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Transfert du marché Dantokpa: Le plaidoyer des vendeuses de tissu-pagne

Economie
Une lueur d’espoir illumine désormais les visages des vendeuses de tissus installées au niveau du jardin Une lueur d’espoir illumine désormais les visages des vendeuses de tissus installées au niveau du jardin

A Cotonou, les femmes vendeuses de pagnes et tissus du jardin de Dantokpa accueillent favorablement le projet de leur déplacement vers un site plus moderne. Entre satisfaction et vigilance, elles demandent que tous les vendeuses et vendeurs soient relogés sur le même site.

Par   Joël C. TOKPONOU, le 16 avr. 2026 à 09h51 Durée 2 min.
#marché Dantokpa

Dans le tumulte quotidien du marché Dantokpa, cœur battant du commerce à Cotonou, une lueur d’espoir illumine désormais les visages des vendeuses de tissus installées au niveau du jardin. Longtemps confrontées à des conditions précaires, ces femmes commerçantes voient dans l’annonce de leur relogement sur un site plus adéquat une opportunité historique de transformation de leur activité.

Au sein de l’Association des vendeuses et vendeurs de pagne tissu du jardin de Dantokpa, elles n’ont pas caché leur satisfaction face à la décision des autorités. Pour elles, ce projet constitue une réponse attendue après des années de difficultés liées à l’insalubrité, à l’exiguïté des espaces et aux aléas climatiques.

« On nous sort de la boue pour un endroit plus adéquat », a reconnu avec conviction Olga Amandine Adoté, secrétaire générale adjointe de l’association. Par cette formule imagée, elle résume le sentiment général qui est celui d’un passage nécessaire d’un environnement difficile à un cadre plus propice à l’épanouissement économique.

Car, au jardin de Dantokpa, les réalités du terrain sont bien connues. Entre les eaux stagnantes en saison des pluies, les installations précaires et l’absence d’infrastructures modernes, les conditions de travail restent éprouvantes. Pour ces femmes, dont beaucoup sont des soutiens pour leurs familles, chaque amélioration représente un enjeu vital.

Aux côtés de la secrétaire générale adjointe, la présidente de l’association, Charlotte Nougloï Guézo, a également salué l’initiative gouvernementale. Elle a tenu à féliciter les autorités pour leur écoute et leur volonté d’accompagner les acteurs du secteur informel pour de meilleures conditions d’exercice.

Mais au-delà des remerciements, les responsables de l’association ont une doléance. Ils souhaitent préserver l’unité des commerçants lors du transfert. « Nous souhaitons que tous les vendeurs de tissu-pagne restent ensemble au niveau du même emplacement quand le transfert sera effectué », a insisté la présidente.

Cette demande, loin d’être anodine, reflète une réalité profondément ancrée dans le fonctionnement du marché. A Dantokpa, les vendeurs de tissu-pagne constituent une communauté soudée, organisée autour de relations de confiance, de solidarité et de complémentarité. Les disperser reviendrait, selon elles, à fragiliser un écosystème commercial déjà structuré.

La cohésion du groupe est en effet un facteur clé de leur réussite. Elle permet non seulement d’attirer une clientèle fidèle, mais aussi de maintenir une certaine régulation interne du marché. C’est pourquoi, les commerçantes appellent à une approche concertée, impliquant les acteurs concernés à chaque étape du processus.

Satisfaction

Dans la même dynamique, les revendeuses de tissu-pagne se réjouissent également de la décision du gouvernement de reporter l’échéance initiale du transfert. Une mesure qu’elles interprètent comme un signe d’écoute et de volonté de bien faire. « C’est une grande joie pour nous que le gouvernement ait reporté l’échéance du transfert pour réajuster les choses. Nous en sommes très contentes et espérons que ce temps permettra de réellement donner satisfaction aux vrais bénéficiaires », a souligné Olga Amandine Adoté.

Ce report apparaît ainsi comme une opportunité de corriger d’éventuelles insuffisances et de s’assurer que le processus se déroule dans la transparence et l’équité. Les commerçantes insistent notamment sur la nécessité de garantir que les actuels occupants soient les premiers bénéficiaires des nouveaux espaces.

Sur ce point, elles disent faire confiance au gouvernement, qui leur aurait donné des assurances claires. Selon leurs propos, le chef de l’Etat aurait promis que tous les vendeurs actuellement en activité retrouveront leurs places avant l’attribution de stands à d’éventuels entrants. Une promesse qui, pour ces femmes, constitue un gage de sérénité. Dans un contexte où les enjeux économiques sont importants, la crainte d’être évincé ou relégué au second plan reste en effet bien réelle. D’où leur appel à la vigilance et à la transparence dans la mise en œuvre du projet.

Au-delà des préoccupations immédiates, ce projet de relogement s’inscrit dans une vision plus large de modernisation des espaces marchands au Bénin. Il vise à offrir aux commerçants des infrastructures adaptées, capables de soutenir le développement de leurs activités et d’améliorer l’expérience des clients.

Pour les vendeuses de tissu-pagne du jardin de Dantokpa, il s’agit d’une occasion unique d’accéder à un cadre organisé, sécurisé et fonctionnel et qui pourrait leur permettre d’accroître leur chiffre d’affaires, de diversifier leur offre et de renforcer leur position sur le marché.

Mais pour que cette transition soit une réussite, elles en appellent à une collaboration étroite entre les autorités et les acteurs concernés. Dialogue, transparence et inclusion apparaissent, selon elles, comme les clés d’un transfert réussi.