La Nation Bénin...

Teigne en milieu scolaire : ces plaques du cuir chevelu qu’il ne faut pas banaliser

Education
Teigne en milieu scolaire Teigne en milieu scolaire

Dans la cour de récréation, les moqueries fusent autour de « Koffi », un élève dont une partie du cuir chevelu est dépourvue de cheveux. « Tu as une pièce de 25 F sur la tête ! », lancent certains de ses camarades en riant. Présente dans les écoles, aussi bien en ville qu’en milieu rural, la teigne est une infection contagieuse du cuir chevelu qui nécessite une attention particulière, notamment dans les zones reculées où l’accès aux soins reste difficile.

Par   Mariama SALIFOU (Coll.), le 13 oct. 2026 à 12h46 Durée 4 min.
#Teigne en milieu scolaire

Des signes à reconnaître

 

La teigne est une infection du cuir chevelu causée par des champignons microscopiques. Elle se manifeste généralement par des plaques dépourvues de cheveux, des démangeaisons, des squames, c’est-à-dire de petites peaux mortes, et des cheveux qui se cassent près de la racine. Dans certains cas, le cuir chevelu peut devenir rouge, gonflé et douloureux.

« Mon histoire avec la teigne remonte au village, en classe de CM2. Un camarade en souffrait et les autres se moquaient de lui en disant qu’il avait une pièce de 25 F sur la tête. Il se grattait beaucoup et sa tête devenait blanche. J’ai fini par m’éloigner de lui par peur d’être contaminé, alors qu’il était très bon en mathématiques et m’aidait en classe », se souvient Roméo Akpao, aujourd’hui quadragénaire.

Que disent les chiffres à Parakou ?

 

Une étude menée en 2018 dans les écoles de Parakou par les dermatologues Christiane Koudoukpo, Bérénice Dégboé, Fabrice Akpadjan, Félix Atadokpèdé et Hugues Adégbidi a porté sur 706 écoliers. Parmi eux, 178 présentaient des signes suspects et 46 cas ont été confirmés par des analyses de laboratoire, soit une prévalence de 6,52 %.

Ces résultats rappellent l’importance de la sensibilisation et du dépistage en milieu scolaire. Même si la maladie est en régression, la vigilance reste nécessaire pour éviter sa propagation, particulièrement dans les écoles et les zones où les difficultés d’accès aux soins peuvent retarder le diagnostic et le traitement.

L’école, un lieu essentiel pour prévenir la contagion

 

L’hygiène et la sensibilisation constituent des moyens importants pour limiter les risques de transmission. Les enseignants ont un rôle à jouer en veillant à la propreté des élèves et en les sensibilisant aux bonnes pratiques d’hygiène, sans stigmatiser ceux qui présentent des signes de la maladie.

« Moi, lorsque je constate que les cheveux de mes élèves deviennent trop longs, je leur demande de se coiffer et d’être propres. C’est important pour éviter la transmission de certaines maladies, surtout dans les classes qui comptent beaucoup d’élèves. Cela permet aussi d’avoir une classe bien ordonnée », explique Clément Agossou, instituteur.

Toutefois, porter les cheveux courts ne suffit pas à prévenir la teigne. Il faut également éviter de partager les peignes, les brosses, les bonnets, les chapeaux et les serviettes. Le nettoyage régulier des accessoires de coiffure est aussi indispensable.

« Dans notre métier, il faut être attentif aux accessoires utilisés pour les clients. C’est pourquoi j’évite le partage des objets personnels et je demande à mes apprentis de nettoyer régulièrement le matériel. Cela me fait beaucoup dépenser, c’est pourquoi certains pensent que je suis cher », affirme Fofo Firmin, dit « Elegancia », coiffeur.

Éviter les traitements maison et les produits dangereux

 

Face aux plaques sur le cuir chevelu, certains parents ont recours à l’automédication ou à des remèdes maison. Pourtant, l’application de produits corrosifs, d’acides ou de préparations traditionnelles agressives peut aggraver les lésions. Toutes les plaques sans cheveux ne sont pas nécessairement dues à la teigne. Un examen par un professionnel de santé est donc nécessaire pour confirmer le diagnostic et prescrire un traitement adapté. La teigne du cuir chevelu nécessite généralement un traitement antifongique par voie orale.

Repérer les premiers signes, informer les parents, renforcer l’hygiène et sensibiliser les élèves sont autant de mesures qui peuvent contribuer à limiter la propagation de la teigne et à protéger les enfants des moqueries à l’école.