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Après la désignation des maires à la suite des élections municipales et communales, les regards se tournent désormais vers l’installation des conseils d’arrondissement et l’élection des chefs d’arrondissement. Ces étapes représentent des moments clés pour renforcer la gestion administrative et la gouvernance à la base.
Après la désignation des maires, l’attention se porte désormais sur l’installation des conseils d’arrondissement et l’élection des chefs d’arrondissement. Il s’agit du renouvellement attendu de ces instances locales, crucial pour maintenir la continuité de la gestion administrative au niveau des arrondissements.
Le conseil d’arrondissement constitue l’organe central de gouvernance dans chaque arrondissement. Il examine toutes les affaires qui relèvent de la vie locale, formule des avis pour le compte du conseil communal et propose des initiatives pour le développement socio-économique et culturel de l’arrondissement. Avec l’entrée en vigueur du Code de l’administration territoriale depuis cinq ans, ces conseils disposent de compétences élargies et d’une organisation plus structurée pour répondre aux attentes des populations.
À la tête de chaque arrondissement, le chef d’arrondissement assume la gestion politique et préside le conseil. Conformément à l’article 172 du Code, il est « le premier représentant de l’arrondissement » et agit sous l’autorité du maire. Sa mission va bien au-delà de la simple représentation : il doit garantir l’ordre public, la tranquillité et la sécurité des citoyens, superviser les rassemblements publics, les cérémonies funéraires, la police des cimetières et veiller au respect des normes d’hygiène, de salubrité et d’urbanisme, comme le stipule l’article 179 du Code.
Le chef d’arrondissement joue un rôle de pivot entre l’administration communale et les citoyens. Il assure la mise en œuvre des décisions du conseil communal, soutient les actions des services publics et veille à la cohésion sociale au sein de sa juridiction. Cette responsabilité inclut également la supervision des infrastructures locales, la prévention des désordres urbains et la régulation de la circulation des animaux domestiques en zones urbaines, contribuant ainsi à la sécurité et au confort des habitants.
Selon la loi, les chefs d’arrondissement sont élus parmi les conseillers du parti majoritaire dans chaque arrondissement. Cette disposition vise à assurer que le choix politique des électeurs soit reflété dans la gestion locale et que les décisions prises soient en cohérence avec la majorité municipale, garantissant ainsi la stabilité et la continuité dans la conduite des affaires publiques.
Rôle renforcé
L’installation prochaine des conseils et l’élection des chefs d’arrondissement ne sont pas une simple formalité administrative. Ces acteurs sont chargés de suivre et d’évaluer les projets de leur arrondissement, d’identifier les priorités en matière d’infrastructures, de santé, d’éducation et de culture, et de mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre de ces projets.
Le Code précise que le conseil et le chef d’arrondissement doivent contribuer de manière permanente aux activités socioéconomiques et éducatives, aux projets culturels et sportifs, ainsi qu’aux actions de préservation de l’environnement et de mobilisation communautaire. En intervenant dans ces différents domaines, ils participent à l’amélioration des conditions de vie des populations, tout en renforçant la transparence et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques.
Cette approche permet également de rapprocher l’administration des citoyens, de créer un lien de confiance entre les élus et la population et d’encourager une participation plus active des habitants dans la prise de décisions locales.
Enjeux
Après cinq ans d’application du Code et trois ans après l’avènement de la réforme structurelle de la décentralisation, l’installation des conseils d’arrondissement représente un moment important pour mesurer l’efficacité de la réforme.
L’élection des chefs d’arrondissement constitue également un test politique et administratif. La cohérence entre majorité municipale et chef d’arrondissement est essentielle pour éviter les blocages et garantir la continuité des projets de développement. Ces élections et installations sont donc attendues avec beaucoup d’attention, tant par les citoyens que par les acteurs institutionnels. Elles détermineront la capacité des arrondissements à mettre en œuvre des politiques locales efficaces et à renforcer la gouvernance de proximité.
Raphaël Akotègnon, ministre de la Dcentralisation et de la Gouvernance locale