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Lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme : le Bénin renforce le contrôle des circuits financiers

Economie

Le gouvernement béninois entend mieux surveiller les mouvements d’argent pour lutter contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Réuni en Conseil des ministres le 4 novembre 2026, l’Exécutif a adopté une nouvelle stratégie nationale couvrant la période 2026-2030. Cette réforme prévoit notamment un meilleur contrôle des transactions numériques, des cryptomonnaies et de certaines activités économiques.

Par   Roméo TOSSOU (Coll.), le 05 nov. 2026 à 14h58 Durée 2 min.
#financement du terrorisme

Les méthodes utilisées pour faire circuler de l’argent d’origine douteuse évoluent. Les réseaux criminels peuvent aujourd’hui exploiter les transferts numériques, les cryptomonnaies, les sociétés fictives ou encore certaines activités du secteur informel pour dissimuler leurs opérations. Face à ces risques, le Bénin veut renforcer les moyens de surveillance et de contrôle de son système financier.

C’est dans cette perspective que le gouvernement a adopté la Stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP) pour la période 2026-2030. L’objectif est de mieux repérer les mouvements financiers suspects et d’empêcher que l’argent issu d’activités illégales serve à financer des réseaux criminels ou terroristes.

La nouvelle stratégie prévoit quatre grandes orientations : améliorer les textes de loi, renforcer la transparence des activités économiques, mieux contrôler les secteurs présentant des risques et appliquer des sanctions plus fermes.

Une attention particulière sera accordée aux prestataires qui proposent des services liés aux actifs numériques, notamment les cryptomonnaies. Certaines professions et activités non financières seront également davantage surveillées. Il s’agit notamment des agents immobiliers, des négociants en métaux précieux et des notaires.

Le gouvernement veut aussi mieux identifier les véritables propriétaires des entreprises. Cette mesure vise à empêcher certaines personnes de cacher leur identité derrière des prête-noms ou des sociétés créées uniquement pour dissimuler l’origine de fonds.

La réforme ne concerne pas uniquement les règles de contrôle. Elle prévoit également une réorganisation de certaines structures chargées de lutter contre les mouvements financiers illicites.

À cet effet, le Conseil des ministres a adopté des modifications concernant les attributions et le fonctionnement de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et de la Direction nationale du contrôle.

L’ambition est de faciliter les échanges d’informations entre ces structures, l’Agence nationale de recouvrement des avoirs confisqués et saisis ainsi que les services spécialisés dans les enquêtes et la répression.

Ces changements s’inscrivent dans une démarche plus large de renforcement des capacités des structures chargées de la sécurité numérique et des investigations, notamment l’ANCR et le CNIN.

À travers cette stratégie quinquennale, le Bénin entend donc mieux contrôler les circuits par lesquels circule l’argent, retrouver les fonds d’origine douteuse et empêcher leur utilisation à des fins criminelles. Un chantier important pour renforcer la sécurité du pays et la confiance dans son système financier.