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Finances locales: Une progression record des investissements en 2024

Economie
Le ministre et la cheffe de file des Ptf lors de la présentation des performances Le ministre et la cheffe de file des Ptf lors de la présentation des performances

Les collectivités territoriales béninoises affichent des performances financières inédites pour la gestion 2024. Avec une hausse de 104?% des dépenses d’investissement et une exécution budgétaire renforcée, les communes confirment leur capacité à financer des projets structurants. Cette dynamique positive s’accompagne d’améliorations notables en matière de gouvernance et de reddition de comptes, tout en soulignant l’enjeu de péréniser les acquis.

Par   Joël C. TOKPONOU, le 17 févr. 2026 à 06h26 Durée 3 min.
#Finances locales #gestion 2024

Les communes béninoises ont changé d’échelle en 2024. En un an, les dépenses d’investissement ont plus que doublé, franchissant la barre des 43 milliards de francs Cfa contre un peu plus de 21 milliards l’année précédente, soit une progression record de 104 %. Cette accélération spectaculaire, relevée lors de la revue conjointe du secteur de la décentralisation, illustre un tournant dans la capacité des collectivités territoriales à financer et exécuter des projets structurants au bénéfice des populations.

Le taux moyen des dépenses d’investissement dans les budgets communaux est passé de 13,2?% en 2023 à 23,81?% en 2024, confirmant un engagement accru en faveur des infrastructures socio-économiques de base. Dans le même temps, le budget exécuté des communes est passé de 63,492 milliards à 89,057 milliards de francs Cfa, enregistrant une hausse de 40,26?%. Ces chiffres traduisent une meilleure capacité d’exécution et un choix stratégique de consacrer davantage de ressources à la formation brute de capital fixe.

Les indicateurs de gouvernance locale suivent également une courbe ascendante. Le taux de participation des élus aux sessions ordinaires des conseils communaux est passé de 70,72?% en 2022 à 84,59?% en 2024. La proportion des communes adoptant et validant leurs comptes administratifs dans les délais est passée de 72,73?% à 84,42?% sur la même période. La reddition de comptes, organisée désormais deux fois par an, a atteint 100?% dans toutes les communes en 2024, contre 76,62?% en 2022. Enfin, le respect des délais d’adoption du budget primitif est passé de zéro commune conforme en 2022 à 64 communes, soit 83,12?% du total.

Acquis

Pour Raphaël Akotègnon, ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale (Mdgl), ces performances s’inscrivent dans le cadre de la réforme structurelle engagée par la loi n° 2021-14 du 20 décembre 2021 portant Code de l’administration territoriale, opérationnelle depuis avril 2022 avec la prise de fonction des 77 secrétaires exécutifs de mairie. Cette réforme vise à renforcer l’efficacité de la gouvernance locale et la qualité des services publics de proximité.

« Nos collectivités territoriales décentralisées ont globalement enregistré des avancées notables sur plusieurs indicateurs de mesure de leurs performances, avec des disparités par endroits », a déclaré le ministre, soulignant l’importance d’intégrer la vision Alafia 2060 dans la formulation des stratégies et la mise en œuvre des politiques publiques locales. Il a invité préfets et administrations de tutelle à poursuivre leurs efforts pour corriger les points de contre-performance persistants.

Au nom des partenaires techniques et financiers, Gabriella Spirli, cheffe de file du secteur, a salué les progrès enregistrés depuis la mise en œuvre de la réforme. Elle a mis en avant l’importance des ressources humaines qualifiées mises à disposition des communes, tout en reconnaissant l’existence d’obstacles structurels. Parmi les mesures correctives adoptées figure l’obligation pour chaque commune de disposer d’un contrôleur financier afin d’accélérer et sécuriser la chaîne des dépenses.

Trois axes prioritaires d’amélioration ont été identifiés. Il s’agit de renforcer la coordination entre responsables communaux et services déconcentrés, d’améliorer la gouvernance des marchés publics locaux pour réduire les retards, et de mettre en place un mécanisme efficace de rétrocession des taxes locales collectées par l’État central. La situation des 27 communes du Nord, confrontées à des défis sécuritaires, a également été soulignée, avec la nécessité d’opérationnaliser le Fonds d’investissement communal (Fic) et de tester des procédures d’urgence pilotes.

La revue sectorielle conjointe porte sur trois grands volets que sont les performances financières des collectivités territoriales décentralisées, les performances en matière de gouvernance et le suivi de la mise en œuvre des recommandations issues de la revue précédente. Les conclusions de cette gestion 2024 servent de référence stratégique à la veille de l’installation des conseils communaux pour la mandature 2026-2033, tout en préparant le terrain pour la revue de la gestion 2025, prévue pour juin 2026.