La Nation Bénin...
Engagé dans le renforcement de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Lbc/Ft), le Bénin sera soumis au deuxième cycle des évaluations mutuelles du Giaba. Fondé sur les normes révisées du Gafi, cet exercice testera l’efficacité réelle du dispositif national dans un contexte régional marqué par des risques financiers croissants.
Le Bénin figure parmi les Etats membres concernés par le deuxième cycle des évaluations mutuelles lancé par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) de la Cedeao. Plus exigeant que le précédent, cet exercice permettra d’apprécier les dispositifs nationaux de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Lbc/Ft) dans un contexte régional caractérisé par la persistance de menaces liées à la criminalité financière.
Comme les autres pays, le Bénin sera évalué sur la base des recommandations du Groupe d’action financière (Gafi) et de la Méthodologie révisée d’évaluation, en vigueur au moment de la visite sur place. Le Giaba entend produire une analyse « objective, précise et cohérente» des systèmes nationaux, tout en garantissant l’égalité de traitement entre les États évalués et la crédibilité du processus.
Le document-cadre intitulé Processus et procédures du 2nd Cycle des évaluations mutuelles (version révisée, janvier 2026, Giaba, Dakar, Sénégal) précise que ce cycle étalé sur une période de six à sept ans, pourra faire l’objet d’ajustements afin d’intégrer les évolutions normatives et les nouveaux défis en matière de criminalité financière.
Changement de paradigme
Pour le Bénin, l’évaluation reposera sur deux composantes majeures : la conformité technique et l’efficacité. La première portera sur l’existence et l’application effective des lois, règlements et mécanismes institutionnels en matière de Lbc/Ft. La seconde mesurera la capacité du pays à atteindre les objectifs opérationnels définis par le Gafi à travers onze résultats immédiats.
Le second cycle marque ainsi un changement d’approche. Alors que le premier mettait l’accent sur la mise en place des textes et des institutions, le Giaba privilégie désormais l’analyse des résultats concrets. Il s’agira pour le Bénin de démontrer, sur la base d’éléments factuels, que son dispositif permet effectivement d’identifier les risques de blanchiment et de financement du terrorisme, de détecter les opérations suspectes, de poursuivre les infractions financières et de coopérer de manière effective avec les partenaires internationaux.
Dans cette perspective, les autorités béninoises devront transmettre des informations détaillées sur la mise en œuvre des politiques de Lbc/Ft au moins vingt-quatre semaines avant la visite sur place, notamment à travers le questionnaire d’évaluation mutuelle adressé par le Secrétariat du Giaba.
La visite sur place constitue le cœur du processus d’évaluation. D’une durée de sept à huit jours en principe, elle permettra à l’équipe d’évaluation de rencontrer les administrations publiques concernées, les autorités judiciaires, les institutions financières, les entreprises et professions non financières désignées, ainsi que d’autres parties prenantes.
Enjeux de crédibilité
Ces échanges offriront aux évaluateurs l’occasion d’apprécier la compréhension nationale des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, mais aussi le degré de coordination entre les différentes institutions impliquées dans le dispositif. Une attention particulière sera accordée aux domaines identifiés comme présentant des risques plus élevés, notamment les flux financiers transfrontaliers et la coopération internationale.
Au-delà de l’exercice technique, l’évaluation mutuelle constitue un enjeu stratégique pour le Bénin. Les conclusions du Rapport d’évaluation mutuelle influenceront la perception du pays par les partenaires internationaux, les institutions financières et les investisseurs, notamment en matière de gouvernance financière et de gestion des risques.
Le processus d’évaluation vise à orienter les réformes futures, identifier les faiblesses structurelles et promouvoir les bonnes pratiques, dans un contexte régional où la lutte contre la criminalité financière demeure une priorité