La Nation Bénin...

Tribunal d’Abomey-Calavi : le procès pour un détournement de 24 millions de francs CFA à l’école Le Faucon renvoyé au 3 décembre

Droits et Devoirs
Tribunal d’Abomey-Calavi Tribunal d’Abomey-Calavi

L’affaire qui secoue l’établissement d’enseignement supérieur privé Le Faucon est revenue devant le tribunal d’Abomey-Calavi ce jeudi 5 novembre 2026. Ce dossier concerne un ancien étudiant poursuivi pour un détournement présumé de frais de scolarité et une falsification de documents pour un préjudice total évalué à plus de 24 millions de francs CFA.



Par   Cédric SOSSOU-AGBO (Coll.), le 08 nov. 2026 à 08h17 Durée 4 min.
#Tribunal d’Abomey-Calavi

Si l’audience devait permettre d’avancer vers l’éclatement de la vérité, les juges ont finalement dû se résoudre à reporter les débats au 3 décembre 2026. En cause : l’absence remarquée à la barre des représentants de la banque partenaire ainsi que des experts du cabinet d’expertise comptable en charge de l’audit financier. La juridiction a estimé que les témoignages et les pièces justificatives de ces acteurs étaient indispensables pour trancher ce litige complexe.
Pour rappel, cette affaire judiciaire plonge dans la gestion financière de l’établissement entre 2017 et 2019. À la suite d’un contrôle de gestion interne mené en 2020, la direction de l’école avait mis au jour des anomalies financières substantielles. Selon les explications livrées par le directeur des affaires financières (DAF) de l’établissement, les souches des reçus de paiement brandis par les étudiants ne correspondaient en rien aux montants réellement crédités sur les comptes bancaires de l’institution.
Selon le dossier, le mode opératoire consistait à collecter la totalité des frais de scolarité auprès des apprenants pour n’en reverser qu’une portion évaluée à 5 000 francs CFA par étudiant sur les comptes officiels, tout en falsifiant les bordereaux de versement pour tromper la vigilance des services comptables.
De son côté, le principal prévenu a toujours rejeté en bloc toute intention d’escroquerie ou d’enrichissement personnel frauduleux. Il soutient qu’en 2018, alors qu’il éprouvait des difficultés à honorer ses propres échéances scolaires, un ancien étudiant de l’établissement lui aurait proposé ses services pour centraliser et faciliter les versements.
Selon ses dires, après lui avoir confié l’argent perçu auprès de ses camarades, cet intermédiaire lui aurait systématiquement remis des justificatifs qu’il croyait authentiques, assortis d’une petite commission de 10 000 francs CFA par opération. Confiant parce que cet intermédiaire connaissait le directeur des affaires financières et traînait souvent dans l’école, il a conseillé la même méthode à une vingtaine d’autres étudiants. Il a reconnu avoir ainsi perçu environ 300 000 francs CFA de commissions au fil des transactions.
Des allégations fermement balayées par la direction de l’établissement. Le directeur des affaires financières a rétorqué que les passages répétés de l’ancien étudiant dans l’enceinte de l’école visaient exclusivement des démarches d’insertion professionnelle, excluant toute implication dans la gestion ou le maniement des fonds. L’affaire est donc suspendue dans l’attente de l’audience du 3 décembre 2026, qui devra faire la lumière sur les flux bancaires et la sincérité des pièces comptables produites.