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Économie : le FMI salue la croissance du Bénin, mais appelle à maintenir les efforts

Economie

Au terme de sa mission de consultations à Cotonou, du 27 octobre au 6 novembre 2026, le Fonds monétaire international (FMI) relève les performances de l’économie béninoise, avec une croissance de 8,1 % en 2025 et des perspectives favorables pour 2026. Mais derrière ces indicateurs encourageants, l’institution insiste sur plusieurs défis : la mobilisation des recettes fiscales, la maîtrise des dépenses publiques, la transparence dans la gestion de la dette et l’amélioration des conditions de vie.

Par   Roméo TOSSOU (Coll.), le 09 nov. 2026 à 00h03 Durée 2 min.
#Fmi

Le Bénin maintient le cap de la croissance économique. C’est l’un des principaux constats dressés par le Fonds monétaire international à l’issue de sa mission de consultations au titre de l’article IV. Conduite par Sonali Das, l’équipe du FMI a séjourné à Cotonou du 27 octobre au 6 novembre 2026 pour examiner l’évolution de la situation économique et financière du pays ainsi que les perspectives à moyen terme.

Selon les conclusions de la mission, l’économie béninoise a progressé de 8,1 % en 2025, soit sa meilleure performance depuis près de deux décennies. La dynamique s’est poursuivie au premier semestre 2026, avec une croissance de 8,2 % en glissement annuel. L’industrie manufacturière, la construction et le commerce figurent parmi les secteurs ayant soutenu cette évolution. Pour l’ensemble de l’année 2026, le FMI table sur une croissance de 7,8 %, avant un ralentissement à environ 7 % en 2027.

Ces résultats, selon les experts de la mission, traduisent une certaine résilience de l’activité économique dans un environnement international marqué par les incertitudes commerciales, les tensions géopolitiques et la hausse des coûts de transport. Ils ne doivent toutefois pas masquer les exigences auxquelles le pays reste confronté.

Sur le plan des finances publiques, le FMI relève les efforts accomplis par les autorités béninoises. Le déficit budgétaire, estimé à 2,3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025, devrait se maintenir au même niveau en 2026, avant de s’établir à 2,9 % en 2027. Ces projections restent dans la limite communautaire de 3 % fixée au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Pour autant, le respect de cette norme ne dispense pas le pays de poursuivre les efforts de consolidation budgétaire. Le Fonds recommande notamment d’améliorer la mobilisation des recettes intérieures, de rationaliser les exonérations fiscales et de renforcer l’efficacité des administrations fiscales et douanières. L’objectif est d’accroître les ressources disponibles pour financer les politiques publiques tout en préservant la stabilité des finances de l’État.

La transparence dans la gestion de la dette et le suivi des risques liés aux entreprises publiques figurent également parmi les préoccupations soulevées. Le FMI encourage la poursuite des réformes engagées afin de renforcer le contrôle des engagements financiers de l’État et la qualité de la gestion des ressources publiques.

Au-delà des indicateurs macroéconomiques, la question de la répartition des fruits de la croissance demeure centrale. Une progression élevée du PIB ne se traduit pas automatiquement par une amélioration équivalente des conditions de vie de toutes les catégories de la population. C’est pourquoi le FMI insiste sur la nécessité de préserver les dépenses sociales prioritaires et de mieux cibler les dispositifs d’aide en faveur des ménages vulnérables.

L’institution encourage également les réformes susceptibles de stimuler le secteur privé, de faciliter l’accès au financement des petites et moyennes entreprises et de favoriser la création d’emplois. La modernisation de l’agriculture, le développement des paiements numériques, la formation et l’amélioration de la productivité font partie des leviers identifiés pour consolider la croissance.

Des risques subsistent néanmoins. Les fluctuations des prix internationaux, les tensions sécuritaires dans la sous-région, les conditions de financement extérieur et les aléas climatiques pourraient affecter les perspectives économiques du pays.

Au terme de cette mission, le diagnostic du FMI apparaît donc favorable, mais assorti d’exigences. Le Bénin dispose d’une dynamique de croissance soutenue et d’indicateurs budgétaires relativement maîtrisés. Le défi consiste désormais à consolider ces acquis, à renforcer la capacité de financement de l’État et à faire en sorte que les performances économiques se traduisent davantage dans le quotidien des populations.