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Projet Acte-Afrique: La phase 2 lancée pour renforcer la citoyenneté des jeunes (Etat civil, école inclusive et microprojets au cœur de la relance)

Economie
En recevant les cahiers des charges, les acteurs de la phase 2 s’engagent à consolider les acquis de la phase 2021-2024 En recevant les cahiers des charges, les acteurs de la phase 2 s’engagent à consolider les acquis de la phase 2021-2024

Le projet Action pour la Citoyenneté par et pour Tous les Enfants par l’Education en Afrique (Acte-Afrique) entame sa deuxième phase au Bénin, après une première étape encourageante. Le lancement officiel s’est tenu ce jeudi 12 février à Cotonou, en présence d’acteurs institutionnels et locaux, notamment des communes d’Allada et de Ouidah, zones d’intervention du projet au Bénin.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 13 févr. 2026 à 07h02 Durée 3 min.
#Acte-Afrique #phase 2

Prévue pour une durée de 36 mois, la phase 2 du projet Acte-Afrique s’annonce avec de nobles ambitions au Bénin, au Sénégal et au Togo. Portée par Action Education, avec l’appui financier de l’Agence française de développement (Afd), cette nouvelle étape vise à renforcer le pouvoir d’agir des enfants et des jeunes en matière de citoyenneté, de cohésion sociale et de développement durable, tout en consolidant l’accès à des droits essentiels comme l’état civil et l’éducation.

En procédant au lancement hier, le directeur de cabinet du ministre des Enseignements maternel et primaire, Dèwanou Avodagbé, salue une initiative qu’il juge en phase avec les orientations nationales de promotion d’une citoyenneté responsable. Il insiste sur la nécessité de faire émerger « des citoyens de type nouveau », capables de servir la nation avec loyauté, intégrité et sens du devoir.

Selon Laure Weisgerber, directrice de l’Afd au Bénin, l’éducation demeure un levier de cohésion sociale, de solidarité et de prospérité partagée, et le Bénin dispose d’atouts institutionnels importants pour réussir cette nouvelle phase. Elle précise que la phase 2 du projet s’inscrit dans un financement global de 3,83 millions d’euros (2,5 milliards F Cfa), couvrant les trois pays bénéficiaires, dont 54 % sous forme de subvention contributive de l’Afd.

L’approche retenue, souligne-t-elle, est orientée vers « des impacts durables et des changements systémiques », en plaçant les communautés et les jeunes au cœur des solutions.

Plus de 8 600 élèves ciblés

Pour Action Education, les défis restent considérables. « Beaucoup trop d’enfants ne sont pas déclarés à l’état civil ou très tardivement, limitant ainsi l’accès à d’autres droits essentiels, notamment le droit à l’éducation», rappelle Berthe A. Tehou, directrice pays de l’Organisation au Bénin. Elle relève également le faible engagement des jeunes dans la vie publique et la nécessité de renforcer les capacités des acteurs locaux pour répondre à ces problématiques.

Dans les communes d’Allada et de Ouidah, le projet ambitionne de contribuer à un meilleur accès aux droits de 8 668 écoliers, dont 3 811 filles, au sein de 13 écoles, avec une attention particulière aux enfants en situation de handicap. Il devrait impacter directement 8 107 jeunes membres ou sympathisants des associations dont 3 847 femmes, ainsi que des enseignants, inspecteurs, agents communaux et autres acteurs impliqués dans la gestion scolaire et l’accompagnement des initiatives citoyennes.

Accent sur l’entrepreneuriat social

La phase 2 intègre des enjeux transversaux, notamment la biodiversité et le climat, à travers le soutien à des microprojets d’atténuation du changement climatique et de préservation de l’environnement. S’appuyant sur les recommandations de l’évaluation de la première phase, Action Education indique que l’enveloppe par microprojet passera de 100 000 F Cfa à 500 000 F Cfa, afin de renforcer la portée socio-économique des initiatives et encourager une jeunesse plus autonome et force de propositions.

Le porte-parole des bénéficiaires, Lorentus Houédoté s’en réjouit, tout en saluant les acquis de la phase 1 qui a permis à des enfants d’obtenir des actes de naissance sécurisés et à des gouvernements scolaires de devenir de véritables espaces d’apprentissage citoyen. Défendant l’idée d’une jeunesse désormais actrice et non spectatrice, il martèle : « Nous ne voulons pas être de simples bénéficiaires passifs». Il appelle ses pairs à porter des microprojets citoyens intégrant aussi les jeunes en situation de handicap et à s’impliquer davantage dans le contrôle citoyen de l’action publique.