. Entre espoir, désillusion, courage et quête d’identité, l’œuvre renseigne et enseigne sur la nécessité de bâtir l’avenir en Afrique plutôt que de le chercher systématiquement ailleurs.

Lors des échanges ayant suivi la projection, le réalisateur Roger Komlan Gbekou a expliqué que le film se veut avant tout une œuvre de sensibilisation destinée à éveiller les consciences. Il a insisté sur la responsabilité du cinéma africain dans la transformation des mentalités et la valorisation des talents locaux. Les discussions avec les acteurs et les membres de l’équipe technique ont également permis au public de mieux comprendre les défis liés à la production d’un long métrage africain tourné dans plusieurs pays, avec un budget estimé à près de 166 millions de francs Cfa, même si l’œuvre aura coûté beaucoup moins que çà.

Le parcours de cette œuvre illustre d’ailleurs une belle dynamique de persévérance artistique. Initialement conçu comme un court métrage en 2019, le projet avait déjà connu un succès remarquable. Et c’est fort de cette reconnaissance que le cinéaste a développé une version long métrage sortie en 2022.