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Gouvernance des entreprises publiques : L’État hausse le niveau d’exigence

Economie

Le gouvernement, à travers le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (Dpbep) 2027-2029, érige la réforme des entreprises publiques en priorité stratégique. Objectif : maximiser leur contribution à la richesse nationale et réduire progressivement leur dépendance aux subventions.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 24 juin 2026 à 07h31 Durée 3 min.
#Entreprises publiques

Les entreprises publiques sont appelées à changer de dimension pour devenir de véritables leviers de croissance. Longtemps perçues comme des structures fortement tributaires des subventions publiques, elles devront désormais jouer un rôle plus actif dans la création de valeur et le financement du développement.

Dans le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (Dpbep) 2027-2029, le gouvernement annonce vouloir « accentuer la réforme de la gouvernance des entreprises publiques pour maximiser leur contribution à la richesse nationale ».

Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus globale visant à consolider les finances publiques, à améliorer l’efficacité de l’action de l’État et à renforcer la soutenabilité budgétaire dans un contexte où les besoins d’investissement demeurent importants.

Les entreprises publiques interviennent dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’eau, les transports, l’agriculture, la santé ou encore l’éducation. Leur efficacité conditionne la compétitivité de l’économie nationale.

Or, beaucoup d’entre elles restent dépendantes des concours financiers de l’État. La Note analytique sur les établissements publics annexée à la loi de finances 2026 souligne que les recettes propres ne représentent en moyenne que 21,98 % des recettes totales des établissements publics, contre près de 72,10 % provenant des transferts budgétaires. En 2024, elles se sont établies à 31,9 milliards F Cfa, contre 94,5 milliards F Cfa de ressources mises à disposition par l’État. Ce constat révèle une dépendance vis-à-vis du budget national.

Gestion axée sur les résultats

Face à cela, le gouvernement entend promouvoir une culture de la performance, de la responsabilité et des résultats. La réforme envisagée repose sur un renforcement des mécanismes de pilotage et de contrôle. L’objectif est d’améliorer l’efficacité opérationnelle des entreprises publiques, de professionnaliser leur gestion et d'accroître leur capacité à générer des ressources propres.

Le ministère de l’Économie et des Finances dispose déjà d’un dispositif de surveillance financière assuré par la direction générale des Participations de l’État et de la Dénationalisation (Dgped). Celui-ci comprend notamment l’examen des états financiers, l’organisation de missions de contrôle, le suivi du commissariat aux comptes ainsi que la professionnalisation des conseils d’administration. Ces mécanismes devraient être davantage consolidés dans les années à venir afin de prévenir les risques financiers et d'améliorer la qualité de la gouvernance.

La rationalisation du portefeuille public accompagne ce mouvement. Plusieurs opérations ont été réalisées ces dernières années : fusion de structures redondantes, dissolution d'entités non viables, création d'agences à vocation plus ciblée. La fusion de quatre agences numériques en une seule entité, l'Agence des systèmes d'information et du numérique (Asin), ou la création de l’Agence béninoise pour la recherche et l’innovation (Abri) par regroupement de trois structures, illustrent cette logique de cohérence institutionnelle.

Enjeu pour la soutenabilité budgétaire

En réduisant la dépendance des entreprises publiques aux transferts budgétaires, l’État pourrait dégager des marges supplémentaires pour financer les investissements prioritaires et les politiques sociales.

Cette réforme s’inscrit dans la trajectoire économique que le gouvernement s'est fixée pour la période 2027-2029 : maintenir une croissance autour de 7,5 %, contenir l’inflation sous le seuil communautaire de 3 %, optimiser la mobilisation des recettes fiscales pour atteindre 16 % du Pib, et préserver la soutenabilité de la dette publique autour de 50 % du Pib.

Le défi reste toutefois considérable. La transformation des entreprises publiques exigera une meilleure appropriation des principes de bonne gouvernance, le renforcement des compétences managériales et une culture plus affirmée de l'évaluation des performances.

Si ces conditions sont réunies, les entreprises publiques pourraient progressivement cesser d’être perçues comme des centres de coûts pour devenir de véritables instruments de création de richesse et de transformation économique, marquant une étape décisive dans la consolidation des finances publiques et dans la crédibilité du pays auprès des investisseurs.