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Agroécologie au Bénin: Défis et perspectives d’un secteur à fort impact

Environnement
L’agroécologie présente de nombreuses opportunités économiques et environnementales L’agroécologie présente de nombreuses opportunités économiques et environnementales

Les pratiques agroécologiques au Bénin sont de plusieurs ordres. Entre autres, il y a l’agroforesterie, la conservation des sols et la gestion de l’eau, la gestion durable de la fertilité des terres et la gestion intégrée de la fertilité des sols. Selon le rapport 2025 sur le développement durable au Bénin, des obstacles empêchent leur adoption à grande échelle dans le modèle de production agricole actuel, bien que cette pratique agricole regorge de nombreux bénéfices pour la terre, le climat et l’homme.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 28 janv. 2026 à 09h20 Durée 3 min.
#Agroécologie

Quatre défis majeurs sont à relever pour que l’agroécologie soit massivement adoptée par les producteurs. Le rapport 2025 sur le Développement durable au Bénin souligne qu’il faut promouvoir l’agroécologie dans les politiques agricoles, l’accessibilité des intrants naturels aux producteurs, la professionnalisation des acteurs de l’agroécologie, et enfin valoriser l’agroécologie.

« L’agroécologie demeure peu connue de nombreux producteurs. Elle n’est pas non plus suffisamment reconnue par les pouvoirs publics même si les politiques et stratégies mises en place mentionnent l’utilisation des engrais organiques, des plantes fertilisantes et d’agriculture ou de développement durable. Dans la pratique, il y a une prédominance de l’utilisation des intrants chimiques, qui constituent un volet important des investissements agricoles», relève le document. Il faut alors corriger le tir en faisant cas de l’agroécologie dans les documents de politique nationale mais aussi en encourageant les producteurs à l’adopter. Promouvoir l’agroécologie revient aussi à faciliter l’accès des intrants naturels aux producteurs. Sur ce point, le document préconise une plus large diffusion de la fabrication du compost. Car, « bien que déterminants dans l’adoption massive de l’agroécologie, la production, la disponibilité et l’accessibilité des intrants de qualité (semences, fertilisants, produits phytosanitaires, etc.), restent très limitées ».

Le rapport souligne la nécessité de professionnaliser les acteurs de l’agroécologie afin qu’ils puissent maîtriser leur activité, améliorer leurs revenus et répondre aux besoins de leurs familles. Il met en avant le rôle important de l’agroécologie dans la souveraineté alimentaire, la protection de l’environnement et l’économie nationale, tout en pointant du doigt des défis majeurs comme la gestion de la main-d’œuvre et la faible maîtrise des techniques agroécologiques. Pour y répondre, il insiste sur l’importance de politiques publiques fortes, incluant la formation, le financement et des mesures incitatives (réductions fiscales, assurances), afin de soutenir les exploitations familiales engagées dans l’innovation agroécologique. Le dernier défi évoqué est la valorisation de l’agroécologie dans les mesures de performance agricole. Le document souligne, en effet, la nécessité d’évaluer la performance agricole au-delà de la seule productivité quantitative. Il appelle à intégrer l’agroécologie en prenant en compte les impacts environnementaux, sanitaires, sociaux et économiques de l’agriculture. L’évaluation doit inclure les externalités négatives, comme la dégradation des sols, la pollution, la perte de biodiversité et les coûts pour la santé publique, afin de promouvoir une agriculture durable et respectueuse des écosystèmes.

A côté de ces défis, il y a des contraintes qui plombent aussi le développement de l’agroécologie au Bénin. Le rapport ne manque pas de les souligner. « En dépit des nombreuses vertus qu’elles portent, les pratiques agroécologiques sont tout de même associées à certaines contraintes qui freinent leur (…) adoption et leur application par les agriculteurs », documente-t-il, ajoutant que ces difficultés se présentent en termes de temporalité, d’investissement, de sécurité foncière, de différenciation des produits et d’appréhension des risques.

Perspectives et opportunités

L’agroécologie présente de nombreuses opportunités économiques et environnementales. Selon le rapport, les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux produits agroécologiques. « Le marché des produits issus de l’agroécologie est en croissance, tant au niveau local qu’international. Au Bénin, une part importante des consommateurs urbains exprime une préférence pour des produits plus sains, sans pesticides ni engrais chimiques ou avec des quantités réduites de produits chimiques… », lit-on.

Sur les questions liées au climat, le texte renseigne que l’agroécologie contribue à la résilience climatique. L’agroécologie améliore la résilience des exploitations au Bénin face aux aléas climatiques croissants (sécheresses, inondations, érosion). Entre 2012 et 2023, ces phénomènes ont causé d’importants déplacements de populations et des dégâts aux infrastructures. Grâce à des pratiques comme l’agroforesterie, la rotation des cultures, les semences locales adaptées et la gestion intégrée de l’eau, l’agroécologie maintient la productivité, préserve les écosystèmes, améliore la santé des sols et réduit la vulnérabilité aux sécheresses. Pour illustrer cette analyse, le document fait un focus sur des exemples de contributions à la résilience climatique, de projets agroécologiques au Bénin, sur la période de 2015 à 2023.

Toujours d’après le rapport, la réussite de la transition agroécologique au Bénin repose sur une série de leviers interdépendants, à activer de manière coordonnée. Elle ne saurait se limiter à la diffusion de techniques agricoles alternatives, mais requiert une transformation systémique des pratiques agricoles, des institutions et des modèles économiques. À cet égard, le document identifie plusieurs axes stratégiques, essentiels à l’ancrage durable de l’agroécologie dans le paysage agricole béninois.