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Érosion côtière à l’Est de Cotonou: L’urgence sur le littoral béninois

Environnement

Le ministre du Cadre de vie et des Transports chargé du Développement durable, Georges Alé, était ce week-end sur plusieurs sites touchés par l’érosion côtière, notamment aux abords des installations de Wapco Niger-Bénin. Cette descente de terrain a permis au gouvernement de mesurer l’ampleur des dégâts, d’écouter les populations riveraines en vue du renforcement des réponses à apporter à un phénomène qui menace les habitations, les activités économiques et certains espaces stratégiques du littoral.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 12 août 2026 à 12h57 Durée 3 min.
#Littoral #Érosion côtière

Le gouvernement béninois veut renforcer sa réponse face à l’érosion côtière. En mission de terrain le week-end dernier, Georges Alé, ministre du Cadre de vie et des Transports chargé du Développement durable, s’est rendu sur plusieurs portions du littoral affectées par le recul du trait de côte. Sa descente vise à apprécier l’évolution de la situation, à échanger avec les experts et les structures impliquées dans la gestion du littoral, mais aussi à recueillir les préoccupations des communautés exposées.

Avant la descente sur les sites, une séance de travail a réuni le ministre et les acteurs techniques concernés. Les discussions ont porté sur les données disponibles, les zones particulièrement vulnérables et les mécanismes responsables de la dégradation du littoral. Pour les autorités, l’identification précise des causes et de l’évolution du phénomène est indispensable pour éviter des interventions qui pourraient ne pas être durables ou déplacer l’érosion d’un secteur à un autre.

La délégation s’est ensuite rendue sur plusieurs points stratégiques, notamment dans les environs des installations de Wapco Niger-Bénin, opérateur du pipeline pétrolier. Sur place, Georges Alé a pu constater les effets du recul du rivage et les difficultés auxquelles sont confrontées les populations vivant à proximité de la mer.

Aussi, a-t-il pu échanger avec les communautés exposées, notamment les acteurs de la pêche artisanale. La réduction progressive des espaces accessibles, les difficultés de mise à l’eau des embarcations et la dégradation progressive de certains sites d’activité préoccupent les pêcheurs. Pour ces populations, l’érosion ne constitue pas seulement une question environnementale. Elle affecte directement leurs revenus et, par conséquent, les conditions de vie de leurs familles.

Avancée terrible de la mer

Dans plusieurs zones du littoral, l’avancée de la mer a déjà entraîné la disparition de terres et d’habitations. À Glogbo Plage, dans la commune de Sèmè-Podji, par exemple, des riverains décrivent une situation devenue particulièrement préoccupante ces dernières années. Des maisons, des cocotiers, des puits, des latrines et des hectares de terre ont été progressivement emportés par les vagues. Une borne de démarcation de la frontière entre le Bénin et le Nigeria aurait également disparu sous l’effet de l’érosion, tandis que le poste frontalier se trouve aujourd’hui sous forte menace.

Les populations établissent par ailleurs un lien entre l’accélération du phénomène et le quai réalisé dans le cadre du pipeline Bénin-Niger. Cette perception est partagée par certains spécialistes, qui soulignent qu’un ouvrage installé en mer peut modifier la circulation naturelle des sédiments et provoquer une accumulation du sable d’un côté et un déficit de l’autre. Toutefois, cette hypothèse nécessite des investigations scientifiques pour établir avec précision la part respective des facteurs naturels et des aménagements humains dans l’évolution du trait de côte.

C’est dans cette logique que le gouvernement entend privilégier une approche fondée sur les données scientifiques et l’observation continue du littoral. L’objectif est de disposer d’éléments suffisamment précis pour orienter les futurs travaux de protection et limiter les effets indésirables sur les secteurs voisins.

Au-delà des mesures immédiates, l’exécutif veut également renforcer les capacités nationales d’intervention. La Société béninoise d’Infrastructures maritimes et fluvio-lagunaires (SoBIMaF), placée sous la tutelle du Port autonome de Cotonou, devrait occuper une place importante dans cette stratégie. Elle est appelée à développer des compétences techniques nationales et à contribuer à la mise en place d’un chantier naval destiné notamment à assurer la maintenance des équipements de dragage.

Dans cette perspective, le Port autonome de Cotonou et la SoBIMaF travaillent à la finalisation d’un plan d’investissement qui doit être soumis au Conseil des ministres. À travers cette démarche, le gouvernement entend inscrire la protection du littoral dans la durée, en combinant expertise scientifique, capacités techniques nationales et prise en compte des réalités vécues par les communautés riveraines.

La visite du ministre Georges Alé pourrait ainsi accélérer le suivi et la gestion durable du phénomène. Sur le terrain, l’urgence demeure visible, car à mesure que le rivage recule, les populations, leurs activités et certaines infrastructures stratégiques se retrouvent davantage exposées.