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Assainissement des finances publiques: Moteur de la transformation du Bénin

Economie
Patrice Talon transforme en dix ans le Bénin grâce à la courageuse décision  d’assainissement des finances publiques Patrice Talon transforme en dix ans le Bénin grâce à la courageuse décision d’assainissement des finances publiques

Arrivé au pouvoir en avril 2016 avec la promesse d’une « rupture » dans la gouvernance publique, Patrice Talon aura profondément marqué le paysage économique et infrastructurel du Bénin. En dix ans, l’assainissement des finances publiques, la lutte contre la corruption et la rationalisation des dépenses de l’État ont permis de mobiliser des ressources inédites pour financer d’ambitieux projets de développement. 

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 22 mai 2026 à 07h17 Durée 3 min.
#Finances publiques #Développement

Le 6 avril 2016, lorsqu’il accède à la magistrature suprême, Patrice Talon hérite d’un pays confronté à de nombreuses fragilités budgétaires, à une administration jugée lourde et à une corruption qui a gangrené toute l’administration avec ses conséquences pesantes sur le développement. Dix ans plus tard, le constat est celui d’une profonde mutation de l’appareil économique et administratif du Bénin. Routes, énergie, industrialisation, digitalisation, recrutements et modernisation de l’administration publique, le Bénin affiche aujourd’hui un visage transformé, digne d’un État ambitieux qui a désormais une vision claire et des objectifs bien définis. Dès les premières années de son mandat, le chef de l’État fait de l’assainissement des finances publiques une priorité. Plusieurs réformes conduites par son ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, devenu aujourd’hui son successeur, sont engagées pour améliorer la collecte des recettes, réduire les dépenses improductives et renforcer la transparence dans la gestion publique. La digitalisation des services fiscaux et douaniers, la traque des faux agents de l’État, la suppression de structures jugées budgétivores ainsi que le passage progressif au budget-programme ont permis à l’administration financière de gagner en efficacité. Cette discipline budgétaire a contribué à repositionner le Bénin parmi les économies les plus crédibles et enviées de l’espace Uemoa. Ce qui a permis au pays de lever fréquemment des fonds sur le marché financier régional pour financer ses projets. Les institutions financières internationales, Fmi, Banque mondiale, Bceao, Banque africaine de développement... ont salué à plusieurs reprises la rigueur macroéconomique du pays, facilitant ainsi l’accès aux financements internationaux pour les grands projets structurants. La parfaite illustration est que le Bénin est devenu le premier État africain à émettre un Sukuk souverain international en levant 500 millions de dollars Us, soit près de 300 milliards de francs Cfa.

Décisions courageuses

Dans le même temps, la lutte contre la corruption et les malversations financières s’est intensifiée. L’acte majeur pour maitriser le fléau est la création et le renforcement de juridictions spécialisées, notamment la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Ces actions ont permis de poursuivre plusieurs dossiers de détournement de fonds publics. Des responsables administratifs, cadres d’entreprises publiques et opérateurs économiques ont été traduits devant la justice dans des affaires portant sur plusieurs milliards de francs Cfa et ont rendu gorge, en dépit de certaines critiques sur cet appareil judiciaire qui s’est révélé plus tard très utile pour le pays. L’État fait ainsi montre d'une volonté de mettre fin à l’impunité qui a longtemps gangrené l’administration publique. Cette politique de fermeté a également favorisé une meilleure mobilisation des ressources internes. Les effets de cette gouvernance financière se sont traduits par des investissements massifs dans les infrastructures. À travers les différents Programmes d’action du gouvernement (Pag 1 et 2), plus de 10 000 milliards de francs Cfa ont été mobilisés pour transformer le pays. Le secteur routier apparaît comme l’un des symboles les plus visibles de cette transformation. Des milliers de kilomètres de routes ont été construits, réhabilités ou lancés à travers le territoire national. Des axes stratégiques reliant les grandes villes et les zones agricoles ont été modernisés afin de faciliter la mobilité des personnes et des biens. Cotonou, la capitale économique s’est complètement métamorphosée avec ses premières autoroutes vastes et imposantes. Plusieurs observateurs reconnaissent qu’en dix ans, le Bénin a réalisé davantage d’infrastructures routières qu’au cours de plusieurs décennies précédentes. Des actions à l’actif de Patrice Talon qui entre bien dans l’histoire en laissant ces réalisations dans la mémoire collective.

Grandes ambitions

Le secteur énergétique a également connu une évolution notable. Alors que le pays dépendait fortement des importations d’électricité en 2016, les investissements dans les centrales électriques, notamment à Maria-Gléta, les centrales solaires et photovoltaïques à Pobè, Bohicon, Djougou, Parakou, Natitingou, ont permis d’accroître significativement la capacité nationale de production énergétique. Cette amélioration a favorisé l’implantation d’industries et mis fin aux délestages. L’ambition industrielle du régime s’est particulièrement illustrée avec la création de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz). Cette plateforme est aujourd’hui l’un des plus grands projets industriels du pays et vise à transformer localement les matières premières béninoises telles que le coton, le soja ou l’anacarde afin de créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois. Aussi, le pays a connu la construction de 35 marchés modernes dont Tokpa Yôyô à Kouhounou et Tokpa Daho à Abomey-Calavi.

Parallèlement, le climat des affaires s’est amélioré grâce à la simplification des procédures administratives et à la digitalisation des services publics. La création d’entreprises est devenue plus rapide et plus accessible, encourageant l’essor du secteur privé et l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers. Cette dynamique économique s’est accompagnée de recrutements massifs dans plusieurs secteurs, notamment l’éducation avec surtout les Aspirants au métier d’enseignant, la santé, la sécurité et l’administration publique. De nombreux jeunes ont ainsi intégré la fonction publique au cours des dernières années.

À l’heure de quitter le pouvoir après deux mandats constitutionnels, Patrice Talon laisse ainsi un pays profondément transformé sur le plan économique et infrastructurel. Une décennie durant laquelle l’assainissement des finances publiques aura servi de socle à une ambitieuse politique de développement.