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Intégration économique régionale: 1,7 milliard pour dynamiser le secteur privé

Economie
La transformation des produits locaux, au cœur de la création de valeur et de la compétitivité des économies La transformation des produits locaux, au cœur de la création de valeur et de la compétitivité des économies

Le Fonds africain de développement a approuvé un financement de 1,7 milliard de FCfa en faveur des huit pays de l’Uemoa. Ce soutien vise à renforcer la compétitivité du secteur privé et à accélérer l’intégration régionale dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 20 avr. 2026 à 06h39 Durée 3 min.
#UEMOA #secteur privé

Une nouvelle impulsion est donnée au processus d’intégration économique en Afrique de l’Ouest. Le Conseil d’administration du Fonds africain de développement (Fad) a approuvé, le 10 avril 2026, un don de 1,7 milliard de francs Cfa destiné à financer le Projet de renforcement de la compétitivité du secteur privé dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Ce financement s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), considérée comme un levier majeur pour stimuler les échanges intra-africains et accroître les opportunités économiques pour les entreprises du continent. L’objectif principal du projet est de renforcer la compétitivité des économies nationales et du secteur privé afin de permettre aux pays membres de mieux tirer parti des opportunités de production et de commerce offertes par ce vaste marché continental. Les huit pays concernés par cette initiative sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Ensemble, ils représentent un espace économique de plus de 147 millions d’habitants, avec des défis communs liés à la diversification des exportations, à la transformation des économies et à l’amélioration de la compétitivité des entreprises locales. Concrètement, le projet prévoit l’organisation de concertations nationales avec les Comités nationaux de la Zlecaf afin d’évaluer l’état d’avancement de l’accord dans chaque pays et de définir des mécanismes opérationnels adaptés. Ces rencontres permettront de mieux coordonner les stratégies nationales et d’assurer une mise en œuvre cohérente de l’accord à l’échelle de l’Union. Dans la même logique, un atelier régional sera organisé pour établir un cadre commun de responsabilité, de facilitation et de suivi. L’objectif est de renforcer la coordination entre les États membres et d’améliorer l’efficacité des politiques publiques en matière de commerce et d’intégration régionale.

Accompagnement ciblé

Au cœur de ce dispositif figure également un accompagnement ciblé en faveur du secteur privé. Le projet prévoit de renforcer les capacités de 80 petites et moyennes entreprises (Pme) à fort potentiel d’exportation, notamment à travers des formations de formateurs. Ces entreprises bénéficieront d’un appui sur des thématiques essentielles telles que les procédures d’exportation, l’accès au financement, la conformité aux normes internationales, l’utilisation des technologies modernes et l’adoption de pratiques de production durables. Une attention particulière sera accordée aux entreprises détenues par des femmes et des jeunes, afin de favoriser une croissance plus inclusive et de renforcer leur participation aux échanges commerciaux régionaux et internationaux. Pour Lamin Barrow, directeur général de la Banque pour l’Afrique de l’Ouest, ce projet s’inscrit dans une approche globale visant à harmoniser les stratégies nationales et à exploiter les synergies régionales. « Le projet vise à définir un cadre d’harmonisation et de mise en cohérence des stratégies nationales, tout en renforçant l’efficacité des instruments existants de promotion de l’intégration sous-régionale », a-t-il expliqué. Au-delà du soutien direct aux entreprises, cette initiative devrait avoir des retombées significatives sur l’ensemble des économies de l’Uemoa. L’amélioration de la facilitation du commerce, la réduction des coûts commerciaux et le développement de nouvelles opportunités d’affaires constituent autant de leviers susceptibles de stimuler la croissance économique à moyen et long termes. Le projet contribuera également au renforcement des capacités institutionnelles de l’Uemoa en tant qu’union douanière. La Chambre consulaire régionale de l’Uemoa (Ccr-Uemoa) verra notamment son rôle consolidé en tant que porte-voix du secteur privé dans le processus d’intégration régionale.

Dans un contexte marqué par la concurrence accrue sur les marchés internationaux et les défis liés à la transformation structurelle des économies africaines, ce financement apparaît comme une grande opportunité pour repositionner le secteur privé ouest-africain. Il traduit également l’engagement des partenaires techniques et financiers à accompagner les efforts des États membres en faveur d’une intégration économique plus poussée et plus efficace. À terme, l’enjeu est de permettre aux économies de l’Union de passer d’une logique d’exportation de matières premières à une participation plus active et compétitive aux chaînes de valeur régionales et continentales. Une ambition qui passe nécessairement par un secteur privé plus robuste, mieux structuré et davantage tourné vers l’innovation et l’exportation.