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Les États de l’Uemoa ont accru leurs mobilisations sur le marché régional des titres publics en juin. Dans le même temps, le crédit au secteur privé s'accroît, notamment au profit des entreprises, tandis que le coût du financement évolue différemment selon les pays.
Le financement des économies de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) s’est accéléré en juin 2026. Les États membres ont mobilisé 1 633 milliards F Cfa sur le marché régional des titres publics, soit 316,9 milliards F Cfa de plus qu’en mai. Cette enveloppe représente une progression de 24,1 % sur un mois et de 57,4 % sur un an, selon la Note de conjoncture économique des pays de l’Uemoa de la Bceao.
Cette forte mobilisation intervient alors que le crédit bancaire au secteur privé reprend également de la vigueur. À fin mai, les créances sur l’économie ont progressé de 7,3 % sur un an, contre 4,3 % un mois plus tôt. Les financements aux entreprises privées affichent notamment une accélération.
Le marché régional des titres publics a été fortement sollicité en juin. Les émissions par adjudication ont représenté 1 058 milliards F Cfa, tandis que les émissions obligataires par syndication ont atteint 575 milliards F Cfa. Au total, les États ont mobilisé 1 633 milliards F Cfa, contre 1 316,1 milliards F Cfa en mai, indique la Bceao.
Cette progression des volumes s’est accompagnée d’une détente des conditions de financement. Le taux d’intérêt moyen pondéré des bons du Trésor est revenu à 6,01 %, contre 6,23 % en mai, soit une baisse de 22 points de base. Le rendement moyen pondéré des émissions obligataires par adjudication a également reculé de 74 points de base, à 7,35 %.
Les États ont donc emprunté davantage tout en bénéficiant de conditions légèrement plus favorables sur le marché régional.
Le crédit aux entreprises progesse
Du côté bancaire, les créances sur l’économie ont augmenté de 2 590,4 milliards F Cfa sur la période, portant leur progression annuelle à 7,3 % à fin mai. Les crédits aux sociétés non financières privées ont progressé de 10 % sur un an, contre 7,1 % en avril.
Les crédits aux ménages et aux institutions sans but lucratif au service des ménages ont, pour leur part, augmenté de 5,2 %, après 1,2 % le mois précédent.
Cette évolution traduit une progression plus nette des crédits bancaires, notamment en direction des entreprises privées.
L’amélioration des volumes ne signifie toutefois pas que le crédit est devenu bon marché. En mai, le taux débiteur moyen des banques s’est établi à 6,67 % dans l’Uemoa, hors charges et taxes, contre 6,73 % un an plus tôt, selon la Bceao.
Les évolutions restent toutefois contrastées. Au Bénin, le coût moyen du crédit bancaire a augmenté de 45 points de base en mai. Il a également progressé en Guinée-Bissau, au Niger, en Côte d’Ivoire et au Togo. À l’inverse, il a diminué au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal.
Le crédit progresse donc, mais son coût demeure un facteur important des conditions d’accès au financement.
Conditions de financement contrastées
Sur le marché interbancaire, le taux moyen à une semaine s’est établi à 3,68 % en juin, contre 3,48 % en mai. Toutes maturités confondues, le taux moyen des échanges interbancaires a atteint 3,99 %, en hausse de 7 points de base sur un mois, mais en baisse de 98 points de base sur un an. Dans le même temps, la masse monétaire a progressé de 19,9 % sur un an à fin mai.
À fin mai, les crédits aux sociétés non financières privées progressaient ainsi de 10 % sur un an, contre 7,1 % en avril. Cette accélération intervient alors que le taux débiteur moyen des banques s’établissait à 6,67 % dans l’Union, avec des évolutions contrastées selon les pays.
Nette progression de la mobilisation de ressources selon la Bceao