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La Banque mondiale dresse un bilan nuancé de l’économie mondiale, mettant particulièrement en lumière la situation des économies en développement. Malgré une résilience notable face aux tensions commerciales, certains pays continuent de faire face à un ralentissement de leur croissance et à des obstacles structurels importants.
Dans un contexte international encore marqué par l’incertitude et les tensions commerciales, le dernier rapport Global Economic Prospects de la Banque mondiale offre un panorama critique de l’évolution économique mondiale pour 2026 et au-delà. L’un des messages clés de ce rapport est que les économies en développement, bien que faisant preuve d’une certaine résilience, sont confrontées à un ralentissement de leur croissance et à des défis structurels qui freinent la réduction de la pauvreté et la création d’emplois durables. Selon la Banque mondiale, la croissance dans les économies en développement devrait atteindre environ 4 % en 2026, contre 4,2 % en 2025, avant de remonter légèrement à 4,1 % en 2027. Cette projection reflète une amélioration progressive des conditions économiques mondiales, notamment grâce à la stabilisation des conditions financières et à l’apaisement des tensions commerciales. Le rapport souligne que malgré une atmosphère économique mondiale encore fragile, affectée par des droits de douane élevés et une politique commerciale incertaine, l’économie globale a montré une résilience plus forte que prévu. Cette persistance est partiellement attribuée à l’adaptation des chaînes d’approvisionnement et à des investissements soutenus dans des secteurs technologiques et numériques. Toutefois, cette résilience mondiale ne se traduit pas de manière uniforme pour les pays en développement. La Banque mondiale note ainsi que plus d’un quart des économies émergentes et en développement affichent aujourd’hui un niveau de revenus par habitant inférieur à celui d’avant la pandémie de Covid-19. Cela signifie qu’une partie significative de ces pays n’a pas réussi à retrouver le niveau de bien-être économique d’avant crise, malgré une croissance globale positive observée ces dernières années.
Un point critique mis en avant dans le rapport est la création d’emplois dans ces économies. Avec environ 1,2 milliard de jeunes qui atteindront l’âge de travailler au cours de la prochaine décennie, les pays en développement font face à une pression sans précédent pour générer des opportunités d’emploi suffisantes. Sans des stratégies robustes d’investissement dans l’éducation, la formation professionnelle et l’innovation, ce défi démographique pourrait se transformer en obstacle majeur au développement social et économique.
Défis structurels
La croissance du revenu par habitant qui est un indicateur clé du niveau de vie reste également un sujet de préoccupation. La Banque mondiale prévoit une progression d’environ 3 % en 2026, soit un rythme inférieur à la moyenne enregistrée entre 2000 et 2019. À ce rythme, l’écart de revenus entre les économies en développement et les pays avancés risque de perdurer, voire de s’accroître, rendant plus difficile la convergence des niveaux de vie à long terme.
Le rapport met en évidence des disparités régionales notables. Certaines régions d’Afrique subsaharienne, d’Asie du Sud et d’Amérique latine connaissent des niveaux de croissance plus robustes, portés par une demande intérieure dynamique et une reprise des exportations. Par exemple, les pays à faible revenu devraient afficher une croissance moyenne de 5,6 % sur la période 2026-2027, stimulée par une modération de l’inflation et une reprise graduelle des marchés extérieurs. Cette dynamique favorable dans certains segments contraste toutefois avec les défis persistants dans d’autres économies confrontées à des niveaux d’endettement élevés, à des chocs climatiques et à des contraintes budgétaires sévères. Ces facteurs limitent leur capacité à mettre en œuvre des politiques publiques efficaces pour soutenir la croissance et l’investissement à long terme. L’un des points saillants du rapport est que même si la croissance devrait se maintenir dans les années à venir, elle reste insuffisante pour réduire significativement l’extrême pauvreté dans de nombreuses économies en développement. La Banque mondiale met en garde contre le risque d’un ralentissement prolongé qui pourrait maintenir des millions de personnes dans la pauvreté, en particulier dans les zones rurales et les économies fragiles.
Pour remédier à cette situation, le rapport préconise une combinaison de réformes structurelles, notamment l’amélioration du climat des affaires, l’investissement dans les infrastructures physiques et numériques, le renforcement des systèmes éducatifs et la promotion de politiques fiscales et monétaires prudentes. Une coopération internationale accrue est également jugée essentielle pour soutenir ces efforts, en particulier dans les pays les plus vulnérables.