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Etat et entreprises publiques: Des relations financières en mutation

Economie

Les relations financières entre l’Etat et son portefeuille d’entreprises publiques connaissent une évolution marquée par une réorganisation et des mécanismes de financement mieux encadrés. Portée par des projections financières optimistes à moyen terme, cette dynamique vise une consolidation durable et une rationalisation accrue au service de la performance économique.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 11 févr. 2026 à 09h10 Durée 3 min.
#Entreprises publiques

Les relations financières entre l’État et les entreprises publiques au Bénin s’inscrivent dans une logique de transformation continue du portefeuille public. Le rapport annuel sur la gouvernance des entreprises publiques, publié par la Direction générale des participations de l’Etat et de la dénationalisation (Dgped) met en lumière l’évolution des relations financières entre l’Etat et son portefeuille d’entreprises publiques. Sur la période de référence, la gestion stratégique de ces entités a été marquée par plusieurs mouvements significatifs, notamment la création de nouvelles entreprises, des fusions par absorption, des transformations institutionnelles et des dissolutions. Ces ajustements traduisent la volonté de l’Etat d’adapter son appareil productif aux priorités économiques et sociales, tout en améliorant l’efficacité et la gouvernance des entreprises sous tutelle. Cette dynamique a également un impact direct sur les relations financières, tant en matière de financement que de contrôle de l’utilisation des ressources publiques. Au-delà des subventions d’exploitation accordées directement par l’État aux entreprises publiques, qu’il s’agisse des agences ou des sociétés d’État, certaines entités bénéficient également de ressources d’opération mises à disposition par divers ministères sectoriels. Ces financements sont encadrés juridiquement à travers des conventions de mandat, qui définissent les responsabilités et les obligations des parties dans la mise en œuvre de projets d’investissement. Ces conventions concernent principalement des projets exécutés en maîtrise d’ouvrage déléguée. A ce titre, plusieurs structures publiques jouent un rôle clé dans la réalisation d’infrastructures stratégiques. Il s’agit notamment de l’Agence pour la construction des infrastructures du secteur de l’éducation (Acise), de l’Agence des systèmes d’information et du numérique (Asin) et de la Société d’infrastructures routières et de l’aménagement du territoire (Sirat).

A travers ces mécanismes, les entreprises publiques apparaissent comme des instruments privilégiés de mise en œuvre des politiques publiques. Les ressources transférées par l’Etat leur permettent d’exécuter des projets structurants dans des secteurs clés tels que l’éducation, le numérique ou les infrastructures routières, contribuant ainsi à la modernisation de l’économie et à l’amélioration des services publics. Cette relation financière étroite implique toutefois une exigence accrue de transparence, de reddition de comptes et de performance, afin de garantir une utilisation optimale des fonds publics.

Perspectives économiques favorables

S’agissant des perspectives, les orientations économiques et budgétaires retenues dans le cadre de l’élaboration du projet de loi de finances 2025 privilégient la poursuite de la promotion des secteurs à fort potentiel, malgré un environnement international jugé difficile. Celui-ci reste marqué par la persistance des tensions géopolitiques, les incertitudes sécuritaires dans la sous-région et des tensions de liquidités au niveau mondial. Dans ce contexte, la croissance économique du Bénin devrait se consolider autour de 6 %, dans un environnement non inflationniste. Les choix budgétaires et les modèles de financement à privilégier devront ainsi soutenir à la fois le raffermissement économique, la consolidation budgétaire et la maîtrise des risques d’endettement. Au regard de ces orientations et du climat des affaires jugé relativement favorable, les projections financières de l’ensemble des entreprises publiques s’inscrivent dans une tendance globalement positive sur la période 2025-2027. Les chiffres d’affaires des établissements publics devraient progresser de 4,6 %, pour atteindre 229,3 milliards de F Cfa en 2027, contre 219,1 milliards de F Cfa projetés en 2025. Cette évolution reflète les effets attendus d’une meilleure gestion des activités, de la poursuite des investissements publics et du renforcement des capacités opérationnelles des entreprises publiques. La bonne maîtrise des charges et la hausse des produits projetées devraient se traduire par une amélioration progressive des résultats nets des établissements publics à moyen terme. Ainsi, leurs résultats nets passeraient de 118,1 milliards de F Cfa en 2025 à 127,1 milliards de F Cfa en 2027, soit une augmentation de 7,6 %. Le rapport annuel sur la gouvernance des entreprises publiques révèle qu’à travers l’évolution des relations financières entre l’Etat et les entreprises publiques, le Bénin s’engage dans une gouvernance plus performante, fondée sur la rationalisation des financements, la clarification des rôles et la recherche de résultats mesurables. Les perspectives dégagées à moyen terme suggèrent une consolidation progressive de la santé financière du portefeuille public, au service de la croissance et de la soutenabilité budgétaire.