La Nation Bénin...
15 Organisations d’appui à l’entrepreneuriat (Oae) ont reçu, vendredi 6 février dernier à Cotonou, des subventions pour un montant global de plus de 828 millions de F Cfa. Une étape clé dans la professionnalisation de l’accompagnement des Petites et moyennes entreprises (Pme).
Soutenir l’entrepreneuriat ne se limite pas au financement direct des entreprises. Conscient de l’importance d’un écosystème solide et structuré, le gouvernement a franchi une nouvelle étape avec la remise de subventions à 15 Organisations d’appui à l’entrepreneuriat (Oae) labellisées. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la qualité de l’accompagnement offert aux Pme, véritables piliers de la croissance et de l’emploi. La cérémonie de remise des subventions, tenue vendredi 6 février à Cotonou, marque l’aboutissement d’un processus engagé depuis deux ans. Pour Marilyn Glèlè Kakaï, représentante du comité de labellisation, cette initiative traduit le choix du gouvernement d’investir dans la qualité de l’accompagnement pour maximiser l’impact auprès des entrepreneurs. « Les Pme constituent l’ossature de notre tissu économique. Leur réussite est un enjeu central pour la croissance, l’emploi et la transformation de notre pays», a-t-elle rappelé, soulignant le rôle déterminant des Oae dans la structuration des start-up et la transformation des idées en entreprises viables. Incubateurs, fablabs, accélérateurs ou structures spécialisées, les Oae labellisées reflètent la diversité et la richesse de l’écosystème entrepreneurial béninois, notamment dans des secteurs stratégiques comme le numérique et les industries créatives et culturelles.
Présentant les contours du programme, Bernard Wannou, membre du comité de pilotage, a insisté sur le caractère progressif et structuré du dispositif. Sur 62 candidatures initiales, seules 15 Oae ont été retenues au terme du processus de labellisation, première étape du parcours. La deuxième phase a consisté en un appui technique, destiné à renforcer les capacités managériales des structures, notamment en matière de gouvernance et de modèles économiques. « Le sujet du modèle économique est aujourd’hui central pour les Oae », a souligné Bernard Wannou, rappelant que l’objectif est de rendre ces structures plus pérennes. La troisième étape, consacrée à la subvention d’appui, vise à financer des besoins stratégiques clairement identifiés et validés par plusieurs instances. Les dépenses éligibles couvrent aussi bien les investissements matériels qu’immatériels tels que les équipements, la digitalisation, les formations spécifiques, la mise en conformité, les ressources humaines, les certifications ou recours à des experts.
Exigence et responsabilité
L’analyse des plans de subvention révèle des priorités nettes au sein des Oae. Les besoins liés aux équipements et infrastructures arrivent en tête, représentant 34 % de la masse totale. Ils sont suivis de la digitalisation et l’amélioration des systèmes informatiques (23 %), les ressources humaines et compétences (20 %), puis la conformité et la gouvernance (11 %). Ces chiffres traduisent, selon le comité de pilotage, un déficit structurel de capacités opérationnelles dans l’écosystème, que ce programme ambitionne de corriger. Le montant maximum par Oae a été plafonné, avec des décaissements prévus en deux tranches, conditionnés au respect strict des plans validés. Au total, 15 Oae, dont cinq portées par des femmes, bénéficient de cette subvention pour un montant global de 1 492 623 dollars, soit plus de 828 millions de F Cfa. Mais au-delà des ressources financières, les autorités insistent sur la portée symbolique de l’initiative.
Pour Modeste Kérékou, ministre des Petites et moyennes entreprises et de la Promotion de l’emploi, il ne s’agit ni de dons ni de largesses. « Ce programme n’a rien à voir avec une distribution. On renforce les Oae pour qu’elles puissent mieux accompagner les chefs d’entreprise », a-t-il martelé. Le ministre a également rappelé que les Oae labellisées sont engagées dans un pacte de résultats. Le label est attribué pour trois ans, mais fait l’objet d’une évaluation annuelle. «Si elles rentrent dormir avec les labels, nous les retirerons », a-t-il averti, insistant sur les attentes de performance et d’impact concret au profit des Pme. À travers ce programme, le gouvernement affiche l’ambition de structurer une masse critique de Pme viables, capables de créer durablement de la richesse et de l’emploi.
15 Oae labellisées reçoivent une subvention pour améliorer la qualité de l’accompagnement des Pme