La Nation Bénin...
Face aux chefs d’État et dirigeants mobilisés autour des présidents William Ruto et Emmanuel Macron, lors du « Africa Forward » au Kenya, António Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (Onu), a défendu l’idée d’un continent africain non plus considéré comme un espace d’assistance, mais comme un moteur de solutions pour l’avenir de la planète.
À Nairobi, António Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (Onu), plaide en faveur d’une Afrique au cœur de la transition énergétique mondiale, de la justice climatique et de la réforme du système financier international.
Il rappelle que l’Afrique n’attend pas : le continent avance malgré un contexte international marqué par les crises économiques, les tensions géopolitiques et l’effondrement progressif de l’aide publique au développement. António Guterres confirme que l’Afrique joue déjà un rôle central dans les grands débats mondiaux, notamment sur la réforme de l’architecture financière héritée de 1945, jugée aujourd’hui inadaptée aux réalités contemporaines.
Mais c’est surtout sur les enjeux climatiques et énergétiques que le chef de l’Onu a insisté. Il a dénoncé une profonde injustice environnementale. L’Afrique est l’un des continents les moins responsables des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais elle subit de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique. Sécheresses, déplacements de populations, pertes agricoles, chocs économiques, etc., fragilisent déjà de nombreux pays africains.
Le secrétaire général de l’Onu a rappelé que le continent se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale, alors même qu’il dispose d’atouts exceptionnels pour conduire la transition énergétique mondiale. « L’Afrique n’est pas la cause du changement climatique et pourtant, le continent se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale, subissant les conséquences les plus graves : déplacements de populations, pertes de récoltes et chocs économiques. La crise énergétique mondiale actuelle (marchés des combustibles fossiles volatils, fragmentation du commerce) aggrave les tensions budgétaires, l’inflation et le retard de développement sur l’ensemble du continent. L’Afrique doit être au cœur de la justice climatique », affirme le patron de l’Onu.
Le continent possède, selon lui, «60 % » du meilleur potentiel solaire de la planète, mais ne reçoit que « 2 % » des investissements mondiaux consacrés aux énergies propres.
Confiant en l’avenir, António Guterres a mis en avant la capacité de l’Afrique à devenir une puissance mondiale de l’électricité propre. Avec des financements adaptés et un accès équitable aux capitaux, il est convaincu que le continent pourrait, d’ici 2040, produire dix fois plus d’électricité qu’il n’en consomme aujourd’hui, exclusivement à partir de sources renouvelables. Cela est important dans la mesure où «600 millions d’Africains » vivent encore sans accès à l’électricité. D’un autre côté, un milliard de personnes utilisent toujours des modes de cuisson insalubres, responsables chaque année de centaines de milliers de décès, principalement chez les femmes et les enfants. Pour le patron de l’Onu, cette situation illustre l’échec d’un système financier mondial qui impose aux pays africains des coûts d’emprunt largement supérieurs à ceux des économies développées.
Minerais pour l’écologie
António Guterres a également évoqué la question stratégique des minerais critiques indispensables à la transition écologique mondiale. Lithium, cobalt, graphite ou terres rares : le continent regorge de ressources essentielles à la fabrication des batteries, panneaux solaires et technologies vertes. Mais il a dénoncé un modèle économique historique dans lequel les ressources africaines sont extraites, transformées ailleurs, tandis que les dommages environnementaux restent sur place.
Le secrétaire général appelle désormais à des chaînes de valeur plus équitables, avec une transformation locale des matières premières, des normes environnementales strictes et des retombées économiques directes pour les populations africaines. «Plus d’exploitation. Plus de pillage», a-t-il martelé, estimant que les peuples africains doivent être les premiers bénéficiaires des richesses de leur continent.
Face à l’urgence climatique, António Guterres n’a pas manqué d’insister sur la nécessité d’augmenter les financements consacrés à l’adaptation climatique. Selon lui, les pays africains manquent encore des ressources nécessaires pour protéger leurs populations et leurs infrastructures contre les catastrophes climatiques de plus en plus fréquentes.
Au-delà des enjeux environnementaux, le chef des Nations Unies a défendu une nouvelle vision du partenariat entre l’Afrique et le reste du monde: un partenariat d’égal à égal, fondé sur le respect mutuel, les investissements durables et le développement des capacités locales. Il a notamment plaidé pour un soutien accru à la recherche africaine, aux universités, aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle développée par les Africains eux-mêmes.
Pour António Guterres, l’avenir de la planète se joue aussi en Afrique. D’ici 2050, un habitant sur quatre dans le monde sera Africain. Une jeunesse dynamique qui, selon lui, représente « la plus grande transformation de ce siècle ». Il a lancé un appel à la solidarité internationale, estimant que la réussite de l’Afrique constitue un enjeu mondial. « Quand l’Afrique réussit, le monde entier y gagne », a-t-il affirmé, invitant les partenaires internationaux à accompagner le continent dans sa marche vers un développement durable, inclusif et fondé sur une énergie propre.
Accompagner le continent dans sa marche vers un développement durable, inclusif et fondé sur une énergie propre